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Le Clem est de retour en France - 12 mai 2006 - 16:37
Alors que le Clemenceau est attendu d'ici quelques jours à Brest, Greenpeace, l'Andeva, le Comité anti-amiante Jussieu, Ban Asbestos et la FIDH publient un rapport qui dresse l'état des lieux de la gestion des navires en fin de vie en Europe et indique comment réformer ce secteur. D'autre part, dans l'affaire du Clemenceau, les associations se déclarent solidaires des sept activistes de Greenpeace, convoqués lundi 15 mai à 14 heures au Tribunal correctionnel de Marseille (chambre spécialisée en matière militaire). Ils risquent un an d'emprisonnement et 15.000 euros d'amende pour "pénétration non autorisée sur un engin militaire" (le 12 décembre 2005 à Toulon ; le 12 janvier 2006 au large du Canal de Suez).
Alors que le Clemenceau est attendu dans les prochains jours à Brest, Greenpeace, l'Andeva, le Comité anti-amiante Jussieu, Ban Asbestos et la FIDH se réjouissent que ce cas exemplaire en matière d'exportation de déchets toxiques ait permis le lancement, en France, d'une vraie dynamique de travail sur la gestion des navires en fin de vie, dans le respect de la santé des travailleurs et de l'environnement. « Le chemin emprunté par le Clemenceau aura été long et sinueux pour arriver à ce que nous demandions depuis des années, rappellent les porte-parole des associations. De telles tempêtes médiatiques sont parfois nécessaires pour que les Etats prennent réellement en charge des dossiers que jusque-là ils ignoraient – ou feignaient d'ignorer. » Grâce à la campagne contre l'exportation de cette coque toxique, menée par cette coalition d'associations et les syndicats de travailleurs indiens, c'est toute la filière de démolition des navires en fin de vie qui est en train d'évoluer. D'abord avec l'engagement de la France pour développer des filières européennes de dépollution. Ensuite avec la perspective de transferts Nord/Sud de technologies et de compétences, pour doter les chantiers de démolition d'Asie du Sud des capacités de gestion des substances toxiques. Enfin, avec le coup de projecteur donné sur la précarité des conditions de travail des ouvriers dans les chantiers asiatiques. Par crainte de nouvelles pertes de contrat, les responsables de ces chantiers commencent semble-t-il à prendre des mesures. « Voilà enfin la mise en oeuvre du droit international sur l'interdiction d'exporter des déchets toxiques vers les pays du Sud, pour lequel Greenpeace se bat depuis plus de 20 ans dans le monde entier » déclare Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace France. « Nous resterons vigilants quant à l'indépendance de l'expertise qui sera réalisée sur la coque pour évaluer les substances toxiques à bord, en particulier le respect des réglementations amiante », ajoute Michel Parigot, président du Comité anti-amiante Jussieu et vice-président de l'Andeva. « De même, nous veillerons à ce que la stratégie française s'inscrive dans une perspective européenne et renforce le travail mené par l'Organisation maritime internationale (OMI), l'Organisation internationale du travail (OIT) et la Convention de Bâle », souligne pour sa part Annie Thébaud-Mony, porteparole de Ban Asbestos. Regroupées au sein d'une coalition européenne, les organisations écologistes, anti-amiante et de défense des droits de l'Homme publient un rapport intitulé : Démolition navale, défis et responsabilités pour l'Union européenne. « L'histoire du Clemenceau démontre la capacité de la société civile à faire prévaloir le droit sur des considérations purement économiques, conclut Sidiki Kaba, président de la FIDH. Et si la France fait preuve d'initiative en matière de démantèlement au niveau européen, elle sortira grandie de cette affaire. Ce ne sera pas la moindre de nos victoires. » Dans ce rapport sur le recyclage des navires en fin de vie, on trouve notamment la présentation des « défis du recyclage des navires en fin de vie et de la démolition navale » Pour l'association, « l ’UE doit officiellement reconnaître toute l’ampleur du problème que représente la démolition navale, le caractère absolument intolérable de la situation actuelle de cette industrie et, par conséquent, la nécessité d’une réforme urgente. La démolition navale a lieu, de nos jours, la plupart du temps, sur les plages de pays d’Asie tels que l’Inde et le Bangladesh – mais aussi en Chine, au Pakistan et en Turquie –, dans des conditions déplorables posant des problèmes considérables de santé, de sécurité et d’environnement pour ces pays. Les pratiques ayant cours sur les chantiers de démolition navale sont, le plus souvent, la cause d’un nombre inacceptable de décès, de dommages physiques, de maladies liées au travail et de pollution environnementale.»
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