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Alliot-Marie saisie la justice sur le cas Clemenceau - 14 février 2006 - 12:39
Le Ministre de la Défense saisit la justice des soupçons d'irrégularité lors des travaux de désamiantage du Clemenceau. Lors de deux entretiens de Mme Alliot-Marie le 13 février 2006, le ministre a annoncé qu'elle allait saisir la justice sur le déamientage du Clemenceau et le rôle joué par la société Technopure. Au journal de 20 h sur France 2 le 13 février 2006, Madame Alliot-Marie, Ministre de la Défense a signalé « Je dirais effectivement un certain nombre de choses et on verra à ce moment-là, que diverses allégations que ce soit des associations ou que ce soit de l'industriels de TECHNOPUR, correspondent en fait à des intérêts financiers et industriels qui n'ont rien à voir avec la réalité du dossier. » Lors d'un entretien de Mme Alliot-Marie sur France Info le même jour, elle a annoncé que « La Cour suprême indienne a demandé une expertise supplémentaire au motif que dans les premiers groupes d'experts, il n'y avait pas des militaires qui soient capables d'apporter un avis sur un navire militaire qui est assez différent de ce qui se passe dans le civil. J'entends beaucoup certaines associations ou même une personne qui avait été écartée du chantier de désamiantage en France pour insuffisance et pour manquement graves et avérés, s'exprimer pour semer le doute, je dirais, ou même pour faire pression sur les diverses autorités. Je n'entrerai pas dans cette polémique car, pour ma part, je suis totalement respectueuse de la Cour suprême indienne. Mais ce que je veux dire, c'est que vous pouvez être certain que lorsque la Cour suprême indienne aura rendu sa décision, je ne manquerai pas de rétablir toute la vérité, et on mesurera alors les contrevérités qui ont été propagées par certains pour des raisons d'intérêts économiques ou industriels. »
Pour elle, « Il y a effectivement des incertitudes pesant sur une trentaine de tonnes et ce que je trouve absolument extraordinaire, c'est que cette incertitude vient simplement de ce que l'on ne nous a pas communiqué des bordereaux, et qui ne nous a pas communiqué les bordereaux ? La société TECHNOPUR dont le dirigeant est de ceux qui aujourd'hui essaient de semer le doute sur les quantités qui restent encore sur le navire. Il y a un certain nombre de plans que nous tenons à la disposition de toutes les autorités qui le demandent, et qui permettent de vérifier nos dires. Je pense également qu'on n'entend pas toutes les associations de défense de l'environnement, dont certaines remarquent que nous avons fait un travail remarquable, tout à fait inhabituel en faisant un désamiantage préalable. Ce que je peux déplorer, et je le fais, ce sont les commentaires et les images qui trop souvent sont diffusés et qui tendent à mettre en doute l'aptitude de l'Inde à maîtriser ce dossier, ou qui dénigrent la capacité du chantier indien à démanteler le Clémenceau dans le respect des normes internationales et de santé des ouvriers. « Lors d'un entretien de Mme Alliot-Marie à l'invité du jour sur Europe 1 le 14 février 2006, Mme Alliot-Marie a annoncé qu'elle faisait « entièrement confiance à la Cour suprême indienne, d'ailleurs je ne veux pas rentrer dans les polémiques sur les quantités parce que je suis trop respectueuse de ce qu'elle fait, ce sont de très bons juristes, mais de toute façon soyez certain, que lorsque la Cour aura rendu sa décision, je ne manquerais pas de rétablir toute la vérité. » Elle a précisé que le cas du Clemenceau devait être exemplaire afin de permettre d'ouvrir une voie nécessaire au démantèlement de milliers d'autres navires de guerre pour lesquels « on n'a pas de solution de démantèlement » et qui « sont en train de rouiller dans un certain nombre d'endroits », ce qui est « extrêmement préjudiciable à l'environnement. » Le ministre a ajouté qu'il n'y avait pas de chantier de démantèlement en Europe ni aux Etats-Unis et qu'il y avait « là une nouvelle voie qui était ouverte, faite par des