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Grippe aviaire les mesures de prévention jugées efficaces en France - 13 avril 2006 - 12:59
Grippe aviaire - Selon le deuxième rapport parlementaire français, en France, l'épizootie de grippe aviaire a été contenue. Selon la mission, le dispositif mis en place par le gouvernement pour faire face à la menace d'une épidémie de grippe aviaire a fait preuve de son efficacité. Présidé par le député PS Jean-Marie Le Guen, la mission a dressé le bilan sur l'épizootie de grippe aviaire en France et aussi dans le monde. La mission insiste sur la transparence de l'information qui est une condition essentielle de « l'efficacité du dispositif de lutte contre la grippe aviaire : si certains Etats ne jouent pas le jeu de la vérité et tronquent, ou dissimulent, la réalité de l'épizootie sur leur territoire, le combat ne pourra pas être gagné. La facilité avec laquelle le virus circule d'un pays à l'autre impose une coopération de tous les Etats pour se tenir informés mutuellement de l'évolution de la situation sur leurs territoires respectifs. La communauté internationale ne saurait admettre de la part de tel ou tel Etat une rétention de l'information qui risquerait de priver la lutte contre l'épizootie d'une large part de son efficacité. A cet égard, la mission d'information a émis le souhait de voir un « devoir d'ingérence sanitaire » confié à l'OMS, vis-à-vis de gouvernements qui seraient soupçonnés de ne pas communiquer toutes les données en leur possession. »
Selon la mission, « l'épizootie de grippe aviaire est désormais au cœur des préoccupations des autorités politiques et sanitaires du monde entier : aucun Etat ne se sent plus à l'abri de la maladie qui, longtemps circonscrite à l'Asie du Sud-Est, semble désormais avoir entamé une inexorable progression vers des continents jusque-là préservés, comme l'Europe, touchée il y a quelques mois, et l'Afrique il y a quelques semaines. Le virus H5N1 à l'origine de l'épizootie est d'une particulière virulence : hautement pathogène, il se diffuse très rapidement et tue la quasi-totalité des animaux qu'il infecte. C'est un virus de nature aviaire : il contamine les oiseaux, aussi bien sauvages que domestiques. L'éradication de la grippe aviaire constitue un véritable défi lancé à la communauté vétérinaire du monde entier, mais aussi aux scientifiques non vétérinaires car s'il est vrai que cette maladie est avant tout un problème de santé animale, les experts n'excluent pas qu'elle puisse, un jour, affecter la santé humaine si le virus parvenait, après mutation génétique, à s'adapter à l'homme. » La mission précise que pour « le moment, même s'il a contaminé un certain nombre de personnes dans le monde, il est passé à l'homme dans sa structure génétique d'origine et l'a conservée une fois dans l'organisme humain : il est resté un virus aviaire. De ce point de vue, l'expression couramment utilisée de « grippe aviaire » prête à confusion, dans la mesure où elle fait référence à une maladie humaine, la grippe, mais avec un qualificatif emprunté à la science vétérinaire. Celle-ci désigne d'ailleurs la maladie par les termes d'« influenza aviaire », exempts de toute ambiguïté quant à la nature exclusivement animale de l'affection. Mais la confusion ne se résume pas à une simple question de terminologie. Elle résulte aussi du fait que les spécialistes envisagent très sérieusement le risque d'une transmission du virus H5N1 à l'homme puis d'une contamination inter-humaine. L'hypothèse d'une adaptation de ce virus à l'organisme humain est étayée par le constat fait depuis plusieurs années que « 80 % des nouvelles maladies affectant l'homme sont d'origine animale », comme l'a indiqué M. Bernard Vallat devant la mission parlementaire sur la grippe aviaire. » La mission précise qu'avec « l'aggravation de l'épizootie au cours de l'été 2005 en Asie du Sud-Est, où elle sévit depuis 2003, la crainte d'une pandémie grippale s'est emparée des esprits, alimentée par la découverte régulière de cas de contamination humaine et la constatation, chez les malades, d'un taux de létalité élevé, de l'ordre de 50%. Le risque de pandémie a alors focalisé l'attention de tous, reléguant au second plan la question de la santé animale. Alors que l'Organisation mondiale de la santé animale, l'OIE, ne cessait d'appeler à un renforcement rapide et substantiel de l'aide aux pays les plus touchés par l'épizootie, l'Organisation mondiale de la santé, l'OMS, multipliait ses appels en faveur de la mise en place de dispositifs nationaux de préparation à une éventuelle pandémie. Il en est résulté une certaine confusion, qui a probablement fait perdre un peu de temps sur le front de la lutte contre l'influenza aviaire. Celle-ci, tout en restant très virulente en Asie du Sud-Est, a continué de progresser vers l'ouest. Les pays