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Sécheresse en France et rareté de l'eau - 16 février 2006 -09:15
A l'issue du Comité sécheresse du mercredi 15 février, Nelly Olin, Ministre de l'Ecologie et du Développement Durable et Dominique Bussereau, Ministre de l'agriculture et de la Pêche ont tenu une conférence de presse durant laquelle ils ont fait un point de la situation actuelle en matière de sécheresse et de rareté de l'eau en France. Ce premier comité national sécheresse en France intervient à une date plus précoce qu'au cours des années précédentes. L'année 2006 s'annonce en effet difficile pour la France en matière de sécheresse et de rareté de l'eau. C'est pourquoi, Nelly Olin a signalé que « dès le 5 janvier j'ai demandé aux Préfets de réunir leur comité sécheresse, et que j'ai souhaité qu'un point national soit fait très tôt. » Pour Nelly Olin, « Comme vous le savez, c'est de septembre à mars que les nappes phréatiques se rechargent en France. A ce jour, nous constatons un important déficit de pluies (et donc d'eau) à l'automne et au début de l'hiver. Il se cumule à celui de l'année précédente : il manque un tiers à 50% des pluies sur une large partie du territoire. Le déficit en pluies efficaces, c'est à dire en pluies qui rentrent dans le sol, alimentent les nappes et garantissent l'écoulement des cours d'eau, était de plus de 70% sur une large partie du pays fin janvier. Les dernières précipitations apportent un plus mais sont très largement insuffisantes. La recharge des nappes est donc timide ou inexistante. »
« On constate dans certains cas des évolutions à la baisse ce qui est totalement atypique en cette période de l'année. Fin janvier, le débit des cours d'eau était de 20 à 70% plus faible que les normales saisonnières sur la quasi-totalité du territoire. La situation climatique que nous avons connue l'année dernière ne s'est donc pas améliorée, même si les intempéries parfois excessives du Sud Est ont permis un certain rétablissement dans ce secteur. On constate que le déficit en eau persiste dans l'Ouest et s'étend dans le quart Nord-Est du territoire. Nous nous trouvons donc dans une situation comparable, voire plus fragile que celle de 2005. La situation est donc extrêmement préoccupante, même si nous devons rester attentifs à son évolution en fonction des précipitations qui pourraient venir dans les deux prochains mois. » Nelly Olin, a aussi précisé l'action du ministère de l'Ecologie et du Développement durable. « Dans ces conditions les efforts du Ministère de l'Ecologie portent sur des mesures de court terme sur une action structurelle visant à réduire notre vulnérabilité à la sécheresse. Notre premier devoir est donc d'anticiper au mieux une éventuelle crise cet été. L'année dernière, j'avais souligné le rôle positif qu'avait joué la triple anticipation qui résultait des travaux d'interconnexion d'eau potable engagés depuis 1976 et amplifiés récemment, des arrêtés cadre définissant à l'avance les règles du jeu et enfin de l'appel lancé aux agriculteurs pour utiliser des cultures économes en eau. Les circonstances nous conduisent à nous adresser avec Monsieur Dominique Bussereau aux agriculteurs irriguants pour leur lancer à nouveau un appel à la plus grande vigilance dans le choix de leurs cultures du fait de la situation actuelle. C'est en ce sens qu'avec Dominique Bussereau nous allons adresser un courrier de sensibilisation à chaque irriguant dans les jours à venir. Je sais pouvoir compter sur le sens des responsabilités des agriculteurs. Les premiers éléments dont nous disposons montre que leur mobilisation est à nouveau très forte cette année avec une tendance à la baisse des surfaces en maïs grain de 9% s'ajoutant à la baisse déjà constatée en 2005. Ceci conduirait à une réduction de 20% en deux ans de cette culture. Cet engagement doit être salué ! Au-delà, ce sont tous les citoyens et les différents acteurs, tels que les collectivités ou les industriels qui doivent s'engager dans cette bataille de l'eau. C'est pourquoi, je lancerai dans les jours prochains une vaste campagne de sensibilisation aux économies d'eau dont vous pouvez découvrir à l'écran le support visuel. La gestion de crise doit s'anticiper au niveau local. C'est pourquoi j'ai demandé aux préfets de réunir leur comité départemental sécheresse, non seulement pour faire le point sur la situation mais aussi pour améliorer les arrêtés qui définissent le cadre des restrictions d'usage de l'eau qui pourraient être nécessaires dans les mois à venir. Il est important que les règles du jeu soient connues et discutées très en amont. Enfin, pour parer à des situations de crise en matière d'eau potable, j'ai demandé à chaque agence de l'eau de réserver une dotation d'un million d'euros afin de pouvoir intervenir sur des travaux d'urgence, par exemple des interconnexions de réseaux. » « La gestion de la sécheresse ne saurait bien sûr se résumer à la gestion de crise. Il convient de mener une action structurelle pour rétablir durablement l'équilibre entre offre et demande en eau. C'est le sens du plan de gestion de la rareté de l'eau que j'ai présenté en conseil des Ministres le 26 octobre 2005. Même si celui-ci s'inscrit dans le moyen terme, plusieurs actions sont d'ores et déjà lancées. Le premier axe de ce plan prévoit une affirmation renforcée de la priorité à l'eau potable. Celle-ci ne doit pas s'exercer aux détriments des milieux aquatiques, mais dans la priorité qui lui est accordée par rapport à d'autres usages pour l'exploitation des ressources en eau. Ces dispositions seront prises dans le projet de loi sur l'eau et les milieux aquatiques que je présenterai début mai à l'Assemblée Nationale. Je proposerai notamment l'obligation de compteurs d'eau dans les bâtiments collectifs neufs, et la mise en place de zones de sauvegarde de la ressource, qui permettra aux collectivités d'intervenir plus efficacement pour la