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Essai nucléaire en Corée du Nord position de la France sur des sanctions - 11 octobre 2006 - 10:32 (Par Pierre Melquiot)
Le porte-parole des affaires étrangères s'est exprimé sur la position de la France sur les sanctions contre la Corée du Nord après l'essai nucléaire de lundi dernier. Selon lui, « notre position est claire. Le Conseil de sécurité avait constaté, vendredi dernier, qu'un essai nucléaire nord-coréen constituerait une menace directe contre la paix et la sécurité internationales. Ce même Conseil avait indiqué que, si la Corée du Nord procédait à un tel essai, il faudrait en tirer toutes les conséquences et que le Conseil de sécurité assumerait ses responsabilités. » Il ajouté que « nous considérons donc que des mesures supplémentaires doivent être décidées très rapidement à l'encontre de la Corée du Nord et nous avons engagé avec nos partenaires du Conseil de sécurité des consultations, afin de définir ces mesures que nous envisageons dans le cadre du Chapitre VII de la Charte des Nations unies. »
Il a aussi précisé qu'il « y a une inquiétude du côté français, et pas seulement du côté français. Vous avez vu que la condamnation de cet essai nord-coréen est unanime. Vous avez vu la prise de position du Conseil de sécurité. Il y a en effet une véritable inquiétude, à la fois sur la prolifération nucléaire et sur la prolifération balistique dans le cas de la Corée du Nord. Vous vous souvenez qu'en juillet une résolution avait été adoptée, la résolution 1695, à propos des tirs de missiles. » « Tout cela ne remet nullement en cause notre attachement au TNP. Je crois plutôt que cela confirme la pertinence du TNP et la nécessité d'avoir un encadrement international et multilatéral de ces questions. Vous savez que la Corée du Nord a décidé, de façon unilatérale d'ailleurs, de se retirer du TNP qu'elle avait signé. Les conditions de ce retrait, d'un point de vue juridique, restent d'ailleurs à examiner car c'est quelque chose de très complexe et nous contestons la possibilité d'un retrait unilatéral. » « En tout état de cause, nous sommes très attachés à ce cadre et, lorsque vous me parlez de règles qui pourraient être mises en place par les pays qui exportent des matières susceptibles d'être utilisées par des installations nucléaires, ces règles existent et c'est toute la logique précisément du TNP. C'est tout le rôle de l'AIEA, c'est tout le rôle du régime de garanties mis en place autour de l'AIEA. Ce qui est important, c'est de faire respecter ces règles. » Pour le ministère français des affaires étrangères, « ce qui apparaît, c'est que, malgré ces règles, des cas de prolifération se produisent. Je n'ai pas, dans le cas précis, d'indication à vous donner, ni d'information spécifique à vous révéler sur l'origine de cette prolifération nord-coréenne, mais on sait très bien qu'un pays n'arrive pas avec ses seuls moyens à développer ce type de programme. Il y a donc des filières proliférantes qui existent et qu'il faut combattre. Dans la résolution 1695 qui a été votée en juillet, il y avait déjà un certain nombre de dispositions qui figuraient, à propos du transfert des biens et technologies sensibles et des transferts financiers. Nous pensons qu'il faut consolider ces dispositions, sans doute leur donner une portée juridique contraignante, ce qui n'était pas le cas dans la résolution 1695, et peut-être étendre le périmètre de ces mesures. C'est dans cette direction que nous réfléchissons en liaison avec nos partenaires de la région et nos partenaires de la communauté internationale.' » Suite à l'annonce par l'AFP qui indiquait matin qu'un document circule déjà, qui prévoirait un embargo sur les armes, matériels connexes, matériels liés à la technologie nucléaire, le porte-parole du ministère français des affaires étrangères a précisé que des « idées circulent en effet à New York, comme toujours dans ce genre de cas. J'ai effectivement vu des dépêches d'agences qui mentionnaient même des papiers d'origine américaine, je crois. Je n'ai moi-même pas vu ces papiers. Il faut mettre au point une résolution le plus rapidement possible, dans les prochains jours, qui renforce