Année polaire internationale et couverture satellitaire des régions polaires - 02 mars 2007 - 14:13 (Par Pierre Melquiot)


Année polaire internationale et couverture satellitaire des régions polaires


C’est le début officiel de l’Année polaire internationale (API) 2007-2008, qui est un vaste programme scientifique mondial axé sur l’Arctique et l’Antarctique. La dernière Année polaire internationale, qui a eu lieu en 1957-1958, a posé les bases d’une grande partie de la science polaire telle qu’elle existe aujourd’hui. Compte tenu du rôle important que les régions polaires jouent dans le changement climatique global, une initiative internationale coordonnée est plus que jamais nécessaire si l’on veut réaliser des avancées majeures en science polaire et mieux comprendre le climat et les écosystèmes de la Terre.

L’Année polaire internationale 2007-2008 a pour objectif de renforcer la collaboration internationale en matière de recherche et de surveillance concernant les régions polaires, de mettre en rapport des chercheurs de différents domaines afin qu’ils puissent étudier ensemble des questions dépassant le cadre de leurs disciplines respectives, de faire en sorte que les données collectées au titre de l’Année polaire internationale soient mises à disposition de manière ouverte et en temps voulu, d’intensifier la récupération de données historiques pertinentes et d’assurer que celles-ci soient également accessibles sans restriction.

Des milliers de scientifiques appartenant à plus de 60 pays conduiront des recherches au cours de ce programme qui va s’étendre sur 2 ans. L’Année polaire internationale 2007-2008 comprendra une intense campagne d’observations polaires coordonnée au niveau international, ainsi que des recherches et des analyses interdisciplinaires qui permettront d’améliorer nos connaissances sur les processus physiques, biologiques et sociaux à l’œuvre dans les régions polaires, d’étudier le rôle que ces processus jouent dans le système climatique mondial et de préparer ainsi le terrain pour des évaluations, des prévisions, des recommandations et de futures découvertes.

L’Année polaire internationale se poursuit officiellement jusqu’en 2009. Le Conseil international pour la science et l’Organisation météorologique mondiale parrainent ce programme scientifique international, dont les travaux de recherche se dérouleront en Arctique et en Antarctique.

L’ESA a notamment annoncé apporter sa contribution « à cette initiative majeure qui constituera la plus importante période de recherche sur les régions polaires depuis un demi-siècle. » En raison de l’éloignement et de la rudesse des régions polaires, les recherches in situ sont très difficiles à réaliser et ne permettent pas d’obtenir des résultats exhaustifs. Cette fois-ci, pour la première fois au cours d’une Année polaire internationale, la communauté scientifique aura à sa disposition des mesures satellitaires assurant une vaste couverture des régions polaires, ce qui ouvrira de nouvelles possibilités scientifiques.

Cela fait plus de 20 ans que, sous la forme de données satellitaires, l’ESA apporte une contribution, de plus en plus importante, à l’étude de la cryosphère. Depuis le début des années 1990, l’ESA a pu fournir, de manière quasiment continue, des données satellitaires couvrant ces régions sur de longues périodes. La continuité des données est en effet essentielle pour que les scientifiques puissent identifier et analyser les tendances et les changements climatiques sur le long terme.

Au cours de l’Année polaire internationale 2007-2008, l’ESA permettra d’accéder à ses archives de données, rassemblées dans un portefeuille complet de données d’observation de la Terre constitué pour partie de données actuelles et historiques (remontant jusqu’à 15 ans) qui proviennent de ses satellites ERS-1, ERS-2 et Envisat, et pour partie de données recueillies par des satellites d’autres agences ou organisations.
Par ailleurs, l’ESA s’est engagée, durant cette période de 2 ans, à aider les scientifiques à recueillir un volume croissant d’informations satellitaires, notamment afin de comprendre les répartitions et variations récentes et actuelles du couvert neigeux et glaciaire. Les données satellitaires de l’ESA – qu’il s’agisse d’images, de données hyperfréquences ou de mesures précises du champ de gravité – seront utilisées pour essayer de comprendre les modifications qui surviennent au niveau global des inlandsis.

Lorsque cette Année polaire internationale prendra fin en 2009, l’ESA apportera une autre contribution significative à la recherche sur les régions polaires en procédant au lancement du satellite Cryosat-2. Celui-ci effectuera un suivi précis des modifications de l’épaisseur des inlandsis polaires et des glaces de mer. Les observations réalisées durant les 3 années que doit durer cette mission permettront d’établir à quel rythme la banquise diminue.

« Evidemment, le CNES participera à cet effort de recherche que ce soit en fournissant des données satellitaires ou en réalisant des mesures sur place, en particulier avec des campagnes de lancement de ballons » explique Aline Chabreuil, chargée de communication Année Polaire au CNES. A des échelles différentes, de nombreux programmes de recherche ont effectivement besoin des technologies spatiales, qu’il s’agisse d’étudier les glaces ou l’atmosphère (en particulier la couche d’ozone), de cartographier des zones polaires ou encore de suivre les flux migratoires des animaux marins. Cette année, si les scientifiques et les satellites auront donc leurs regards tournés vers les pôles, c’est pour « accroître nos connaissances et comprendre des phénomènes qui concernent l’ensemble de notre planète ». L’enjeu est planétaire et appelle également à une sensibilisation du public et notamment des jeunes, une composante importante du programme du CNES dans le cadre de cette année polaire.

