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La communauté internationale face au nucléaire de l'Iran - 03 mai 2006 - 14:07
Les Directeurs politiques allemand, britannique et français, leurs homologues américain, chinois et russe, ainsi que le représentant du Secrétariat général du Conseil de l'UE ont eu un échange de vues approfondi sur l'évaluation du programme nucléaire iranien, à la lumière du rapport rendu public le 28 avril par le Directeur général de l'AIEA, M. El Baradei. Ils ont tous manifesté leur préoccupation quant au développement de ce programme, qui n'est pas compatible avec les demandes de la communauté internationale telles qu'elles figurent dans les résolutions du Conseil des gouverneurs de l'AIEA et la déclaration présidentielle du Conseil de sécurité du 29 mars. Les participants ont discuté des étapes à venir au Conseil de sécurité des Nations unies. Les trois directeurs politiques européens ont présenté les grandes lignes d'un projet de résolution destiné à donner force obligatoire aux demandes de l'AIEA, en particulier celles qui ont trait à la suspension des activités liées à l'enrichissement et au retraitement de l'uranium.
Il a été convenu de poursuivre les discussions, en particulier à New York, dans le but de parvenir à une décision ferme du Conseil de sécurité, adressant un message clair à l'Iran. En parallèle, la réflexion sera poursuivie sur les mesures d'incitation et les mesures dissuasives dont la mise en oeuvre dépendra de l'attitude de l'Iran. Une réunion ministérielle, dans le même format, est envisagée à New York le 8 mai au soir. Une réunion s'est tenue, au Centre de Conférences Internationales. Y ont participé les directeurs politiques allemand, britannique et français, ainsi que leurs homologues américain, chinois et russe. Le secrétariat général du Conseil de l'Union européenne sera également représenté. Cette réunion poursuivait trois objectifs : Permettre à l'ensemble des participants de réagir au rapport de M. El Baradeï, rendu public le 28 avril. Un point sera fait sur l'évaluation du programme iranien telle qu'elle ressort du rapport de l'AIEA. Les participants évoqueront les développements en matière de conversion et d'enrichissement de l'uranium, ainsi que toutes les questions en suspens sur lesquelles le directeur général de l'Agence a appelé l'attention et qui n'ont pas trouvé de réponse. Evoquer les prochaines étapes. Nous souhaitons que le Conseil de sécurité des Nations Unies puisse, à travers une résolution, adresser un message ferme et unitaire à l'Iran. Les pays européens présenteront, à cette fin, certaines idées à leurs partenaires. L'objectif est de renforcer l'autorité de l'AIEA, qui doit rester au centre du dispositif, en donnant force obligatoire aux demandes de l'Agence, en particulier celles qui ont trait à la suspension des activités liées à l'enrichissement et au retraitement de l'uranium. Réfléchir ensemble, en parallèle des travaux conduits au Conseil de sécurité, à des mesures incitatives et dissuasives, qui concerneraient tous les Etats participant à la réunion. Cette réunion, au niveau des hauts fonctionnaires, prépare la réunion qui doit se tenir au niveau ministériel, à New York, le 9 mai. Pour le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, cette réunion « est une réunion de hauts fonctionnaires, qui a pour but un échange de vues entre les six pays participants. Nous avons eu ce rapport de M. El Baradeï vendredi, maintenant nous devons échanger nos analyses à propos de ce rapport. Nous allons également évoquer les prochaines étapes. Que va-t-il se passer au Conseil de sécurité ? Les Européens ont déjà certaines idées qu'ils souhaitent partager avec les autres participants à la réunion. Et puis enfin, il faut réfléchir, comme cela avait déjà été dit par le ministre, à des mesures négatives ou positives, incitatives ou dissuasives, qui permettent soit de répondre favorablement à l'Iran, si l'Iran se conforme aux demandes de la communauté internationale, soit d'envisager des mesures d'un autre type, si l'Iran ne donne pas suite aux demandes du Conseil de sécurité des Nations unies. » Il a précisé que ce qui est important dans ce