les mesures qui avaient été décidées en juillet dans les domaines que je vous ai indiqués. Et c'est dans cet objectif-là que nous travaillons, mais il faut le faire bien entendu avec tous nos partenaires du Conseil de sécurité et également avec les pays de la région. Ce matin, le ministre a parlé au téléphone à M. Ban Ki-Moon, le ministre sud-coréen des Affaires étrangères à propos de ce dossier nucléaire. Je crois qu'ils ont développé des analyses tout à fait proches. » Il précise aussi que comme « toujours dans ce type de dossier, il faut offrir deux options au pays en question. S'il n'y a qu'une option qui est celle des sanctions, cela ne produira pas de résultats. Ce n'est pas une fin en soi. Très clairement, d'un côté, il y a ces mesures, ces sanctions dans le cadre du Chapitre VII et, de l'autre côté, il y a toujours le dialogue qui est possible. Ces mesures ont précisément pour objet de convaincre la Corée du Nord de renoncer à la voie dans laquelle est s'est engagée et de revenir au dialogue. Vous savez qu'une instance existe, ce sont les pourparlers à Six, et nous considérons que c'est une option qui, à tout point de vue, serait préférable pour la Corée du Nord et pour la communauté internationale. Les sanctions ont toujours un objectif qui est de mettre la pression et de faire en sorte de convaincre la Corée du Nord, puisque c'est de ce pays dont il s'agit aujourd'hui, d'en revenir au dialogue et aux pourparlers à Six. » « La résolution 1695, il y a des dispositions qui concernent le transfert des biens et technologies sensibles et une vigilance était demandée de la part des Etats membres des Nations unies vis-à-vis de ces transferts de biens et de technologies à destination de la Corée du Nord et en provenance de ce pays. Je pense que c'est un aspect qui sera traité dans la prochaine résolution. Je ne peux pas vous dire jusqu'où nous irons. S'agissant des mouvements maritimes notamment, j'ai lu comme vous, dans la presse, que certaines idées avaient été émises par les Etats-Unis. Il faut voir comment, pratiquement, cela peut se mettre en place, mais je ne peux pas vous dire aujourd'hui quelle sera notre position sur ce point spécifique. De façon générale, il est clair qu'il faut exercer une plus grande vigilance sur les transferts de biens et de technologies vers la Corée du Nord et en provenance de Corée du Nord » précise aussi le ministère. A la question « considérez-vous aujourd'hui que la Corée du Nord est une puissance nucléaire ? », le porte-parole a répondu que la « qualification de puissance nucléaire, ce n'est pas à nous de la décerner. Comme vous le savez, dans le TNP, ce qui est important, c'est qu'il y a des pays qui sont dotés et d'autres qui ne le sont pas. Ce qui apparaît aujourd'hui, c'est que ce pays a, selon des indices très convergents, procédé à un essai nucléaire. C'est tout ce que l'on peut dire. » « La logique du TNP, c'est qu'il y a des Etats dotés de l'arme nucléaire et d'autres qui ne le sont pas. Et en même temps, il ne faut pas oublier cet aspect du TNP, qui est que l'on donne aux pays qui souhaitent développer une énergie nucléaire civile la possibilité de le faire. Il ne faut pas oublier cet aspect là. Il y a dans le TNP des contreparties en terme d'accès à l'énergie nucléaire civile. Il ne faut pas oublier non plus que les puissances nucléaires dotées ont donné aux pays qui n'ont pas l'arme nucléaire un certain nombre de garanties, dans le cadre des Nations unies, c'est ce que l'on appelle les garanties positives ou négatives de sécurité. Nous sommes attachés au Traité de non-prolifération. A ceux qui critiquent ce Traité, on peut simplement renvoyer une question : dans quelle situation nous trouverions-nous aujourd'hui si ce Traité n'existait pas ? Combien de puissances nucléaires aurait-on aujourd'hui sur la planète ? Je vous renvoie à cette question. La réponse est sans doute que nous aurions bien plus de pays ayant l'arme nucléaire ou s'approchant du seuil nucléaire », conclura le ministère français des affaires étrangères.Retrouvez toutes les actualités de l'environnement, du développement durable et de la santé du jour
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