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Loi déchets radioactifs et eau deux débats en contradiction majeure - 30 mai 2006 - 17:55
Loi déchets radioactifs et loi sur l'eau ces deux débats d'actualité sont en contradiction majeure selon la Coordination nationale des collectifs contre l'enfouissement des déchets radioactifs. Explications : La loi sur les déchets nucléaires en débat lundi et mardi au Sénat « plombe manifestement la loi sur l'eau » qui devrait être votée ce mardi par l'Assemblée nationale après des mois de patientes avancées. Ce qui suit est la reprise intégrale du communiqué de presse de BURESTOP (pour toutes réactions merci d'utiliser le forum dédié en bas de page). L'eau a sérieusement perdu de sa qualité et elle se raréfie, même en France. Le constat est accablant ; aussi, suivant les directives européennes qui imposent de remédier à ces carences d'ici 2015, le Parlement français est appelé à débattre des dispositions à prendre en ce sens.
Or, curieusement, nul ne semble se soucier de la loi "déchets nucléaires", sous les feux de l'actualité au Sénat. Pourtant, une lecture attentive du texte qui est proposé au vote des sénateurs devrait susciter quelques craintes car si certains annoncent qu'il ne s'agit que de la prolongation de la loi dite Bataille (3 voies de recherche pour la gestion de ces épineux déchets), l'article 4-III-3 se veut au contraire très clair : c'est bien par un site d'enfouissement que les institutionnels veulent se débarrasser de ce fardeau que nul au monde ne sait gérer. Et la date de 2015, abusivement présentée comme un nouveau rendez-vous pour un choix, ne serait en fait que l'étape définitive pour le lancement des procédures d'autorisation d'exploitation. Contamination du Bassin Parisien : Si l'enfouissement, présenté comme "solution", est une folie dans le sens où il se résume à un réel pari sur l'avenir -personne ne pouvant prédire ce qu'il pourra advenir de ces poisons-, le site choisi, à Bure, en limite de Champagne et de Lorraine, pose question sur un tel choix. C'est non seulement une aberration géologique car cette région est gorgée d'eau, cette eau qui véhiculera immanquablement les éléments radioactifs, mais c'est aussi et surtout une aberration géographique. Bure étant situé sur le bassin versant du Bassin Parisien, les eaux radioactives du site s'écouleront vers l'ouest, le Bassin Parisien, contaminant une bonne partie du territoire national. Les populations qui, localement, réclament en vain d'être entendues par un référendum (une pétition recueille à l'heure actuelle 55 000 signatures dans les 2 départements de Meuse et Haute-Marne) ne comprennent pas que les études d'experts indépendants soient ignorées (seraient-elles trop alarmistes ?), que l'Agence de l'eau Seine-Normandie, bien que qu'informée, fasse la sourde oreille, et que les parlementaires de la région de Bure n'aient pour vision qu'un sordide marchandage : fermer les yeux en échange de retombées économiques. Suivant le principe de précaution, c'est en amont de décisions irréversibles qu'il faut intervenir. Or la campagne nationale d'interpellation des parlementaires, sous forme de cartes postales, démontre par un certain nombre de retours la quantité d'informations erronées qui servent d'argumentaire aux décideurs. La loi "déchets nucléaires" étant en navette entre Sénat et Assemblée nationale, c'est à présent qu'il faut éviter des mauvais choix. Le projet BURE est le « projet d'enfouissement des pires déchets nucléaires.... source de pollutions radioactives. » Cette contribution synthétique, qui sera largement rendue publique, pourrait se lire comme un écho à l'exhortation du sénateur B.SIDO, rapporteur de la loi sur l'eau au Sénat : « Eau : protéger maintenant pour demain » (1). On retrouve là non seulement le "principe de précaution" inscrit dans la récente "Charte de l'environnement" mais aussi le simple bon sens. Malheureusement il y a un terrible bémol à ces belles paroles du sénateur, par ailleurs président du Conseil général de Haute-Marne, département concerné -avec la Meuse- par le projet d'enfouissement de déchets nucléaires dans la proche région de Bure. Le vecteur "eaux souterraines" : "Le sous-sol est le pire endroit pour y stocker les déchets radioactifs. Pourquoi ? Parce qu'il contient toujours de l'eau en circulation" : Claude ALLEGRE, géologue, l'a dit et écrit bien des fois dans ses ouvrages. Dans un stockage souterrain, l'eau étant donc le vecteur des contaminants radioactifs, qu'en