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L'Afrique a des richesses en ressources naturelles mais attention aux OGM - 03 juillet 2006 - 14:35 (Par Pierre Melquiot)
La pauvreté pourrait disparaître à jamais du continent africain si les richesses en ressources naturelles de la région étaient exploitées de manière efficace, équitable et durable, affirme un nouveau rapport du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE). Cependant, quelques problèmes non résolus demeurent et doivent être abordés d'urgence dont les taux élevés de dégradation du sol, l'usage excessif d'eau en agriculture et les changements climatiques. Selon la deuxième édition de L'Avenir de l'environnement en Afrique, d'autres défis font leur apparition comme par exemple, les organismes génétiquement modifiés (OGM), les coûts associés aux espèces exotiques envahissantes et le transfert de la production de produits chimiques des pays développés aux pays en voie de développement.
Le rapport du Programme des Nations Unies pour l'environnement note aussi que plusieurs pays africains adhèrent aujourd'hui à de nombreux traités internationaux en matière d'environnement et que de nouveaux accords de coopération, relatifs à l'exploitation de cours d'eau et d'écosystèmes partagés tels que le Limpopo ou à la gestion de forêts d'importance mondiale comme celles du bassin du Congo, voient continuellement le jour. Selon le Programme des Nations Unies pour l'environnement, des initiatives telles que le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) lancé par l'Union Africaine, promettent de lancer la région et sa population sur une voie plus prospère où règne un équilibre entre les préoccupations économiques, sociales et environnementales. Le Programme des Nations Unies pour l'environnement précise que plusieurs pays africains, y compris la Gambie, ont inséré l'environnement dans leurs stratégies de réduction de la pauvreté et d'autres commencent à utiliser le système fiscal ainsi que d'autres mécanismes du marché pour conserver une variété d'écosystèmes, telles que les forêts. Autre exemple avec la Tanzanie qui a récemment annoncé, lors de la lecture de son budget national, une exonération de la TVA sur le gaz de pétrole liquéfié visant à réduire la production énergétique à base de charbon et de bois. Au Kenya, les panneaux solaires et le matériel qui y est associé bénéficient désormais d'une exonération fiscale. Achim Steiner, le Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l'environnement, a déclaré que « Le rapport conteste le mythe selon lequel l'Afrique serait pauvre. En effet, il affirme que si ses vastes richesses naturelles, étaient gérées durablement, avec sensibilité et créativité, elles pourraient servir de tremplin pour une renaissance de l'Afrique ; une renaissance qui atteindrait et même dépasserait les Objectifs du Millénaire pour le développement convenus sur le plan international. Mais cela est loin d'être assuré et, comme l'indique le rapport AEO-2, les Etats africains doivent faire face à des choix difficiles ». « Si les politiques demeurent inchangées, si la volonté politique laisse à désirer et si des financements adéquats ne se manifestent pas, alors l'Afrique pourrait se retrouver sur un chemin bien moins durable qui mènera à une érosion de sa richesse naturelle et une misère encore plus extrême, » a-t-il ajouté. « Une telle voie aura des conséquences néfastes, non seulement sur la majorité des 800 millions de personnes ici, mais sur le reste du monde aussi. Je reste toutefois convaincu que nous atteignons rapidement un point tournant de la réponse africaine et que les pièces du puzzle qu'est la durabilité s'assemblent peu à peu, a affirmé M. Steiner ». Le rapport renverse également l'opinion généralement acceptée que l'Afrique souffre d'une pénurie d'eau. Au contraire, le rapport souligne à quel point cette ressource est sous-exploitée dans les domaines de l'irrigation, l'approvisionnement en eau potable et la production énergétique. La ressource renouvelable en eau douce du continent est de 4.000 km3 par an, soit près de 10 pour cent de la ressource mondiale en eau douce et qui correspond quasiment à la part africaine de la population mondiale. Pourtant en 2005, seulement cinq pour cent du potentiel de développement est exploité au profit de « l'industrie, du tourisme et de l'hydroénergie », indique le rapport. Par contre sous l'effet de la compétition entre les besoins des entreprises et des populations locales en eau douce, le prix de l'eau pour la consommation domestique pourrait monter en flèche dans de nombreuses villes d'Afrique, obligeant les populations à s'approvisionner à partir de ressources moins chères, mais plus polluées. Dans ce cas, à l'avenir, plus d'un tiers des Africains n'auront pas un accès adéquat à l'eau. Selon le meilleur des scénarios, les industries devront respecter des normes rigoureuses régissant la pollution et, bien que l'usage industriel de l'eau augmente, atteignant un peu moins d'un cinquième de l'usage global des ressources, les rejets ne polluent pas les lacs ou les rivières. Un autre problème émergeant est en rapport avec la façon dont l'Afrique réagit face aux promesses et risques potentiels associés aux plantes génétiquement modifiées (OGM). Le rapport note que près de 20 pays africains cultivent des OGM ou font des essais sur le terrain. L'Afrique du Sud, le Bénin, le Cameroun, l'Égypte, ainsi que le Kenya, le Mali, le Maroc et le Zimbabwe font parti de ces pays. Le rapport reconnaît que de telles cultures haute technologie pourraient aider à combattre la famine et la faim, et ainsi jouer un rôle dans la réalisation des objectifs de développement convenu au plan international. Mais il y a lieu de s'inquiéter, note le rapport, que ces cultures soient perçues comme une « solution magique », détournant l'attention des questions fondamentales relatives à la faim, comme des systèmes de distribution alimentaire inadéquats, l'incapacité des pauvres à accéder à des terres agricoles et la mauvaise gestion environnementale. Une préoccupation supplémentaire est liée au fait que trop peu de pays africains ont en place les structures d'évaluation de risques et les structures scientifiques, juridiques et administratives nécessaires pour faire face à cette nouvelle génération de cultures.
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