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Le Conseil national du sida demande la généralisation du dépistage - 24 novembre 2006 - 18:14 (Par Pierre Melquiot)
Le Conseil national du sida propose de généraliser la proposition de dépistages en région parisienne, PACA et dans les DOM. Le Conseil national du sida (CNS) a préconisé jeudi de généraliser la les tests de dépistage dans les régions où le VIH/SIDA est plus fréquent qu'ailleurs, à savoir l'Ile-de-France, la région PACA (Provence alpes côte d'Azur) et dans les départements d'Outre-mer, notamment en Guyane et en Guadeloupe. Le test de dépistage de l'infection par le Virus de l'Immuno-déficience Humaine (VIH) sida est disponible depuis 1985. Il n'existait pas alors de traitements antirétroviraux, son intérêt était essentiellement de sécuriser les dons du sang, d'organes, de tissus, de cellules, de gamètes. Avec l'apparition des traitements, l'intérêt du dépistage est devenu fondamental au niveau individuel. Les multithérapies antirétrovirales ont indéniablement permis d'améliorer l'espérance de vie des personnes infectées par le VIH/SIDA. Le test de dépistage permet d'identifier une infection asymptomatique pour amener à un diagnostic et à une prise en charge précoce. Par des examens immunovirologiques, il permet de déterminer le moment optimum de la mise sous traitement antirétroviral.
Selon le Conseil national du sida, ces dernières années, la politique de dépistage a suscité des interrogations pour deux raisons. D'une part, alors qu'une prise en charge précoce permet d'améliorer très largement l'espérance de vie des personnes infectées par le VIH/SIDA, les donnée épidémiologiques ont confirmé le constat d'un retard dans le dépistage et la prise en charge. Selon les méthodes de calcul, la prévalence de l'infection par le VIH/SIDA est estimée entre 106 000 et 134 000 personnes fin 2005. Le nombre de personnes infectées et qui ne connaîtraient pas leur infection par le VIH/SIDA est élevé, estimé aux alentours de 40 000. En 2004, parmi les personnes chez lesquelles un sida était diagnostiqué, 45 % ignoraient leur infection par le VIH/SIDA. Les nouvelles contaminations sont estimées à 5 200 par an. En 2004, la France, après l'Autriche, est le deuxième pays européen dans lequel le taux de dépistage réalisé par habitant est le plus élevé (82 ‰), soit 4,9 millions de tests, avec une hausse de 4 % tous les ans depuis 2001. En 2004, on évalue à 7 000 le nombre de nouveaux diagnostiques d'infection par le VIH/SIDA réalisé. L'Institut de veille sanitaire (InVS) estimait que les transmissions chez les personnes ayant des rapports hétérosexuels sont prépondérantes avec 55 % à 67 % des nouveaux diagnostics. Parmi elles, 54 % des femmes et 41 % des hommes sont d'une nationalité d'un pays d'Afrique sub-saharienne, mais cette tendance est en diminution entre 2003 et le 1er semestre 2005. Il existe aussi des régions où la prévalence est plus élevée, nécessitant une réponse adaptée au contexte géographique afin de renforcer le maillage du dispositif de dépistage. Parmi les personnes qui découvrent leur infection à VIH/SIDA, près de la moitié (48 %) résident en Ile-de-France. La situation est par ailleurs préoccupante dans les Départements d'Outre-Mer (DOM), singulièrement en Guyane et en Guadeloupe. En septembre 2005, certains se sont inquiétés de l'avenir de l'organisation du dépistage en France. Sidaction a ainsi fait part au Conseil National du sida de ses craintes quant à l'impact négatif sur les CDAG (Consultation de dépistage anonyme et gratuit) de la mise en oeuvre de la loi relative aux libertés et aux responsabilités locales qui redonne à l'État la compétence en matière de lutte contre les infections sexuellement transmissibles (IST). Dans son rapport de juin 2006, le groupe d'experts sur la prise en charge médicale des personnes infectées par le VIH a proposé que le Conseil national du sida poursuive sa réflexion de fond sur l'offre de dépistage. Se saisissant de cette question, le CNS a auditionné les principaux responsables de la lutte contre le sida et les acteurs concernés par les questions du dépistage. Afin d'identifier plus précocement les personnes infectées par le VIH/SIDA qui ignorent leur contamination, le rapport invite donc à proposer plus largement le test et de faire évoluer les pratiques de dépistage. En effet, il apparaît qu'une connaissance du statut favorise une prise en charge précoce ainsi qu'une modification des comportements vers des pratiques plus sûres. Par ailleurs, il est signalé dans le rapport que contrairement aux Etats-Unis, aucune étude française n'existe sur le rapport coût-efficacité d'un dépistage généralisé. Cependant, il ne semble pas hors de propos de considérer qu'en France ce rapport coût-efficacité puisse être également pertinent, sous réserve d'une prévalence supérieure à 0,1 % des infections par le VIH/SIDA non-dépistées. L'efficacité d'une proposition large se situe à deux niveaux. Au plan individuel, d'une part, par la qualité de vie et le nombre d'années de vie gagnées pour la personne contaminée. Au plan collectif, d'autre part, dans un cadre de santé publique, car la connaissance du statut sérologique a un impact positif sur les comportements à risques et réduit les frais médicaux grâce à une prise en charge plus précoce. Dans les zones où cette prévalence dépasse 0,1 %, un test devrait systématiquement être proposé aux patients lors d'une consultation médicale, en ville ou à l'hôpital, et plus particulièrement aux urgences. Bien que les données épidémiologiques sur la prévalence des infections à VIH/SIDA non dépistées ne soient que des estimations, on peut considérer qu'en France au moins trois régions sont concernées. Il s'agit des DOM, de la région Île-de-France et de la région PACA (Provence alpes côte d'Azur). Au-delà du nombre de sérologies confirmées positives rapportées au nombre de sérologies effectuées de certaines régions, près de la moitié (45 %) des personnes diagnostiquées au stade sida en 2004 ignorait leur séropositivité au moment de ce diagnostic. C'est notamment en Ile-de-France et dans les DOM que ce pourcentage est le plus important.Retrouvez toutes les actualités de l'environnement, du développement durable et de la santé du jour
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