Le ralentissement économique mondial sera l’occasion de tester la détermination du monde à faire plus pour lutter contre le changement climatique lors d’une conférence internationale qui aura lieu en Pologne la semaine prochaine, mais l’élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis pourrait nuancer cette morosité ambiante.
La conférence, qui aura lieu du 1er au 12 décembre et qui réunira 8000 délégués à Poznan en Pologne, étudiera les progrès faits en deux ans pour élaborer un nouveau traité de lutte contre le changement climatique d’ici la fin de l’année 2009.
Ce traité, élaboré par les Nations Unies, succédera au Protocole de Kyoto, qui expire en 2012. Jusqu’à présent, de nombreux pays ont promis de lutter contre le changement climatique en dépit des craintes de profonde récession, mais très peu ont pris des mesures effectives de réduction des émissions.
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Il y a des influences positives : Obama a été élu et il a déclaré que la crise économique actuelle n’allait pas affaiblir sa résolution à s’attaquer au problème du changement climatique
Rajendra Pachauri, directeur du GIEC |
Ces mesures sont nécessaires, selon le Groupe Intergouvernemental d’experts des Nations Unies sur l’Evolution du Climat (GIEC), si le monde veut éviter les pires conséquences du changement climatique, telles que les canicules, les sécheresses et l’augmentation du niveau de la mer.
« Je m’attend à ce que la crise économique ait un effet » sur la détermination, a déclaré Yvo de Boer, directeur du Secrétariat des Nations Unies pour le Changement Climatique, à propos de Poznan. Et « les prix en baisse du pétrole signifieront moins d’incitation pour investir dans les énergies renouvelables » a-t-il ajouté.
« A la minute où la crise financière a frappé, les industries ont dit « cela rend difficile d’adopter des objectifs aussi coûteux » » a-t-il commenté.
Parmi les investissements annulés, le Groupe FPL, la plus grande compagnie d’énergie éolienne des Etats-Unis, a réduit de 25% ses dépenses prévues pour 2009. Les actions du plus grand fabricant au monde de panneaux solaires, le groupe chinois Suntech Power Holdings, ont par ailleurs considérablement diminué la semaine dernière.
Pour de nombreuses nations cependant, l’élection de Barack Obama est une raison d’être optimiste –de nombreux alliés des Etats-Unis accusent le Président G.W. Bush de ne pas assez diversifier les sources d’énergie américaines.
Barack Obama a promis de « s’engager vigoureusement » dans les négociations sur le changement climatique lorsqu’il serait président et prévoit un paquet législatif stimulant pour relancer l’économie, qui comprend des emplois dans le secteur de l’environnement.
« Il y a des influences positives : Obama a été élu et il a déclaré que la crise économique actuelle n’allait pas affaiblir sa résolution à s’attaquer au problème du changement climatique » a déclaré Rajendra Pachauri, directeur du GIEC.
Barack Obama a promis de réduire les émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis de 80% d’ici 2050 par rapport au niveau de 1990. Il s’est également engagé à ce que les émissions reviennent aux niveaux de 1990 d’ici 2020.
Rajendra Pachauri a déclaré que Barack Obama pourrait bien être capable de faire encore plus que cela. Selon le GIEC, les nations riches doivent réduire de 25 à 40% leurs émissions d’ici 2020 par rapport aux niveaux de 1990, pour maintenir les températures mondiales de façon à ce qu’elles n’augmentent pas de plus de 2°C, un seuil déjà considéré comme dangereux par certaines nations.
« Peut-être que ce n’est que le début de ce que nous attendons de lui » a ajouté Rajendra Pachauri.
D’après le GIEC, il suffira de dépenser 0,12% du PIB mondial chaque année jusqu’à 2030 pour éviter les pires conséquences du changement climatique.
Le ralentissement économique signifie que les pays « vont avoir de nombreuses excuses pour éviter de faire des progrès. Donc Poznan sera un test » a déclaré Angela Anderson, directrice de la division Changement Climatique du groupe Pew Environment.
Les négociations de Poznan passeront en revue les progrès faits jusqu’à présent et discutera de nouvelles idées de lutte contre le changement climatique.