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De faux médicaments contre le paludisme débarquent en Afrique - 25 juillet 2006 - 10:34 (Par Pierre Melquiot)
De faux médicaments contre le paludisme débarquent en Afrique selon l'OMS. De faux médicaments qui contre le paludisme ont été responsables de nombreux décès en Asie, fabriqués en Chine, débarquent en Afrique où, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ils pourraient faire beaucoup plus de victimes. Le paludisme est la maladie infectieuse parasitaire la plus importante dans le monde. Elle est transmise par les moustiques qui se reproduisent en eau douce ou parfois en eau saumâtre. Le paludisme tue chaque année entre 1,3 à 3 millions de personnes sur 300 à 500 millions de cas de paludisme. 90% des décès ont lieu Afrique avec un nombre estimé de décès dépassant 1 million. Aujourd'hui, le paludisme survient principalement dans les pays tropicaux et subtropicaux, notamment en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud-Est, et dans les zones en bordure de forêt d'Amérique du Sud.
Depuis 2001, l'OMS recommande des traitements combinant de l'artésunate, un dérivé d'extraits de plantes chinoises, avec d'autres composés. On considère que les associations thérapeutiques contenant un dérivé de l'artémisinine représentent un progrès décisif dans le traitement du paludisme. Lorsque l'on a recours à des associations de médicaments ayant différents modes d'action et diverses cibles biochimiques dans l'organisme du parasite, les effets s'ajoutent, ce qui améliore l'efficacité clinique et retarde le développement des pharmacorésistances. L'un des avantages de l'association pyronaridine-artésunate, c'est qu'il n'existe pas de résistance préétablie à aucun des deux composants. On espère donc pouvoir la déployer à la fois dans les régions où le parasite reste sensible et dans celles où il est polychimiorésistant. Les principes actifs connus sous le nom d'artémisinines, dont l'artésunate est un exemple, sont particulièrement utiles dans les associations en raison de leur rapidité d'action et de la bonne tolérance des patients. Ils dérivent d'une plante médicinale, Artemisia annua (également appelée qinghaosu ou armoise), dont l'action antipaludique a été découverte il y a plusieurs siècles en Chine. L'autre composant de l'association, la pyronaridine, appartient à la même classe thérapeutique que la chloroquine (antipaludique très efficace dont l'utilisation est de plus en plus limitée par le développement des pharmacorésistances). Elle a tout d'abord été développée en Chine qui l'a expérimentée seule (et pas en association) à grande échelle dans les provinces du Hunan et du Yunan. Elle s'est révélée sûre et efficace contre le paludisme. L'association pyronaridine-artésunate présente un avantage majeur par rapport à toutes celles déjà utilisées, la posologie se résume à un seul comprimé par jour, ce qui rend la prise beaucoup plus facile pour le patient. Mais ces dernières années, des contrefaçons d'artésunate ont envahi les marchés asiatiques, au Cambodge, au Viêt-Nam, au Laos ou en Birmanie, provoquant de nombreux décès. Même si leur nombre n'a pu être estimé, les victimes du paludisme vivant traditionnellement dans des régions reculées, les spécialistes pensent qu'ils sont nombreux. « Les gens meurent. Nous avons de nombreux exemples de personnes ayant pris ces faux médicaments et qui en sont morts », selon un expert en paludisme à l'OMS pour le Pacifique Ouest. Ces contrefaçons de médicaments « apparaissent aussi en Afrique. C'est ce pourquoi nous sommes inquiets (...). Il y a un marché immense là-bas et le paludisme y est très dangereux, »précise t-il. C'est dans des usines de la ville de Guilin, dans le sud- ouest de la Chine, que sont produits à la chaîne ces médicaments. Mais au moins 12 types différents de copies, contenant trop peu ou pas du tout d'artésunate pour être efficace, ont été retrouvés en Chine. La crainte est maintenant de voir débarquer ces copies de médicaments contre le paludisme en Afrique car il y a beaucoup d'argent à gagner. Alors qu'un traitement avec huit comprimés coûtent 2,20 dollars, les détaillants vendent les contrefaçons à environ 0,40 dollar. « La plupart d'entre elles tombent dans les mains de gens pauvres, ils n'ont pas le choix. Ils achètent ces médicaments avec le peu d'argent qu'ils ont et ils meurent. »
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