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Climat à Paris 500 experts en conclave - 29 janvier 2007 - 12:15 (Par Pierre Melquiot)
Paris va vivre une semaine sous le signe du réchauffement climatique avec 500 experts mondiaux réunis en véritable conclave climatique. En effet, le réchauffement de la planète est actuellement sous la loupe des experts du GIEC réunis à Paris. Près de 500 spécialistes du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) se retrouvent dès ce lundi à Paris en conclave, pour mettre la touche finale à leur très attendu rapport sur le réchauffement climatique. Le 4e rapport scientifique du GIEC, élaboré à partir de milliers d'études publiées depuis 2001, a mobilisé depuis plus de deux ans 2500 chercheurs et doit déboucher sur l'élaboration d'une riposte des dirigeants politiques. Après quatre jours de débats de ces 500 experts mondiaux réunis en conclave climatique, le GIEC, mis sur pied par l'ONU et l'Organisation météorologique mondiale, doit rendre public le rapport le vendredi 2 février, à l'occasion de la conférence de Paris pour une gouvernance écologique mondiale, qui se tiendra deux jours durant à l'initiative de Jacques Chirac. Le président français est à l'origine de la conférence internationale sur l'environnement, qui s'ouvrira dans la foulée jusqu'à samedi.
Depuis sa création, le GIEC a déjà publié trois rapports, en 1990, 1995 et 2001. Depuis son dernier rapport, les chercheurs ne cessent d'accumuler les preuves. Le réchauffement climatique est bel et bien là, les effets s'en font concrètement sentir, et plus vite que prévu: fonte sans précédent enregistrée dans l'Arctique ces derniers étés, quasi-disparition de nombreux glaciers de montagne à tous les coins de la planète, accélération de la fonte des calottes glaciaires au Groenland et en Antarctique...Des plantes et animaux ont fait leur apparition bien plus près des pôles qu'auparavant et les écosystèmes se modifient à toute allure. On enregistre de plus en plus de températures record ainsi que des modifications dans la circulation atmosphérique et des océans. Ce rapport est dans la lignée de celui publié le 30 mars 2005 sous le nom de « Rapport de Synthèse sur l'Evaluation des Ecosystèmes pour le Millénaire » * (MA) étude menée par 1300 experts de 95 pays qui avertit que les effets négatifs de cette dégradation risquent de s'aggraver de façon significative dans les 50 ans qui viennent. Le Rapport de Synthèse de l'Evaluation des Ecosystèmes pour le Millénaire était le premier d'une série de sept rapports de synthèse et quatre volumes techniques qui ont évalué l'état des écosystèmes du monde et leur impact sur le bien-être humain. Ce rapport a été publié avec une déclaration du Conseil de Direction du MA intitulée « Vivre au-dessus de nos moyens – actifs naturels et bien-être humain ». L'évaluation conduite sur quatre ans a été conçue en partenariat entre des agences des Nations Unies, des organisations scientifiques internationales et des agences de développement, avec des orientations en provenance du secteur privé et des représentants de la société civile. Le financement est principalement assuré par le Fonds Mondial pour l'Environnement, la Fondation des Nations Unies, la Fondation David & Lucile Packard et la Banque Mondiale. Le Secrétariat du MA est coordonné par le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE). Le MA est reconnu par les gouvernements comme un mécanisme qui permet de combler une partie des besoins d'évaluation de quatre traités internationaux sur l'environnement : la Convention des Nations Unies sur la Diversité Biologique, la Convention de Ramsar sur les Zones Humides, la Convention des Nations Unies pour Combattre la Désertification et la Convention sur les Espèces Migratrices. Le MA a le soutien de 22 des plus grandes organisations scientifiques au monde, y compris la Royal Society du Royaume-Uni et l'Académie des Sciences du Tiers Monde. Le travail du MA s'opère sous le contrôle d'un conseil de direction de 45 membres, présidé conjointement par le Dr Robert Watson, conseiller scientifique en chef de la Banque Mondiale, et le Dr A.H. Zakri, directeur de l'Institut d'Etudes Supérieures de l'Université des Nations Unies Rappelons en les principaux éléments : Environ 60 % des services fournis par les écosystèmes et qui permettent la vie sur terre sont dégradés ou surexploités. Les humains ont modifié les écosystèmes plus rapidement et profondément au cours des 50 dernières années qu'à tout autre moment de leur histoire. Selon les experts, la