Les objectifs du futur président des Etats-Unis, Barack Obama, visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 sont inadéquates pour lutter contre le changement climatique, d’après ce qu’ont déclaré les délégués chinois et indiens lors du sommet des Nations Unies à Poznan en Pologne.
Les nations en développement ont bien accueilli le projet de Barack Obama visant à imposer des objectifs plus stricts que ceux fixés par le Président G.W. Bush mais ont ajouté que son but de ramener les émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis aux niveaux de 1990 d’ici 2020, n’était pas assez ambitieux pour éviter les conséquences dangereuses du changement climatique.
« Ce plan est plus ambitieux que celui proposé par le Président Bush mais il n’est pas suffisant pour réaliser l’objectif de réductions urgentes et sur le long terme des émissions de gaz à effet de serre » a déclaré He Jiankun de l’Université de Tsinghua qui est membre de la délégation chinoise à Poznan.
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Barack Obama prévoit également de réduire les émissions américaines de 80% par rapport aux taux de 1990 d’ici 2050.  |
Les émissions américaines, provenant principalement de la combustion des carburants fossiles, sont environ supérieures de 14% aux taux de 1990.
Barack Obama prévoit également de réduire les émissions américaines de 80% par rapport aux taux de 1990 d’ici 2050.
« Ce n’est pas assez ambitieux par rapport aux objectifs du Protocole de Kyoto, mais étant donné l’immobilisme des huit années de l’administration Bush, c’est un progrès » a commenté Dinesh Patnaik, directeur au Ministère des Affaires Etrangères de l’Inde.
Les Etats-Unis sont la seule nation industrialisée à ne pas avoir ratifier le Protocole de Kyoto, qui engage 37 nations développées à réduire leurs émissions d’ici 2012, dans le cadre de la première étape du Protocole, qui vise à éviter les canicules, sécheresses, tempêtes plus intenses et l’augmentation du niveau des mers qui devraient accompagner le changement climatique.
Les nations en développement qui participent au sommet de 187 nations ont déclaré que les nations riches devraient se fixer des objectifs encore plus ambitieux, visant à réduire de 25% à 40% leurs émissions d’ici 2020 par rapport aux taux de 1990, pour ne plus être dépendantes des carburants fossiles, et ce en dépit de la crise financière.
La Chine et les Etats-Unis sont les principaux émetteurs de gaz à effet de serre du monde devant l’Inde et la Russie. Mais les émissions des Etats-Unis par tête sont presque cinq fois supérieures à celles de la Chine et les nations en développement affirment que les nations plus riches sont responsables de la majorité des gaz à effet de serre qui ont été accumulés dans l’atmosphère depuis la Révolution Industrielle.
Le sommet de Poznan en Pologne, vise à passer en revue les progrès réalisés à la mi-parcours d’un processus de deux ans de négociations ayant pour but d’élaborer un nouveau traité international de lutte contre le changement climatique, pour succéder au Protocole de Kyoto. Le nouveau traité devrait être conclu d’ici la fin de l’année 2009 à Copenhague.
Mercredi, un groupe de 43 îles-nations a demandé des objectifs encore plus stricts de réductions des émissions, en soulignant le fait que l’augmentation des mers pourrait balayer ces îles de la carte.
« Nous ne sommes pas préparés à signer un « traité-suicide » » a commenté Selwin Hart des Barbades, coordinateur de l’alliance des îles-nations.
Cette coalition a déclaré que les nations riches devraient réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici 2020 par rapport aux taux de 1990.
Paula Dobriansky, sous-secrétaire d’Etat américaine pour la démocratie et les affaires internationales, qui dirige la délégation américaine à Poznan la semaine prochaine, a déclaré qu’elle essaierait de faire en sorte que la transition entre les deux administrations se fasse en douceur.
« Nous ne fermerons pas toutes les portes à la nouvelle administration » a-t-elle déclaré. Elle a ajouté que le monde n’avait besoin de « rien de plus qu’une révolution des technologies propres » pour réduire les émissions.
Les dirigeants de l’Union Européenne se sont mis d’accord l’an dernier pour fixer un objectif de réduction des émissions de 5% d’ici 2020 par rapport aux taux de 1990.
Le directeur du Secrétariat des Nations Unies au Changement Climatique, Yvo de Boer, a qualifié l’objectif de Barack Obama « d’ambitieux ».