processus, « c'est que c'est un processus qui est évolutif et qui est réversible. Nous allons au Conseil de sécurité pour renforcer l'autorité de l'Agence. Mais si, à un moment donné, les Iraniens décident de se conformer aux obligations qui sont celles qui leur sont faites par la communauté internationale et décident de revenir à la table des négociations, il est évident que c'est un processus qui est réversible, cela nous l'avons déjà dit à plusieurs reprises. » Le ministre iranien des Affaires étrangères a refusé catégoriquement la suspension de l'enrichissement de l'uranium alors que cette « demande de suspension a été faite à plusieurs reprises dans des résolutions du Conseil des gouverneurs de l'AIEA. Elle a été faite il y a à peu près un mois dans une déclaration présidentielle du Conseil de sécurité. Maintenant, le dossier va être évoqué au Conseil de sécurité et cette demande devrait être reprise dans une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies. Cela prouve qu'il y a une unité très forte de la communauté internationale sur cet objectif et sur cette demande qui est faite à l'Iran, et nous souhaitons que l'Iran entende cette unité, cette unanimité de la communauté internationale. » Il ajoute, alors que les Russes et les Chinois ont une position différente de la France, de l'Allemagne, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis qu'il « y a une unité très forte pour ce qui est de l'objectif poursuivi. Tout le monde considère qu'il faut éviter d'avoir un Iran doté de l'arme nucléaire et tout le monde considère que l'Iran doit répondre aux demandes de la communauté internationale. Quand vous regardez les déclarations faites par tous les pays que vous venez de citer, je crois qu'il n'y a pas de différence ou de divergence entre eux. Ensuite, la question va être une question de tactique diplomatique, à propos des étapes à venir. Il est habituel, dans la communauté internationale, que l'on ait ce type de discussion. Encore une fois, sur l'objectif, il y a une très grande unité des participants. » Il a précisé qu'il s'agissait « d'une réunion à six : les trois Européens, les Russes, les Chinois et les Américains. C'est une réunion informelle. C'est une réunion de travail. Ce n'est pas une réunion destinée à prendre des décisions. Si des orientations se dégagent, il y aura ensuite des discussions à New York entre les membres du Conseil de sécurité qui ne sont pas tous aujourd'hui à Paris. Il faudra à ce moment là travailler avec l'ensemble des membres de Conseil de sécurité et notre objectif est d'arriver à une résolution dans les meilleurs délais possibles. Et il y a cette réunion qui est prévue le 9 mai à New York au niveau des ministres dans le même format. » Pour lui la « position de la France sur ce dossier n'est pas très différente de celle du reste de la communauté internationale. Nous avons tous un même objectif qui est d'éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire, de faire en sorte que l'Iran se conforme aux demandes de la communauté internationale et, en même temps, de donner à l'Iran les moyens de développer un programme nucléaire civil. C'est quelque chose que personne ne conteste et le message doit être bien clair pour le peuple iranien : personne ne conteste le droit de l'Iran à développer un programme nucléaire civil, tout le monde est d'accord sur ce point. A partir de là, nous allons voir comment la communauté internationale peut reprendre ses demandes au niveau du Conseil de sécurité pour renforcer l'Agence Internationale pour l'Energie Atomique. L'Agence Internationale reste un élément central, elle ne sera pas dessaisie du dossier. Simplement, nous voulons renforcer son autorité et faire en sorte qu'elle puisse avoir les moyens de travailler dans de bonnes conditions et nous espérons que ce message sera entendu par les dirigeants iraniens et par le peuple iranien parce que ce n'est pas contre eux que c'est dirigé. Nous voulons sincèrement coopérer avec l'Iran pour lui permettre de développer un programme nucléaire civil, mais cela suppose que l'Iran réponde aux demandes de la communauté internationale. »
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