conséquence en est une perte substantielle et largement irréversible de la diversité de la vie sur la Terre, où 10 à 30 % des espèces de mammifères, d'oiseaux et d'amphibiens sont désormais menacées d'extinction. Les changements des écosystèmes qui ont entraîné des gains nets substantiels en termes de bien-être humain et de développement économique ont été obtenus à un prix de plus en plus élevé en termes de dégradation des autres services. Seuls quatre services fournis par les écosystèmes ont vu une amélioration au cours des 50 dernières années : des gains de production pour les récoltes, le bétail et les produits de l'aquaculture, et une séquestration accrue du carbone en vue de la régulation du climat global.. La dégradation des services fournis par les écosystèmes devrait s'aggraver de façon significative durant la première moitié du siècle, ce qui est un obstacle à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Chacun des quatre scénarios pour le futur explorés par les scientifiques au cours de l'étude prévoit bien des progrès en vue d'éradiquer la faim dans le monde, mais ces progrès seront bien trop lents pour réduire de moitié d'ici 2015 le nombre des personnes qui souffrent de la faim. Les experts rappellent d'autre part que des changements des écosystèmes comme la déforestation ont une influence sur l'abondance des pathogènes qui affectent les humains tels que la malaria ou le choléra, ainsi que sur les risques d'émergence de nouvelles maladies Le défi qui consisterait à renverser la tendance à la dégradation des écosystèmes tout en satisfaisant une demande croissante peut être relevé selon certains scénarios qui impliquent des changements significatifs des politiques et des institutions. Il s'agit cependant de changements importants et les tendances actuelles ne vont pas dans ce sens. Le rapport mentionne les options possibles pour conserver ou améliorer certains services fournis par les écosystèmes tout en réduisant les effets pervers ou en augmentant les impacts positifs sur d'autres services. Par exemple, la protection des forêts naturelles sauvegarde la faune et la flore sauvages tout en fournissant de l'eau douce et en réduisant les émissions de carbone. « La conclusion essentielle de cette évaluation est que les sociétés humaines ont le pouvoir de desserrer les contraintes qu'elles exercent sur les services naturels de la planète, tout en continuant à les utiliser pour obtenir un meilleur niveau de vie pour tous », affirme le Conseil de direction du MA dans une déclaration intitulée Vivre au-dessus de nos moyens – actifs naturels et bien-être humain. « Y parvenir réclamera cependant des changements radicaux dans notre manière de traiter la nature à toutes les étapes de la prise de décision, ainsi que de nouvelles façons de coopérer entre gouvernements, entreprises et société civile. Les signaux d'alarme sont là pour qui veut les voir. Le futur est entre nos mains ». Le Rapport de Synthèse du MA établit aussi que ce sont les populations les plus pauvres qui souffrent le plus des changements survenus dans les écosystèmes. Les régions qui font face à de graves problèmes de dégradation des écosystèmes – Afrique Sub-saharienne, Asie Centrale, certaines régions de l'Amérique latine, une partie de l'Asie du Sud et du Sud-Est – sont également celles qui auront le plus grand mal à réaliser les Objectifs du Millénaire pour le Développement établis par les Nations Unies. En Afrique Sub-saharienne, par exemple, le nombre de pauvres devrait augmenter de 315 à 404 millions de personnes d'ici 2015. « Aucun des progrès réalisés pour éradiquer la pauvreté et la faim dans le monde, améliorer la santé des populations ou protéger l'environnement n'est susceptible de durer si la plupart des services fournis par les écosystèmes et dont l'humanité dépend continuent à se dégrader », affirme le Rapport de Synthèse. Il note en particulier que la dégradation en cours des services fournis par les écosystèmes est un obstacle sur la route des Objectifs du Millénaire pour le Développement, objectifs sur lesquels les dirigeants des pays du monde se sont mis d'accord aux Nations Unies en 2000. Alors ce 4e rapport scientifique du GIEC qui sera publié ce vendredi 02 février fera-t-il naître en nous une vague d'optimisme et pèsera-t-il sur les décisions politiques de tous les gouvernements en matière de protection de notre environnement ?Retrouvez toutes les actualités de l'environnement, du développement durable et de la santé du jour
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