Clemenceau victoire de Greenpeace au Tribunal de grande Instance et rappel à l'ordre de l'Europe - 02 février 2006 - 18:52

Pour Greenpeace, c'est la victoire de la justice contre l’Etat : le Tribunal de grande Instance (TGI) « refuse la loi du silence sur le Clemenceau ». Clemenceau, le Tribunal de grande Instance de Versailles donne raison aux associations. Greenpeace nous fait part de ses réactions après cette décision et une rencontre au ministère de la défense ce matin même. « Alors qu’en Inde la plupart des syndicats de travailleurs réclament, lors d’une conférence de presse tenue aujourd’hui à 10h30 (heure de Paris), le retour du Clemenceau en France, l’Etat français, à travers son ministère de la défense, continue d’afficher le plus profond cynisme sur ce dossier. C’est pourquoi une vingtaine d’activistes de Greenpeace participent le ministère de la défense alors que s’y tenait aujourd’hui le point presse de son porte parole. Revêtus de combinaisons blanches marquées du message « l’amiante tue » et d’un drapeau indien, ils veulent symboliser l’évidence : le Clemenceau est mort mais l’Etat français se moque qu’il fasse de nouvelles victimes. »

« Nous sommes là pour dénoncer la gestion froide et cynique de ce dossier par le ministère de la défense. Ce n’est qu’exercices de communication, de pseudo annonces, de non-réponses sur les questions de fond » déclare Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace France. « La réalité de la politique française sur ce dossier, c’est le mépris pour les travailleurs indiens, la violation du droit international, la négation du droit à l’information défendu par le TGI de Versailles ! »


Clemenceau victoire de Greenpeace au Tribunal de grande Instance et rappel à l'ordre de l'Europe

« Les syndicats de travailleurs en Inde et en France rappellent que le besoin vital de travailler se justifie en rien que les droits du travail, la santé, la sécurité et l’environnement des travailleurs soient bafoués. Comme l’opinion publique, ils sont mobilisés pour que ce poison flottant n’arrive pas en Inde » ajoute Yannick Jadot. « Interpellé il y a deux semaines par les victimes de l’amiante, le Président de la République Jacques Chirac ne s’est toujours pas exprimé sur ce scandale. Quelles valeurs incarnera-t-il lors de son voyage officiel en Inde ? »

D’autre part, la Commission européenne vient d’annoncer qu’elle enquête sur la légalité de l’envoi du Clemenceau en Inde et va donc rapidement demander des explications formelles au gouvernement français. La Commission européenne préciserait, d‘après Greenpeace, que si la France donne des explications jugées insuffisantes, elle s’exposerait à une saisine de la cour européenne de Justice et donc à d’éventuelles sanctions. Elle rajoute que l’envoi du Clemenceau pourrait constituer une infraction à la législation sur le transports des déchets dangereux.

Cette enquête européenne renforce la demande de Greenpeace : La France doit respecter la convention de Bâle. Pour cela, elle doit rapatrier le Clemenceau afin qu’il soit désamianter en France.

Alors que le Tribunal de Grande Instance de Versailles a décidé de ne pas donner suite à la demande de l’Etat français de suspendre la procédure d’expertise indépendante de l’amiante à bord du Clemenceau, ce sont toutes les pièces de la stratégie française qui s’écroulent les unes après les autres.

Pour Greenpeace « La stratégie du silence d’abord. Depuis plus d’un an, l’Etat français a mis toute son énergie à bloquer les procédures juridiques permettant d’en savoir plus sur les quantités de produits toxiques à bord du Clemenceau, seule manière de justifier un impossible chiffre de 45 tonnes d’amiante restante. Le TGI vient de sonner le glas de la dictature du silence. »

Greenpeace ajoute que « La stratégie du mépris des travailleurs indiens enfin, sur le mode « un sale boulot vaut mieux que pas de boulot du tout ». Dans une conférence de presse tenue aujourd’hui, les syndicats indiens (All India Trade Union Congress -AITUC-, Centre of Indian Trade Unions -CITU- et New Trade Union Initiative –NTUI) ont annoncé le lancement d’une campagne de mobilisation pour stopper l’entrée du Clemenceau dans les eaux territoriales indiennes qui pourrait atteindre son apogée lors de la visite du Président Chirac en Inde dans moins de trois semaines (visite du 19 et 20 février). Les déclarations des syndicats indiens sont extrêmement dures et condamnent l’arrogance et les mensonges de l’Etat français. Ils ont plaidé pour la décontamination du Clemenceau en France. »

« La stratégie française menée par le ministère de la défense au nom de l’Etat français tourne à la déroute. Les pièces d’une stratégie improvisée, niant le droit européen –et donc français- et le droit international, méprisant la fierté des travailleurs indiens et sous-estimant incroyablement la capacité de l’opinion publique française et indienne à refuser l’inacceptable, tombent l’une après l’autre. Encore combien de temps le Président de la République laissera-t-il la France se crédibiliser et se ridiculiser ? » s’interrogent les porte-parole d’Andeva, Ban Asbestos, Comité anti-amiante Jussieu et Greenpeace.

Principales citations des organisations syndicales indiennes d’après Greenpeace :

Le All India Trade Union Congress (AITUC), le Centre of Indian Trade Unions (CITU) et le New Trade Union Initiative (NTUI), les principales organisations syndicales indiennes ont organisé ce matin à New Delhi une conférence de presse où elles ont tenu des propos extrêmement durs à l’encontre du gouvernement français. Elles ont également annoncé qu’elles mèneraient des actions de protestation pour empêcher l’accès du Clemenceau dans les eaux territoriales indiennes.
« La manière dont le gouvernement français a menti aux autorités indiennes sur le tonnages global d’amiante et les quantités de produits toxiques présentes à l’intérieur du Clemenceau est abominable. Plus grave, les autorités n’ont pas mené d’inventaires préalables avant les travaux. Une procédure pourtant obligatoire dans le cadre de la convention de Bâle et de la législation indienne » a indiqué PK Ganguly, responsable du CITU.

« Le gouvernement français a délibérément menti aux autorités égyptiennes en leur présentant de vieux documents afin d’obtenir le passage dans leurs eaux territoriales. Nous ne laisserons pas ce bateau entrer dans les eaux indiennes avant qu’une décontamination préalable ne soit faite et que les informations concernant la réelle toxicité du navire soient rendues publiques », a rajouté le responsable.

« La structure du bateau est composée d’un cocktail de produits chimiques incluant de l’amiante et des PCP auquel seront exposés nos travailleurs qui participeront au démantèlement du navire à Alang, explique H Mahadevan responsable de l’AITUC. Nous sommes particulièrement concernés par leur sécurité et leur santé. Nous demandons donc par conséquent que le bateau soit décontaminé en France avant qu’un tiers n’examine la coque avant de le laisser entrer dans les eaux territoriales ».

Dans une lettre adressée au premier ministre Mr Manmohan Singh le 14 janvier dernier, les organisations lui ont demandé d’intervenir urgemment dans ce dossier. « Le gouvernement indien peut-il rester silencieux sur la manière dont l’on joue avec la santé et la vie de ses ouvriers ? La santé et la vie des ouvriers de ce pays pèsent-elles si peu pour son gouvernement ? » s’est interrogé D Thankappan, responsable du NTUI.

Pour ceux qui n'auraient pas suivis la saga de l'ex porte-avions Clemenceau, ils retrouveront ci-dessous tous nos articles depuis son désamientage à Toulon.

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