Grippe aviaire au Nigeria le H5N1 progresse vite - 23 février 2006 - 10:10

GRIPPE AVIAIRE NIGERIA - Grippe aviaire au Nigeria le H5N1 progresse vite et pour la FAO, il y a un risque de catastrophe régionale. Il faut des campagnes de vaccination ciblées car le virus mortel de la grippe aviaire H5N1 continue à se propager chez les volailles au Nigeria et pourrait être à l'origine d'une catastrophe régionale en dépit des efforts de lutte déployés par les autorités nigérianes, a déclaré la FAO aujourd'hui.

L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a appelé aujourd'hui le Nigéria à vacciner ses volailles pour contenir le virus de la grippe aviaire. En dépit de leur efficacité, les mesures déjà prises par les autorités nigérianes, telles que l'abattage systématique des animaux dans les zones touchées par l'épizootie, pourraient s'avérer insuffisantes.


Grippe aviaire au Nigeria le H5N1 progresse vite

Malgré les mesures déjà prises par le gouvernement du Nigeria, l'agence des Nations Unies pour l'agriculture a préconisé aujourd'hui la vaccination des volailles pour éviter que le virus de la grippe aviaire ne continue de se propager et qu'il n'engendre une catastrophe régionale.

« Les événements montrent que la situation de la grippe aviaire au Nigeria est grave et préoccupante », affirme Joseph Domenech, Vétérinaire en chef de la FAO.

« Le mouvement et le commerce de volailles ont fortement contribué à la propagation ultérieure du virus. Les autorités sont intervenues avec l'abattage systématique dans les zones de foyers infectieux et des mesures de biosécurité, mais elles se heurtent à d'immenses difficultés de mise en œuvre », affirme M. Domenech.

« Etant donné la possibilité d'un établissement généralisé de la maladie chez la volaille, la FAO recommande au gouvernement de prévoir une campagne de vaccination ciblée. L'élimination des animaux et l'application de mesures de biosécurité ne peuvent à elles seules enrayer la propagation du virus », ajoute-t-il.

Les campagnes de vaccination nécessiteront la mobilisation de plusieurs milliers de vétérinaires nigérians du secteur privé et public et un engagement résolu des autorités nationales et régionales, ainsi que le soutien de la communauté internationale de donateurs.

Ces campagnes auront besoin de fonds pour financer vaccins, véhicules, équipes de vaccination, formation, etc. Les équipes de surveillance devraient être en mesure de suivre l'évolution de la situation et d'intervenir sans délais en cas de poussée épidémique.

« L'étroite coordination des activités de lutte et la nécessité d'une chaîne centrale de commande au niveau du Vétérinaire en chef fédéral et entre les états régionaux sont cruciales », souligne M. Domenech.

La FAO et l'OIE, en collaboration avec le Bureau interafricain pour les ressources animales de l'Union africaine, aident le gouvernement à évaluer la situation et à définir des stratégies adéquates pour enrayer la propagation de la maladie, notamment en renforçant les stocks stratégiques de vaccins, seringues et matériel de protection pour les personnes s'occupant des opérations de lutte. En outre, il y a un besoin urgent de groupes électrogènes, d'ordinateurs et de matériel de laboratoire. Le pays a déjà mis en place une cellule de crise pour la collecte et la diffusion rapide de l'information.

Indemnisation et communication : « Indemniser les éleveurs pour la perte de leurs animaux est un autre instrument important pour encourager le signalement précoce des foyers épizootiques et appliquer des mesures efficaces de lutte. Sans incitations financières, les gens continueront probablement à dissimuler les foyers de maladie et à vendre des volailles infectées », indique M. Domenech.

La FAO a réitéré ses recommandation, à savoir, éviter tout contact avec les oiseaux visiblement malades ou morts, suivre une hygiène personnelle (lavage des mains) après avoir manipulé la volaille ou la viande de volaille, cuire la viande de poulet et les œufs à une température supérieure à 70° C de façon uniforme sur tout le produit, de sorte qu'il ne reste absolument aucune partie rouge ou crue. Dans les zones de poussée épidémique, il est conseillé de ne consommer ni poulets ni oeufs.

Des campagnes de communication de masse sont nécessaires pour appuyer les efforts de lutte chez les animaux et réduire l'exposition potentielle des humains aux volailles infectées. La FAO a félicité l'UNICEF de sa campagne de communication.

La FAO a alloué environ un million de dollars en faveur des activités de surveillance et de lutte dans les pays suivants : Nigeria, Niger, Algérie, Mauritanie, Égypte, Tunisie, Tchad, Bénin, Togo, Ghana, Côte d'Ivoire, Guinée, Guinée-Bissau, Sénégal, Burkina Faso, Liberia, Sierra Leone, Gambie, Mali et Cameroun. Cela permettra de recruter des consultants locaux et d'acheter du matériel de surveillance et de formation. Des équipements de protection du personnel ont été achetés pour le Nigeria et le Niger.

La population avicole du Nigeria est estimée à 140 millions d'unités. Les élevages familiaux représentent 60 pour cent de toute la production avicole, les élevages commerciaux 25 pour cent, et les élevages semi-commerciaux 15 pour cent. Une dose de vaccin pour les poulets coûte de 0,05 à 0,20 dollar. Si le H5N1 de la grippe aviaire n'arrivait pas à être contenu au Nigeria, toute l'Afrique pourrait s'embrasser et touché de nombreux pays comme le Sénégal. On a d'ailleurs fait état de nombreux oiseaux morts aux alentours de Dakar la capitale du Sénégal.

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