A l’occasion du Colloque Environnement chimique, reproduction et développement de l’enfant du 25 novembre dernier, la ministre de la santé Roselyne Bachelot a déclaré que « c’était notre intérêt de protéger notre santé et celle de nos enfants ».
Roselyne Bachelot a ouvert le colloque « environnement chimique, reproduction et développement de l’enfant » aux côtés de la secrétaire d’état à l’écologie Nathalie Kosciusko-Morizet.
Et les chiffres font frémir. En effet, selon une étude de 2004 de l’OCDE, entre 1995 et 2020, la production mondiale de produits chimiques augmente de 85%, alors qu’en 50 ans la production de spermatozoïdes a diminué de 50% en moyenne, et l’incidence du cancer des testicules a augmenté de 50% en 20 ans.
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Dans le domaine des perturbateurs endocriniens et de la reproduction humaine, l’environnement chimique est en ligne de mire. C’est pourquoi Roselyne Bachelot a annoncé une série de mesures lors du Colloque Environnement chimique, reproduction et développement de l’enfant  |
Avec Reach, 30000 substances chimiques devront être enregistrées d’ici à 10 ans pour répondre à une directive européenne de 2006 et les industriels devront fournir la preuve de leur innocuité.
Au cours du dernier quart de siècle les préoccupations vis-à-vis de la dégradation de l’environnement et des risques qu’elle fait courir tant sur la santé humaine que sur la biodiversité ont en effet atteint un niveau inégalé dans l’histoire humaine.
Il est vrai que les catastrophes telles que celles de Bophal et de Seveso dans le domaine de l’industrie chimique, ou de Tchernobyl dans celui de l’industrie nucléaire, ont agi comme des piqûres de rappel vis-à-vis d’une crainte beaucoup plus ancienne et diffuse dans la population des pays aux économies développées : et si le développement scientifique, technologique et industriel déréglait en même temps la santé et la planète ?
Depuis une cinquantaine d’années, la production spermatique des hommes aurait diminué de moitié environ, l’incidence du cancer du testicule a augmenté de près de 5%, les malformations génitales des garçons ont également augmenté. Dans les espèces sauvages, la reproduction des poissons et des amphibiens est perturbée.
Depuis le début des années 1990, tant aux Etats-Unis qu’en Europe, la permanence de cette question et du concept de « perturbation endocrinienne » alimente un vif débat sur la détérioration de la santé reproductive humaine, aussi bien dans la communauté scientifique qu’au niveau du public, des média, des instances réglementaires et politiques.
Les perturbations du développement humain programmé par la pollution chimique constituent un point crucial pour les domaines de la recherche et de la prévention, pour 5 raisons :
1. Le développement foetal est constitué de périodes critiques. Les environnements chimique, physique et biologique peuvent influencer ce développement, souvent de façon dramatique, leurs effets étant fonction du temps d’exposition.
2. Le développement foetal est fait de changements permanents ayant des effets à long terme.
3. Lorsque les mécanismes maternels, foetaux et placentaires doivent s’adapter à des perturbations de l’environnement du foetus, cette compensation peut également engendrer des effets secondaires (effets essentiellement négatifs).
4. L’exposition post-natale continue et les mécanismes de compensation qui lui sont associés, peuvent avoir des effets délétères plus tardifs.
5. Les effets de l’environnement sur le foetus sont souvent différents de ceux observés chez l’adulte ou même chez le nourrisson, de plus ces effets peuvent varier entre les foetus de sexe féminin et de sexe masculin.
Et dans le domaine des perturbateurs endocriniens et de la reproduction humaine, l’environnement chimique est en ligne de mire. C’est pourquoi Roselyne Bachelot a annoncé une série de mesures lors du Colloque Environnement chimique, reproduction et développement de l’enfant.
- Création d’un logo d’avertissement pour les femmes enceintes qui sera apposé sur certains produits cosmétiques contenant des substances chimiques dont l’incidence sur la santé est douteuse.
- Saisine de l’agence française de sécurité sanitaire des produits de la santé (AFSSAPS) pour faire réévaluer le risque des cosmétiques pendant la grossesse et chez le jeune enfant.
- Intervention au niveau européen pour que soit connue la composition quantitative et qualitative des cosmétiques.
- Réalisation d’une campagne d’information par l’Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES) sur les risques potentiels liés à l’utilisation pendant la grossesse de certaines substances.
- Insertion dans le carnet de maternité d’une information sur le risque potentiel de l’utilisation de certains produits pendant la grossesse.