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Faire de l’agriculture une ressource alternative au pétrole en République du Congo 
L’agriculture comme ressource alternative au pétrole en République du CongoL’agriculture comme ressource alternative au pétrole en République du Congo
Faire de l’agriculture une ressource alternative au pétrole en République du Congo. La hausse des prix des denrées alimentaires, associée à une baisse prévue des recettes pétrolières, interpelle plus que jamais les autorités de la République du Congo à faire de l'agriculture une priorité.

En raison de la manne pétrolière, la République du Congo est devenue un pays d’importation qui n’arrive pas à produire suffisamment de produits agricoles pour nourrir sa population.

 

La hausse des prix des denrées alimentaires, associée à une baisse prévue des recettes pétrolières, interpelle plus que jamais les autorités de la République du Congo à faire de l'agriculture une priorité. La Banque mondiale vient de fournir 20 millions de dollars pour aider la production alimentaire locale en République du Congo.


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L’économie congolaise dépend très largement du pétrole. La part des revenus issus du pétrole contribue à près de 76% au budget de l’Etat, le reste reposant sur une agriculture de subsistance, un artisanat, ainsi que sur un secteur industriel s'appuyant largement sur les hydrocarbures. L’or noir représente 67 % du produit national brut et 95 % des exportations.

 

Faire de l’agriculture une ressource alternative au pétrole en République du Congo La hausse des prix des denrées alimentaires, associée à une baisse prévue des recettes pétrolières, interpelle plus que jamais les autorités de la République du Congo à faire de l'agriculture une priorité

 

Or les spécialistes prévoient pour l’horizon 2015 le tarissement de cette manne. En prévision de la baisse de la production du pétrole et de la décroissance de son influence à cause de l’apparition de nouvelles sources d’énergie et de combustion tels le nucléaire civil, l’éthanol… le Congo doit véritablement engager la réflexion sur l’après-pétrole.

 

Par la faute de la manne pétrolière, le Congo est devenu un pays d’importation qui n’arrive pas à produire suffisamment de produits agricoles pour nourrir sa population. Le pays dépense plus de 100 milliards de FCFA (environ 200 millions de dollars) par an en importations de produits alimentaires. Pourvu de terres fertiles et d’eau en abondance, l’environnement congolais est favorable à l’agriculture. Mais malgré cette évidence, une part importante des légumes en vente sur les marchés de Brazzaville provient de Kinshasa (RD Congo), de l’autre côté du fleuve et du Cameroun. L’oignon, l’ail, l’arachide et la viande de bœuf sont, eux, importés du Tchad.

 

Devant la crise alimentaire qui devient chaque jour plus évidente dans le pays, la mise en œuvre d’un programme de culture vivrière intensive s’impose pour y remédier. "Pour éviter que le pays continue à importer massivement des denrées alimentaires, les autorités congolaises doivent investir une partie de la manne pétrolière dans les projets agricoles", estime un agent du ministère de l’Agriculture et de la Pêche.

 

C’est ainsi que le Projet de développement agricole et de réhabilitation des pistes rurales (PDARP) a vu le jour le 17 décembre 2008. Premier projet financé par la Banque mondiale dans le secteur agricole congolais depuis les années 90, il a pour objet d'aider la République du Congo à offrir aux populations rurales des possibilités d’accroître leurs revenus en leur fournissant des technologies agricoles améliorées et des infrastructures de marché, et en formulant et mettant en œuvre des politiques et un programme de dépenses agricoles conçus pour réduire la pauvreté.

 

Le Projet de développement agricole et de réhabilitation des pistes rurales (PDARP) est financé par un don de l'Association internationale de développement (IDA) de 20 millions de dollars et un cofinancement de l’État congolais de 20 millions de dollars (soit un montant total de 40 millions de dollars). Il sera exécuté sur une période de cinq ans sur huit des dix départements administratifs du pays.

 

"La relance et le développement de l'agriculture ne sont pas un simple jeu de mots. La création du Fonds de soutien à l'agriculture (FSA) est une voie sûre qui conduit à la réalisation de ce dessein. L'objectif final étant d'atteindre l'autosuffisance alimentaire", a déclaré Emmanuel Mayoulou, directeur général du FSA, créé le 28 décembre 2008 avec comme mission d’apporter une réponse aux déficits vivriers et à la volatilité des prix des produits agricoles.