entreprises indiennes de haute qualité, remplissant les normes ISO donc c'était aussi une garantie, donc c'est quelque chose qui ouvrait de vraies perspectives pour ces entreprises. » Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense, avait annoncé le 7 février 2006 au Sénat « qu'un suivi médical des opérateurs indiens sera mis en place : un examen médical aura lieu au début du chantier, un autre à la fin du chantier puis un autre un an après la fin des opérations ». Le 8 février 2006, Dominique Girard, ambassadeur de France en Inde, s'est déplacé à Alang sur le site du chantier de démolition de l'ex-Clemenceau. Ce même jour, l'amiral Oudot de Dainville, chef d'état-major de la marine a présenté le projet de démantèlement de l'ex-Clemenceau à la mission amiante de l'Assemblée Nationale. Le 26 janvier 2006, le porte-parole du ministère a rappelé qu'au cours de l'audition organisée par le comité d'experts de la Cour Suprême, l'ambassadeur de France avait indiqué que l'Etat français assurerait un contrôle indépendant du chantier de désamiantage. Par ailleurs, l'ambassadeur avait proposé, si les autorités indiennes le demandent, que les produits contenant de l'amiante dégagés lors des opérations de démantèlement soient rapatriés et traités en France. Le lundi 23 janvier à 00H18 locales, la coque de l'ex-Clemenceau a débuté sa traversée du canal de Suez, tractée par des remorqueurs égyptiens. Elle est entrée en mer Rouge le mardi 24 janvier au matin. Le dimanche 15 janvier 2006, l'Egypte a autorisé le passage de l'ex-Clemenceau dans le canal de Suez. Le ministre de l'environnement égyptien a déclaré que « le navire ne constitue pas, dans sa situation légale et technique présente, un danger pour l'environnement en Egypte [...]. Il en résulte l'absence de tout aspect légal ou environnemental direct qui serait en contradiction avec les réglementations de la convention de Bâle ». « Nous nous réjouissons de la concertation que nous avons eue avec les autorités égyptiennes" a déclaré Michèle Alliot-Marie, invitée du Grand Jury -RTL-LCI, le 15 janvier 2006. Les opérations de désamiantage de l'ex-Clemenceau ont été conduites à Toulon par des sociétés spécialisées. Le chantier a duré un an et a représenté 50 000 heures de travail. Toute l'amiante friable, visible et accessible a été retirée, soit 115 tonnes sur un total estimé à 160 tonnes. Restent environ 45 tonnes de produits contenant de l'amiante soit moins de 0,2 % de la masse du navire (26 700 tonnes). Le navire ne comporte ni hydrocarbures, ni PCB (polychlorobiphényls), ni un quelconque agent polluant. La coque Q790 (Clemenceau) a quitté Toulon le 31 décembre 2005. Le ministère de la défense précise que « la marine nationale est le premier armateur qui a décidé de faire un désamiantage préalable avant le démantèlement d'un navire, en assurant le transfert de compétences et d'équipements sur un chantier certifié en Inde. C'est une première mondiale. Véritable dossier pilote basé sur un processus innovant, respectueux de la protection des travailleurs et de l'environnement, le démantèlement de l'ex porte-avions constitue une avancée concrète dans le traitement des navires en fin de vie. » L'ex-porte-avions français est toujours bloqué au large de Alang en Inde, la cour suprême indienne ayant ordonné hier une expertise du navire et interdit son entrée dans les eaux territoriales indiennes avant le résultat de cette expertise. En France, le Conseil d'Etat pourrait prononcer la suspension de son transfert vers un chantier du Gujarat. En effet, aujourd'hui devant le Conseil d'État à Paris, le Commissaire du gouvernement a recommandé la suspension du transfert du porte-avions en Inde. Le Conseil d'État se prononcera cette semaine sur la requête de quatre associations écologistes opposées au désamiantage du navire à l'étranger. Au sein même du gouvernement, le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, estime que tôt ou tard le rapatriement du Clemenceau s'imposera.
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