jusqu'alors indemnes ont soudainement réalisé qu'ils n'étaient pas à l'abri de l'épizootie et qu'il était de leur intérêt bien compris de venir en aide aux pays touchés, aide qu'au demeurant, l'exigence de solidarité nationale commandait impérativement. Dans cette perspective, les principales organisations internationales compétentes pour la santé humaine, la santé animale et l'aide au développement - OMS, OIE, FAO, Banque mondiale - ont réuni à Genève, au mois de novembre 2005, des centaines d'experts et les représentants d'un certain nombre de gouvernements, pour évaluer les besoins de la lutte contre la grippe aviaire et une éventuelle pandémie et chiffrer l'aide internationale à mobiliser en conséquence. C'est sur un plan d'action sur trois ans, pour un montant d'un milliard de dollars, que les participants se sont mis d'accord. Rendez-vous a alors été pris pour une nouvelle conférence destinée à réunir les moyens financiers nécessaires. » La mission a par ailleurs pu « mesurer à quel point la transparence de l'information était une condition essentielle de l'efficacité du dispositif de lutte contre la grippe aviaire : si certains Etats ne jouent pas le jeu de la vérité et tronquent, ou dissimulent, la réalité de l'épizootie sur leur territoire, le combat ne pourra pas être gagné. La facilité avec laquelle le virus circule d'un pays à l'autre impose une coopération de tous les Etats pour se tenir informés mutuellement de l'évolution de la situation sur leurs territoires respectifs. La communauté internationale ne saurait admettre de la part de tel ou tel Etat une rétention de l'information qui risquerait de priver la lutte contre l'épizootie d'une large part de son efficacité. A cet égard, la mission d'information a émis le souhait de voir un « devoir d'ingérence sanitaire » confié à l'OMS, vis-à-vis de gouvernements qui seraient soupçonnés de ne pas communiquer toutes les données en leur possession. » Pour la mission, s'agissant de la France, « qui est restée longtemps indemne de grippe aviaire avant de connaître ses premiers cas au mois de février, elle a été placée très tôt, au nom du principe de précaution, sous le régime de la prévention de la maladie. Les décisions prises par le Gouvernement sont allées, parfois, au-delà des préconisations de l'AFSSA : ainsi, dès l'automne 2005, le confinement des volailles a été imposé dans une vingtaine de départements, jugés les plus exposés au risque de contamination, puis étendu à d'autres départements, que l'AFSSA, pour sa part, ne jugeait pas particulièrement menacés. L'évolution de la situation, marquée notamment par l'apparition de cas de grippe aviaire dans la région de la Dombes, a rétrospectivement donné raison au Gouvernement qui, dès le départ, depuis l'aggravation de l'épizootie au cours de l'été 2005, a privilégié l'anticipation et la prudence, en dépit des réserves que certains ont pu émettre sur son action. » Qualifiée de « véritable désastre économique » par M. Joseph Domenech , l'épizootie de grippe aviaire provoquée par le virus H5N1 est aujourd'hui endémique en Asie, gagne progressivement du terrain depuis 2005 en Europe, franchissant les frontières de l'Union européenne, et a atteint l'Afrique en février 2006. Avec environ 150 millions de volailles mortes ou abattues, l'épizootie infecte des pays « d'autant plus vulnérables que leurs économies sont encore faibles et leur milieu rural en voie de développement. Sur certains marchés, l'approvisionnement en viande de volaille a été totalement interrompu, alors même que celle-ci représente une source de protéines majeure. Les plus touchés sont les petits éleveurs dans les villages, qui n'ont pour vivre que quelques volailles de basse-cour. C'est un problème économique d'une ampleur inégalée à ce jour... ». La mission qualifie également dans son volumineux rapport de « désastre économique, l'épizootie a aussi des conséquences graves en termes de santé humaine et pourrait en avoir de plus graves encore. Au 28 mars 2006, 184 cas humains, dont 103 décès, ont été dénombrés, tous liés aux flambées aviaires. Mais, dans tous les cas, le virus H5N1, dont la structure est restée complètement aviaire, est peu contagieux pour l'homme. Pour autant, le risque de pandémie existe, et il est d'autant plus grand que l'épizootie n'est pas maîtrisée. Tous les experts scientifiques s'accordent, en effet, sur le point suivant : plus le virus circule, plus s'accroît le risque de son adaptation à l'homme par mutation, notamment par recombinaison avec des virus humains ». M. Joseph Domenech a rappelé que face à ce risque, « la FAO et l'OIE disent et redisent que la solution consiste à lutter contre la maladie à sa source, c'est-à-dire chez l'animal » et qu'il s'agit de « rompre le cycle » afin d'empêcher « toute infection humaine ».
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