protection quantitative de leurs ressources en eau potable. Le deuxième axe de ce plan concerne la gestion économe de l'eau et son partage entre les différents usages, le milieu aquatique ne devant bien sûr ne pas être oublié. J'ai lancé une mission d'expertise conjointement avec le Ministère de l'Agriculture dont j'attends les conclusions pour engager de nouveaux modes de gestion collective. Dès cette année, dans dix bassins versants pilotes dont la liste vient d'être arrêtée, une démarche intégrée de gestion des eaux afin de réduire les déséquilibres entre offre et demande en eau sera conduite. Cette expérimentation doit permettre d'utiliser toute la panoplie des actions possibles : économie d'eau, mobilisation de ressources ou développement de nouvelles techniques. Il n'y a pas une réponse universelle au problème de la sécheresse, mais un ensemble d'outils à utiliser avec discernement pour répondre à des problématiques locales. Dans le cas particulier de l'eau agricole, cette démarche peut déboucher à la fois sur des mesures de réduction de volumes d'eau affectés à l'irrigation, sur le renforcement de la gestion collective, ou sur la mise en place de retenues de substitution dès lors que cela est écologiquement faisable, et notamment sans perturbation de la ré-alimentation des nappes. Au-delà de ces mesures, nous devons également réfléchir à des modèles agricoles qui seront structurellement plus résistants aux aléas climatiques. Le travail conduit actuellement par l'INRA dans le cadre d'une expertise collective nous apportera des éléments en ce sens. Enfin, je rappelle que le projet de loi sur l'eau prévoit des mesures qui permettront d'améliorer la gestion collective de l'eau ainsi que des modulations des redevances en fonction de la rareté de la ressource et de la saison. » Sur le sujet des golfs, Nelly Olin a précisé qu'elle signerait « le 2 mars prochain une charte avec la fédération française de golf et Jean-François Lamour visant à promouvoir les comportements vertueux en matière d'utilisation de l'eau dans ces installations. L'objectif est de réduire de 30% leur consommation d'eau en trois ans. Nous rejoignons ainsi le troisième axe qui vise à développer des technologies encore peu fréquentes, telles que l'utilisation des eaux de pluie ou le recyclage des eaux usées. A cet égard, après un travail technique qui vient de se terminer, j'ai proposé aux collectivités locales et aux services de distribution d'eau de mettre en place, avec le soutien des agences de l'eau, une assistance et des aides financières à la récupération des eaux de pluie pour les particuliers dans le cadre de projets collectifs. De même des démarches sont en cours pour la réalisation de projets innovants tels que la réutilisation des eaux usées ou la désalinisation. Une démarche spécifique enfin est également en cours avec les industriels. » Nelly Olin a conclu ce comité Sécheresse par « Comme vous pouvez le constater notre mobilisation est totale, et je ne doute pas que celle de tous nos concitoyens le sera aussi. Il ne s'agit pas de faire de catastrophisme, mais de se préparer et de suivre précisément la situation. Un nouveau comité national sécheresse se tiendra le 12 avril prochain. Une telle problématique dépasse le seul cadre de la France. C'est pourquoi avec mes homologues espagnols et portugais je présenterai au prochain conseil environnement du 9 mars une initiative visant à définir une stratégie de gestion de la rareté de l'eau au niveau européen. » Liste des bassins versants pilotes dans le cadre du plan de la gestion de la rareté de l'eau 1/ Bassin Artois Picardie : Avre 2) Bassin Adour-Garonne : boutonne (bassinde la Charente), Lizonne (bassin de l'Isle-Dronne) + nappe Turonien, Tescou (bassin Tarn), Haut Adour (bassin adour) 3) Bassin Loire-Bretagne : amont Sévres-niortaise : Yèvre-Auron (Cher) 4) Rhône méditerranée corse : Drôme Calavon (Vaucluse et Alpes de Hautes Provence) 5) Bassin Seine Normandie : nappe de la craie Par ailleurs un action sur Porquerolles et Belle-île sera conduite Le ministère de l'écologie et du développement durable lance par ailleurs une campagne d'information sur le thème de la rareté de l'eau intitulée « Y aura t-il assez d'eau pour tous le monde ? ». 2003 et 2005 ont été deux années dramatiques en terme de sécheresse, et les conséquences sont aujourd'hui désastreuses notamment pour les milieux aquatiques et la faune et la flore qu'ils abritent. Les prévisions 2006 semblent annoncer une année tout aussi difficile... C'est pourquoi, le Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable lance une campagne de communication qui interpelle l'ensemble des acteurs concernés, qu'ils soient industriels, collectivités locales, particuliers ou agriculteurs, à réaliser des économies sur leur consommation d'eau. Une campagne qui appelle à la réflexion de chacun Cette campagne de sensibilisation est une première en France. Ces annonces presse ont vocation à interpeller chacun, de manière particulière ou collective. Car si la pénurie d'eau est le problème de tous, l'économie d'eau relève également d'un comportement individuel. Cette situation d'alerte est d'autant plus préoccupante qu'elle correspond à une réalité bien tangible. Les prévisions 2006 étant en effet plutôt pessimistes, c'est une action immédiate à laquelle il faut recourir. On ne pourrait trouver ici meilleure application du proverbe selon lequel « les petits ruisseaux font les grandes rivières ». Des gestes simples pour réduire la consommation d'eau : Quelques gestes simples peuvent rapidement être mis en pratique pour réduire la consommation d'eau : maîtriser les arrosages, publics ou privés ; réduire les fuites d'eau sur l'ensemble des réseaux ; choisir des cultures moins consommatrices en eau...Cette campagne de presse sera diffusée en presse quotidienne régionale au mois de février et mars 2006.
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