 

Toujours dans le même objectif, le gouvernement congolais a lancé au cours du premier semestre 2008, le Programme national de sécurité alimentaire (PNSA), en partenariat avec la FAO. Prévu pour cinq ans, le PNSA vise : à intensifier la production des cultures vivrières dans chaque village avec l’appui des techniciens vietnamiens ou chinois ; à réhabiliter les routes rurales ; à mettre en place les structures de commercialisation et de distribution d’intrants, etc.

 

L’engouement et la grande mobilisation du gouvernement et des partenaires au développement du Congo pour le développement du secteur agricole est la preuve de l’importance que revêt ce secteur comme alternative au pétrole. En effet le développement du secteur agricole s'inscrit dans les objectifs de la Stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP) qui accorde une augmentation des investissements publics dans l'agriculture et le développement rural pour réduire la pauvreté et contribuer à la réalisation de l'objectif de développement pour le Millénaire (ODM) qui consiste à réduire de moitié la proportion de la population vivant dans la pauvreté et de réduire la proportion de la population souffrant de la faim.

 

La production agricole autour de Brazzaville est insuffisante et saisonnière et les surfaces réservées au maraîchage à Brazzaville se réduisent chaque jour. Dans la partie nord de la ville, "les maisons poussent sur les espaces où l’on fait des jardins et cela réduit considérablement la production", s’inquiète François Rasolo, représentant de la FAO au Congo.

 

Les cultures vivrières (en premier lieu manioc, puis igname, maïs, arachide, paddy, etc.) occupent 75% des superficies cultivées, le reste étant consacré aux cultures de rente telles que la canne à sucre, l’huile de palme, le cacao et le café (ces deux dernières cultures sont toutefois en fort déclin). A l’exception du manioc dont la production a connu une sensible augmentation ces dernières années, pour l’ensemble des cultures vivrières, la tendance générale est à la baisse. Le petit élevage (petits ruminants, porcins, volaille) est également pratiqué autour des habitations, aussi bien dans les quartiers périphériques de Brazzaville qu’en milieu rural. Le système de production en forêt est fondé sur la culture itinérante sur brûlis, avec le recours à de longues périodes de jachère.

 

Les principales contraintes auxquelles sont confrontés les petits producteurs sont l’accès aux marchés, le manque de capacités de stockage et de commercialisation et de transformation des produits, les difficultés d’approvisionnement en intrants et en petits équipements agricoles, le faible accès aux services financiers et aux technologies appropriées.

 

Le projet PDARP entend combler le vide par le biais de ses quatre composantes. La première composante (4,71 millions de dollars) permettra de renforcer les capacités dont dispose le ministère de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Élevage pour mettre en œuvre des politiques favorables aux pauvres et assurer une gestion rationnelle et efficace des programmes d'investissement dans le secteur.

 

La deuxième composante (15,94 millions de dollars) couvre la remise en état des routes rurales ainsi que la construction et la réhabilitation des infrastructure des marchés ruraux, pour donner aux agriculteurs plus de possibilités de tirer des revenus de leur production et un accès à des facteurs de production agricole d’un coût abordable.

 

La troisième composante (7,6 millions de dollars) aidera les producteurs ruraux, en particulier ceux qui pratiquent une agriculture de subsistance, à accroître leur productivité et les revenus qu’ils tirent de l'agriculture. Les activités qui seront généralement financées dans le cadre de cette composante comprennent la génération et la diffusion de technologies de production améliorées et d'informations sur le marché ainsi que le renforcement des capacités des organisations de producteurs.

 

La quatrième composante (4,7 millions de dollars) visera à assurer une gestion et une coordination efficaces des activités du projet, grâce notamment à la mise en place de quatre unités d'exécution régionales qui seront chargées d'appuyer et de coordonner les opérations sur le terrain, de préparer et de rapprocher les programmes de travail et les budgets annuels et de maintenir l'attention ciblée sur l'obtention de résultats.



Voir aussi :
 - Virus de Schmallenberg : de nombreux élevages du nord de la France touchés par l'épidémie
 - Lancement de la campagne « Les pesticides, apprenons à nous en passer ! »

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