De plus, alors que les communautés polaires sont les premières à être témoins des répercussions du changement climatique, celles du Canada ne font pas exception à cette règle. Dans la région de la Plaine Old Crow, située au nord du territoire du Yukon, la Première nation des Gwitchin Vuntut a fait appel à un groupe formé de sept chercheurs afin de mesurer les effets du changement climatique sur la zone humide qu’ils occupent, laquelle est reconnue internationalement comme un milieu à protéger. Parmi ces chercheurs, se trouve Murray M. Humphries, professeur adjoint au Département des ressources naturelles de l’université canadienne de McGill et membre du Centre d’études sur la nutrition et l’environnement des peuples autochtones de l’Université (CINE).

« Je suis ravi de participer à un projet dont la direction est prise en charge par la communauté », a mentionné le biologiste de la faune, qui se penchera sur l’habitat et la migration des populations de rats musqués et d’orignaux. Le projet Yeendoo Nanh Nakhweenjit K’atr’ahanahtyaa – Changement environnemental et utilisation traditionnelle de la Plaine Old Crow au Canada septentrional s’échelonnera sur cinq ans et sera mené sous la supervision du Programme de l’Année polaire internationale. Il portera principalement sur les changements subis par le milieu physique, la végétation, la faune et la population ainsi que sur leur adaptation au bouleversement climatique.

Les membres de la Première nation des Gwitchin Vuntut ont indiqué que la Plaine Old Crow fait face à des changements majeurs à l’égard des conditions d’enneigement, de la température, des précipitations, de l’hydrologie, de la végétation, de la préservation des lacs et des rivières, ainsi que de la diversité et de la répartition de la faune. Le professeur Humphries souhaite étudier les modifications relatives au nombre et à la répartition de rats musqués au cours des deux dernières décennies, compte tenu de la diminution de cette population. La fluctuation du niveau d’eau alliée à l’abondance et la répartition de la végétation aquatique privilégiée par ces animaux – deux facteurs tributaires du changement climatique – sont reconnues comme des causes importantes et déterminantes de la situation qui prévaut.

Le scientifique cherchera également à savoir quelles sont les raisons qui expliquent l’invasion du territoire par les orignaux, en étudiant le lien entre l’occupation de leur habitat et le changement du microclimat, de l’hydrologie, de la répartition des arbustes, ainsi que le moment et l’étendue spatiale de leur migration. Des colliers GPS reliés par satellite seront utilisés pour recueillir des données durant une période de deux ans.

Retrouvez toutes les actualités de l'environnement, du développement durable et de la santé du jour

Vous aussi réagissez sur les actualités de l'environnement, du développement durable et de la santé

Lire aussi sur ce sujet les actualités suivantes :

  • Pas d'article sur ce sujet

Réagir à cet article, donner son opinion ?
Cliquer ici
Recevoir la newsletter de l'environnement ?
Cliquer ici
Lire tous les articles liés à cette thématique ?
Cliquer ici

Tous les lundis, les actualites condensées de l'environnement

Actualités en environnement écologie et développement durable

Actualités news environnement avec les informations et les nouvelles en environnement et le journal de l'écologie avec les nouveautés du développement durable.

Le journal gratuit des actualités de l'environnement, de l'écologie et du développement durable.
Sans encre ni papier pour préserver au mieux l'environnement.



Mentions légales | Nous contacter | Qui sommes-nous ? |  Flux RSS
Chiffres-clé | Recommander ce site | Avis de nos lecteurs | Liens sur internet


  Actualités et News de l'environnement Actualités quotidiennes en environnement développement durable et santé : plus de 17.500 abonnés reçoivent la lettre des actualités hebdomadaires gratuites de l'environnement. Plus de 2.200.000 visiteurs uniques en 2007.

S'inscrire à la Newsletter gratuite
L'avis de nos lecteurs
Envoyer un communiqué de presse


Publicité


Forum : à vous la parole ! Vous souhaitez réagir à un article, ouvrir le débat sur un thème qui vous est cher...

> Participez au forum de l'environnement


Partenaires des actualités de l'environnement. LesNewsdunet
. Paradis Web
. Mon Environnement
. NextNews...

Tous les partenaires d'Actualités News > ici


© RecyConsult / 2000 - Enregistré à la CNIL n°893989
  recyconsult.png, 2 kBTous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites sur cette page (contenus, photos, logos .) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par RECYCONSULT. Aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de RECYCONSULT.
Les sites du réseau
Portail-environnement.com
. Actualités
. Annuaire
. Dictionnaire
. Emploi / stage
. Enfants
. E-formation
. Forum
. Guides techniques
. Librairie
. Liens Internet
. Management SME
. Management SMI
. Management SMSST
. Référencement
. Réglementation
. Bourse
. Eco Business
recherche