est-il du site de Bure ? Si les différentes déclarations officielles se veulent rassurantes, la réalité pourrait bien être toute autre. Ainsi, des experts indépendants travaillant sur les études du promoteur ANDRA arrivent à des conclusions inquiétantes. La première "surprise" concerne la structure géologique du site : le niveau retenu, à 500 mètres de profondeur (callovo-oxfordien), se trouve encaissé... entre deux aquifères. Et l'Andra, après bien des réticences, a fini par reconnaître que l'aquifère supérieur (oxfordien) regorgeait de "millions de m3 d'eau". Jusqu'à la partie sommitale du niveau retenu par l'Andra pour un stockage (là où elle a réalisé une "niche" d'instrumentalisation) qui se trouve être un superbe aquifère à 7 petits km, là où la commune de Lezéville (Haute-Marne) puise ses 100 m3 d'eau potable par jour. On s'étonnera et s'inquiètera d'autant plus de la volonté d'implanter un dépôt souterrain en un tel endroit quand on saura que cette région est fréquemment qualifiée de "château d'eau" ; elle fut d'ailleurs l'une des rares régions de France a ne pas subir de restrictions hydriques en cet été 2005. La question se pose à présent de savoir où se dirigeraient les eaux souterraines chargées de radioéléments. La localisation géographique de Bure, en bordure Est du Bassin Parisien, fait aisément comprendre, de par les pendages des couches géologiques (inclinaisons), que les écoulements se dirigeraient vers l'Ouest (bassin versant), et donc contamineraient de là tout l'amont et l'aval du Bassin Parisien ; c'est à dire des territoires considérables. A noter que le dépôt nucléaire (en surface) de Soulaines (Aube), situé en aval de Bure, pose lui aussi question en terme de contamination des eaux souterraines ; le rapport géologique reconnaissant un "débit de fuite" qui, si contamination radioactive il y avait, s'étalerait lui aussi vers le Bassin Parisien. Mais, ces choses étant rarement simples, les experts ont pu déterminer que non seulement les exutoires se retrouveraient dans les régons Ouest de Bure mais également là où on ne les attend pas forcément. On peut lire dans un document ANDRA de 1994 : «Il est visible que la Meuse est un drain important pour cette nappe puisque les courbes isopièzes convergent vers sa vallée. En rive gauche de la Meuse même si le pendage des couches est dirigé vers l'Ouest, les courbes isopièzes montrent que l'écoulement se fait vers l'Est." Dit autrement, les exutoires se retrouveraient également vers tout le Bassin de la Meuse ! On voit que le dépôt programmé à Bure, bien que situé dans un quasi désert démographique (6 à 7 habitants au km²), constituerait une véritable épée de Damoclès pour des territoires considérables, et donc des millions d'être humains. Là encore, les rapports officiels se veulent lénifiants en affirmant que les eaux souterraines attaqueraient les colis lentement, si lentement que les contaminations n'atteindraient la surface que dans dix mille ou cent mille ans. A voir, car si le déplacement des molécules aqueuses peut être considéré comme dérisoire dans une couche géologique homogène, il n'en est plus du tout de même lorsque cette couche a été creusée de multiples galeries ; celles-ci, les puits de descente, les zones d'endommagement dues au creusement (EDZ) constituent alors de véritables drains, des voies royales pour l'appel et la circulation des eaux. Surtout si des fractures, ou des failles même minimes, traversent le site. Et si ces cassures travaillent ou retravaillent du fait de la sismicité avérée de la région. Le vecteur "eaux de surface" : Alors que l'on pensait que seules les eaux souterraines posaient question en terme de contaminations, l'analyse du dernier rapport de l'Andra confirme la complexité extraordinaire du concept "enfouissement". Ainsi, la très grande diversité des déchets nucléaires oblige à utiliser des dizaines de types de containers (colis) très différents les uns des autres. Or, parmi eux, de nombreux (bitumeux, coques et embout du combustible nucléaire, résines...) vont contenir des matières génératrices de gaz qu'il va falloir évacuer dès leur stockage afin d'éviter des concentrations dangereuses (hydrogène, explosif). Et ces gaz, en partie radioactifs, vont être relâchés directement dans la nature, en situation dite "normale" et pire encore en cas d'accident, sur ce plateau de l'Ornois qui donne source à de nombreux cours d'eau. Le château d'eau d'une grande partie de la France....
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