Epidémie de Chikungunya à La Réunion - 07 février 2006 - 09:49

Epidémie de Chikungunya à La Réunion avec un point sur la situation au 6 février 2006 par l'Institut de Veille Sanitaire (InVS). Pour l'InVS, le virus Chikungunya a circulé dans la région sud-ouest de l'Océan Indien au début de l'année 2005, avec des foyers épidémiques identifiés aux Comores, à Maurice, aux Seychelles, à La Réunion et à Mayotte. Jusqu'à la fin de l'année 2005, les Comores, l'île Maurice, les Seychelles et Mayotte n'ont pas identifié de nouveaux cas. Depuis début janvier 2006, il y a une nouvelle circulation du virus chikungunya dans la région, avec des cas identifiés aux Seychelles, à Maurice et à Mayotte. A Mayotte, plusieurs dizaines de cas sont de nouveau identifiés depuis le début de l'année 2006. Parmi ces cas, seuls 3 ont été confirmés biologiquement. Les mesures de lutte antivectorielle contre le virus et son hôte le moustique ont été renforcées depuis le début de l'année.

L'InVS ne confirme donc toujours pas que la mort de l'enfant de neuf ans, qui remonte au 13 janvier, soit liée au virus chikungunya contrairement aux déclarations vendredi soir dernier de l'Agence régionale de l'hospitalisation (ARH) qui disait que ce décès « peut être directement liée au chikungunya ». L'ARH précisait que « la famille a refusé l'autopsie et les analyses effectuées n'ont permis d'identifier aucune autre cause ». Habitant dans l'est, il était semble-t-il en bonne santé. Mais après l'apparition de douleurs, son état s'est rapidement dégradé. Ila été admis le 13 janvier au centre hospitalier départemental, et le petit garçon est mort en quelques heures. Vingt-cinq autres décès liés au virus ont été recensés au 3 février par l'ARH depuis le début de l'épidémie, mais le chikungunya n'était qu'une cause associée à la mort, les personnes étant très affaiblies ou souffrant de maladies graves.


Epidémie de Chikungunya sur l'île de La Réunion

Un comité scientifique devrait prochainement mis en place pour étudier les cas de décès mentionnant le chikungunya. Hier les enfants ont repris le chemin de l'école, des écoles qui ont toutes été démoustiquées sur l'Ile de la Réunion, soit 533 écoles et 112 collèges et lycées. Ce sont quelque 230.000 élèves de la Réunion qui ont repris le chemin de l'école le lundi 6 février, avec une semaine de retard pour désinsectisation des établissements scolaires. Malgré la menace du chikungunya, les taux d'absentéisme des élèves et enseignants étaient sensiblement similaires aux moyennes habituelles.

Pour l'InVS, depuis le début de l'épidémie à La Réunion, la maladie a connu 4 phases successives de transmission :

  • une phase pré épidémique du 22 février au 27 mars 2005 avec l'identification de 14 cas
  • une phase épidémique du 28 mars au 10 juillet 2005 avec un pic atteint la semaine du 9 au 15 mai et l'identification d'un peu plus de 3.000 cas ;
  • une recrudescence épidémique depuis le début du mois d'octobre, à la fin de l'hiver austral, avec en moyenne 200 cas identifiés par semaine ;
  • depuis la fin du mois de décembre, on assiste à nouveau à une augmentation très importante du nombre hebdomadaire de nouveaux cas, les conditions climatiques actuelles étant favorables à la prolifération du moustique vecteur.

Selon l'InVS, le système de vigilance, instauré dès mars 2005 et reposant sur la recherche active de cas, a du être adapté début janvier 2006 en raison de la recrudescence épidémique. Dorénavant, la surveillance est donc basée sur le réseau de médecins sentinelles qui permettra de suivre au mieux les tendances de l'épidémie. Entre le 28 mars et le 29 janvier 2006, 682 cas ont été notifiés par les médecins du réseau sentinelle de l'île de la Réunion. Une estimation à partir d'un modèle mathématique, basé sur les séries historiques, permet d'évaluer le nombre total de cas présentant des signes compatibles avec une infection à Chikungunya depuis le début de l'épidémie (qu'ils aient ou non consulté un médecin) à environ 50.000 cas, dont près de 15.000 cas lors de la quatrième semaine de janvier. Parmi l'ensemble de cas, seuls 2 .36 ont été confirmés biologiquement.

L'épidémie atteint désormais tous les arrondissements, y compris ceux de Saint-Paul et de Saint-Denis qui étaient jusque là épargnés depuis la reprise épidémique à la fin de l'hiver austral. L'arrondissement de Saint-Pierre reste actuellement le plus touché.

La surveillance de la maladie à La Réunion a permis de détecter, parmi l'ensemble des cas recensés depuis le début de l'épidémie, 22 formes graves (13 nouveaux nés et 9 adultes) ayant conduit à une hospitalisation dans un service de réanimation. Parmi les 13 nouveaux nés, 9 ont présenté des tableaux de méningo-encéphalite. La transmission materno-fœtale est probable pour 10 de ces 13 nouveaux nés, alors que pour les 3 autres cas, une contamination par piqûre de moustiques est très vraisemblable. Les analyses de confirmation de ces formes graves sont réalisées au centre national de référence des arbovirus (CNR) en métropole. L'évolution a été favorable à ce jour pour l'ensemble de ces formes graves.

