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Cancer de la prostate, le dépistage remis en question ? 

Cancer de la prostate, le dépistage remis en question ?Cancer de la prostate, le dépistage remis en question ?
La polémique ne cesse d’enfler autour des bénéfices d’un test de dépistage du cancer de la prostate : d’après une étude américaine, ce dépistage n’a aucune influence sur le taux de mortalité, tandis qu’une étude européenne affirme qu’il permet de réduire la mortalité de 20%.

Deux études de haut niveau s’intéressant aux bénéfices d’un test de dépistage pour le cancer de la prostate ont donné des résultats opposés à propos de la capacité de ce test à sauver des vies, d’après ce que des chercheurs ont déclaré mercredi.

 

Les deux études, l’une réalisée en Europe et l’autre aux Etats-Unis, cherchaient à mettre fin à un débat de longue haleine concernant les bénéfices d’un test sanguin mesurant la PSA, une protéine prostatique, dont le taux dans le sang est augmenté en cas de cancer.

 



 

Les deux études ont été publiées en ligne sur le site du New England Journal of Medicine.

Les premiers résultats d’une étude menée aux Etats-Unis suggèrent qu’un programme annuel et agressif sur six ans de dépistage pour le cancer de la prostate permet de diagnostiquer plus de cas de cancers de la prostate mais ne permet pas de sauver des vies.

 

Un groupe d’expert américain avait recommandé l’an dernier aux médecins d’arêter de dépister les hommes de plus de 75 ans.

 

Dans l’étude européenne au contraire, un programme moins agressif de dépistage de la PSA réalisé tous les quatre ans montre que le dépistage de cette protéine réduit la mortalité de 20% dans les cas de cancers.

 

Les médecins ont pris l’habitude de recommander le dépistage de la PSA chez les hommes de plus de cinquante ans, croyant que le diagnostic précoce et le traitement agressif d’un cancer est toujours une meilleure chose que d’attendre que le cancer ne se manifeste.

 

Mais une grande partie des tumeurs de la prostate se développent lentement et mettent des années à affecter l’individu. Certaines études suggèrent qu’un grand nombre d’hommes vivent avec les effets secondaires de traitements agressifs tels que la radiothérapie ou la chirurgie, pour des cancers qui ne les auraient peut-être même pas tués.

 

Un groupe d’expert américain avait recommandé l’an dernier aux médecins d’arêter de dépister les hommes de plus de 75 ans.

 

L’étude américaine publiée mercredi, dirigée par le Dr. Gerald Andriole de l’Ecole de Médecine de l’Université de Washington à St. Louis, et ses collègues, confirme que les hommes plus âgés peuvent se passer du test de dépistage.

 

« Le message important est que pour les hommes dont l’espérance de vie n’est plus que de sept à dix ans, il n’est probablement pas nécessaire de faire un dépistage du cancer de la prostate » a indiqué le Dr. Andriole.

 

L’étude américaine a débuté en 1992 et impliquait 75 000 âgés de 55  à74 ans, à qui on a fait subir soit un test sanguin de dépistage du cancer de la prostate, soit des soins de routine, ce qui signifie qu’on ne leur faisait subir le test que lorsque leur médecin le leur recommandait.

Après sept à dix ans, le taux de mortalité était faible et il n’y avait pas de différence significative entre les deux groupes d’hommes.

 

Parallèlement, l’étude européenne a débuté en 1990 et impliquait une population de 162 000 hommes, en majorité blancs, âgés de 55 à 69 ans, et venant de sept pays. Les premiers résultats de cette étude ont montré qu’un dépistage de la PSA tous les quatre ans permettait de réduire le taux de mortalité lié au cancer de la prostate de 20%. C’est la première fois que des données scientifiques permettent de montrer que le test de dépistage réduit le risque de mortalité.

 

Mais des résultats précédents de cette étude montrait qu’environ 30% des tumeurs détectées sont d’une espèce non agressive et à croissance lente.

 

« Il est encore très clair dans ces deux études qu’il y a beaucoup de sur-diagnostics » a déclaré le Dr Edward Gelmann de l’Ecole de Médecine de l’Université de Georgetown, qui a travaillé sur l’étude américaine.

 

« Il est également sûr que certains hommes souffrent des effets secondaires du traitement sans en bénéficier réellement ».

 

«L'étude européenne, même si les résultats sont préliminaires, est très intéressante. Elle confirme un certain nombre d'éléments dont nous avions l'intuition dans notre pratique quotidienne » indique de son côté le professeur Marc Zerbib, de l’hôpital Cochin à Paris.

 

« Tout le problème, une fois que l'on a découvert un cancer, est de savoir si on va le traiter, et comment.».

 

D’après le professeur Guy Vallancien, de l’Institut Montsouris à Paris, «le vrai débat n'est pas de savoir s'il faut dépister ou non, mais de se demander face à chaque cas, s'il faut traiter ou pas.»

 

La polémique semble donc loin d’être finie…



Voir aussi :
 - Un nouveau type de cellules souches musculaires a été découvert
 - La grippe A responsable d’une augmentation de 28% des décès d’enfants en Europe

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