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L'obésité galopante en Belgique - 10 avril 2006 - 10:28
Santé - L'obésité est une maladie de plus en plus fréquente en Belgique. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime, à l'heure actuelle, que plus d'un milliard de personnes dans le monde souffrent de surpoids, dont 300 millions au moins sont obèses. Près de la moitié des personnes obèses souffriront à un moment ou un autre de problèmes médicaux sérieux. En Belgique, plus de 30 % de la population adulte est concernée par un problème de surpoids, d'obésité, et ce chiffre ne cesse d'augmenter. Selon le site d'information sur l'obésité en Belgique, 55% des Belges ignorent tout des traitements de l'obésité. L'enquête Ipsos (réalisé par IPSOS à la demande de la société Aprime S.A. au mois de février 2006 sur un échantillon représentatif de 926 Belges âgés de 15 ans et plus) sur la connaissance, la perception et les attentes des Belges sur les traitements de l'obésité révèle une méconnaissance des traitements de la surcharge pondérale et de l'obésité. Un Belge sur deux (49%) est convaincu que la chirurgie de l'obésité convient à tout le monde. Il est urgent d'informer le grand public sur ces traitements, les résultats escomptés et leurs effets secondaires. C'est dans ce but qu'est lancé le site www.traitementsobesite.be.
L'obésité touche actuellement plus de 300 millions de personnes dans le monde et près d'un Belge sur deux souffre de surcharge pondérale ou d'obésité. Pourtant 55% de la population belge ignore tout de son traitement. A la demande d'Aprime, leader en Belgique de la distribution de produits liés aux traitements médicaux et chirurgicaux contre l'obésité, Ipsos a mené au début de l'année 2006 une enquête sur la perception et la connaissance qu'a le grand public des traitements de l'obésité. Les résultats parlent d'eux-mêmes : plus de la moitié des personnes interrogées ne connaît pas de traitement de l'obésité. Ces résultats inquiétants ont fait réagir le monde médical qui se mobilise pour dénoncer une situation inquiétante et diffuser une information de qualité sur le traitement de l'obésité. L'enquête menée sur les traitements de l'obésité, confirme les chiffres obtenus précédemment par diverses études, mais souligne une méconnaissance importante des traitements de cette maladie. 28% de la population belge souffre de surcharge pondérale (BMI de 25 à 29) et 17% est obèse (BMI égal ou supérieur à 30). La surcharge pondérale et l'obésité altèrent, parfois très gravement, la qualité de vie des personnes qui en souffrent. Pourtant, 55% des Belges ne connaissent pas les traitements permettant de traiter efficacement l'obésité et 45% des personnes ayant un BMI supérieur à 25 ignorent quel pourcentage de poids ils doivent perdre pour retrouver un poids idéal . Il est intéressant de noter que ceux qui en savent le moins sont pourtant les premières victimes de l'obésité : des hommes de plus de 55 ans issus de milieux moins favorisés. L'anneau gastrique est le premier traitement cité spontanément avec 36% alors que l'alimentation et le sport ne recueillent spontanément que respectivement 16% et 3%. Le ballon gastrique, le traitement actuellement le moins invasif (c'est à dire que les structures anatomiques ne sont pas modifiées) n'est, quant à lui, mentionné que par 4% de la population. « Il est symptomatique de constater que la liposuccion, qui relève de la chirurgie esthétique, soit citée spontanément comme traitement de l'obésité par 11% de la population », déclare le Prof. Devière, gastro-entérologue à Erasme. 60% des Belges pensent que la chirurgie de l'obésité est toujours lourde et douloureuse, alors que les techniques ont fortement évolué. « Près d'1 Belge sur 2 est convaincu que la chirurgie convient à tout le monde. C'est assez effrayant. Les recommandations belges et internationales sont pourtant claires: le recours à la chirurgie peut êtreenvisagé uniquement dans deux cas : si le BMI (Indice de Masse Corporelle) est supérieur à 40ou s'il est supérieur à 35 et que le patient présented'autres facteurs de risques ou comorbidités », poursuit le Prof. Devière. Autre perception erronée : 1 Belge sur 3 estime qu'un traitement avec une perte de poids modérée et lente est un traitement décevant. « Il est essentiel d'éduquer la population sur des attentes réalistes. Un traitement efficace demande beaucoup de temps car les origines de l'obésité sont complexes : génétique et/ou influencées par des facteurs environnementaux (dysfonctionnement du métabolisme, sédentarité, absorption trop importante de nourriture, psychologique). C'est parfois difficile à faire accepter, car la majorité des patients qui nous consultent ressentent une sorte d'urgence esthétique, mais une perte de poids modérée et lente constitue la seule garantie d'une efficacité optimale sur le long terme. Le traitement exigera une approche multidisciplinaire c.