Par ailleurs, les médecins signalent un risque de décompensation lié aux effets de l'infection aiguë sur l'état général des personnes vulnérables, en particulier les personnes âgées, les nouveaux nés, les personnes immunodéprimées, ….

Il n'existe ni vaccin ni traitement préventif contre l'infection à Chikungunya. Les mesures de contrôle reposent donc sur les efforts couplés de lutte antivectorielle et de lutte communautaire afin d'éliminer les gîtes de moustiques. Depuis la fin de l'hiver austral, les mesures de lutte anti-vectorielle ont été considérablement renforcées, mais doivent venir en complément des mesures de lutte communautaire également indispensables. L'ensemble de la population est concerné et doit poursuivre les actions quotidiennes de destruction des gîtes potentiels autour des habitations (eau stagnante dans les soucoupes, vases, seaux, détritus, ...). Dans ces conditions, les mesures de prévention individuelle contre les piqûres de moustique sont très importantes et doivent être prises de façon quotidienne: spray et crèmes, diffuseurs électriques, serpentins, vêtements longs et moustiquaires… Les femmes enceintes et les très jeunes enfants doivent faire l'objet de mesures particulièrement renforcées et adaptées. Le moustique vecteur pique la journée, essentiellement à l'extérieur des maisons, avec une activité plus importante en début de matinée et en fin de journée.

A propos de la maladie du Chikungunya : Le virus Chikungunya, qui signifie en swahili marcher courbé, en raison des fortes douleurs articulaires qu'il provoque, est un arbovirus transmis par un moustique du genre Aedes. Il circule surtout en Afrique de l'Est, en Asie du Sud-est et dans le sous-continent indien. Environ 4 à 7 jours après la piqûre de moustique infectante, une fièvre élevée apparaît brutalement. S'y associent alors d'importantes douleurs articulaires et musculaires qui touchent les extrémités des membres (poignets, chevilles, phalanges), des oedèmes, des céphalées et, parfois, une éruption cutanée. Des hémorragies bénignes à type d'épistaxis et de gingivorragies peuvent survenir, surtout chez les enfants. L'évolution spontanée de la maladie est le plus souvent favorable mais des formes chroniques existent, caractérisées par des arthralgies persistantes, récidivantes et parfois invalidantes. Aucun cas mortel d'infection à Chikungunya n'a été rapporté lors des épidémies précédentes. La prise en charge thérapeutique repose essentiellement sur la prescription d'anti-inflammatoires non stéroïdiens afin de soulager les douleurs.

Vous aussi réagissez sur les actualités de l'environnement, du développement durable et de la santé !

Lire aussi sur ce sujet :

Réagir à cet article, donner son opinion ?
Cliquer ici
Recevoir la newsletter de l'environnement ?
Cliquer ici
Lire tous les articles liés à cette thématique ?
Cliquer ici

Tous les lundis, les actualites condensées de l'environnement

Actualités en environnement écologie et développement durable

Actualités news environnement avec les informations et les nouvelles en environnement et le journal de l'écologie avec les nouveautés du développement durable.

Le journal gratuit des actualités de l'environnement, de l'écologie et du développement durable.
Sans encre ni papier pour préserver au mieux l'environnement.



Mentions légales | Nous contacter | Qui sommes-nous ? |  Flux RSS
Chiffres-clé | Recommander ce site | Avis de nos lecteurs | Liens sur internet


  Actualités et News de l'environnement Actualités quotidiennes en environnement développement durable et santé : plus de 17.500 abonnés reçoivent la lettre des actualités hebdomadaires gratuites de l'environnement. Plus de 2.200.000 visiteurs uniques en 2007.

S'inscrire à la Newsletter gratuite
L'avis de nos lecteurs
Envoyer un communiqué de presse


Publicité


Forum : à vous la parole ! Vous souhaitez réagir à un article, ouvrir le débat sur un thème qui vous est cher...

> Participez au forum de l'environnement


Partenaires des actualités de l'environnement. LesNewsdunet
. Paradis Web
. Mon Environnement
. NextNews...

Tous les partenaires d'Actualités News > ici


© RecyConsult / 2000 - Enregistré à la CNIL n°893989
  recyconsult.png, 2 kBTous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites sur cette page (contenus, photos, logos .) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par RECYCONSULT. Aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de RECYCONSULT.
Les sites du réseau
Portail-environnement.com
. Actualités
. Annuaire
. Dictionnaire
. Emploi / stage
. Enfants
. E-formation
. Forum
. Guides techniques
. Librairie
. Liens Internet
. Management SME
. Management SMI
. Management SMSST
. Référencement
. Réglementation
. Bourse
. Eco Business
recherche