-à-d. non seulement avec le chirurgien, mais également avec un nutritionniste, un spécialiste du mouvement et un psychologue', précise le gastro-entérologue. L'enquête indique, en outre, que seuls 18% de la population est consciente des effets bénéfiques d'une simple perte de 10% de son poids excédentaire sur la santé. « Et pourtant: une perte de poids légère à modérée de 10% de son poids a des effets bénéfiques précis et mesurés très importants. On ne répètera jamais assez ces effets bénéfiques : diminution de 20% de la mortalité, de 30% des risques de devenir diabétique, de 40% des risques de cancer, de 10 mmHg de la pression artérielle, de 50% du taux de sucre dans le sang pour les diabétiques, de 10% du cholestérol total ! » insiste le Prof. Devière. Parmi les méthodes non chirurgicales, c'est le régime qui est le plus souvent cité avec 16%, suivent ensuite les médicaments avec 15%. « Pour traiter l'obésité, une multitude de régimes existent, lance d'emblée leDr Wahlen, chirurgien à l'hôpital St Joseph de Liège. Les patients qui me consultent les ont en général ‘tous' essayés. Ces échecs répétés sapent petit à petit leur moral. Quant aux deux médicaments disponibles sous prescription, ils doivent être pris sous surveillance médicale. Dans ce domaine, il faut lutter contre l'automédication. Il est légitime de se demander à quels médicaments les sondés font référence. S'agit-il des deux seules molécules disponibles sous prescription ou d'autres pseudo-médicaments non reconnus ? » La méthode non chirurgicale la moins connue est le ballon intragastrique. Technique totalement réversible et temporaire (6 mois), elle convient parfaitement aux patients atteints d'une obésité modérée et majeure. Non invasive, elle peut être la première étape du traitement chez des patients super-obèses qui présentent un grand risque opératoire. Il permet également une perte de poids significative chez des patients diabétiques de type II, chez des patients très âgés dont la mobilité est de plus en plus pénible. « L'intervention consiste à implanter un ballon rempli de solution saline dans l'estomac par voie endoscopique. Sans incision. L'estomac étant ainsi artificiellement rempli, la sensation de satiété est plus rapide », explique le Dr Wahlen. Seuls les patients répondant à des critères stricts pourront subir une intervention chirurgicale. Parmi ces critères, l'âge, le BMI et les co-morbidités sont importants. Les techniques restrictives telles la gastroplastie par agrafage vertical (Mason), l'anneau gastrique ajustable et la tubulisation gastrique simple s'appliquent surtout à des personnes qui mangent de trop grandes quantités de nourriture. Les méthodes restrictives et malabsorptives sont quant à elles, nettement plus invasives. Parmi ces méthodes, le bypass gastrique, la dérivation bilio-pancréatique, la diversion bilio-pancréatique avec duodenal switch. Ces interventions chirurgicales sont plus délicates et irréversibles. Elles impliquent une modification plus extrême du processus digestif et dès lors, permettent de réduire l'assimilation ainsi que l'apport en calories des aliments. Les risques de carence en vitamines B, protéines, calcium et fer sont donc plus importants et nécessitent une prise de compléments alimentaires à vie. « L'intervention, qu'elle soit médicale ou chirurgicale nécessite une modification du comportement alimentaire, un suivi régulier et des exercices physiques » , déclare Marie Barea, diététicienne au service de Gastro-Entérologie et de Chirurgie Digestive, Hôpital Erasme. « En cas de technique restrictive, les intolérances digestives risquent d'être plus fortes. Le patient aura tendance à compenser par des aliments sucrés. Pour les techniques restrictives et malabsorptives, le risque de carences en protéines, vitamines B, en calcium et en fer sont plus importants. Le patient devra en général prendre des compléments alimentaires à vie. L'intervention ne constitue pas un remède miracle », conclut Mme Baréa.
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