L’avis de l’ADEME sur le solaire photovoltaïque en France: une technologie encore trop coûteuse aujourd’hui, compétitive à partir de 2020. A l'occasion de la Semaine des énergies renouvelables, qui s’est déroulée du 17 au 22 novembre 2008, l’ADEME a publié un avis sur le développement du solaire photovoltaïque en France.
Selon l’ADEME, si la filière éolienne apparaît comme la plus mâture aujourd’hui, le solaire photovoltaïque représente une opportunité pour atteindre l’objectif de division par 4 de nos émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050.
Ainsi, le Grenelle de l’Environnement a fixé un objectif de développement de la production d’électricité d’origine renouvelable de 7,2 Mtep7 supplémentaires par an d’ici 2020. La contribution attendue du photovoltaïque est de 0,5 Mtep, soit une puissance installée de 5 400 MWc8 en 2020 (contre 46,7 MWc en 2007).
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Selon l’avis de l’ADEME sur le solaire photovoltaïque en France, il s'agit d'une technologie encore trop coûteuse aujourd’hui, qui sera compétitive à partir de 2020. |
Cependant, l’ADEME constate que cette technologie est aujourd’hui encore trop coûteuse pour participer significativement au mixte énergétique national.
La production d’électricité photovoltaïque connaît une croissance importante au niveau mondial depuis quelques années, notamment pour les applications connectées au réseau. L’Allemagne et le Japon dominent le marché avec des acteurs industriels de premier plan dans tous les domaines.
En France, malgré des opérations de démonstration à petite échelle de toits photovoltaïques menées avec succès dans le cadre de projets européens dès les années 90, le marché photovoltaïque était principalement celui des sites isolés en DOM-TOM. Ce n'est que depuis la revalorisation des tarifs d'achat en 2001 et en 2006 que le marché du photovoltaïque sur réseau décolle rapidement. La France, qui dispose d’un bon gisement solaire, a choisi une politique de développement originale : considérer que le photovoltaïque est avant tout un élément du bâtiment, producteur d’électricité.
Concernant les coûts de cette filière, ces dernières années, un problème de pénurie de silicium, suite au développement du photovoltaïque et des applications du silicium en microélectronique, contribue à une augmentation sensible du coût des installations. Afin de répondre à cette pénurie, plusieurs projets ont été lancés, dont le projet Silicium de Provence (SILPRO), soutenu par l’ADEME, qui prévoit l’installation d’une unité de production de silicium polycristallin sur le site d’Arkema dans les Hautes-Alpes (04).
Les coûts de production du photovoltaïque se situent aux environs de 30 c€/kWh. Afin de favoriser la rentabilité des projets, un tarif de rachat de l’électricité produite a été mis en place en 2001 et revalorisé en 2006. D’un montant de 30 c€/kWh (40 c€/kWh dans les DOM et en Corse), il est bonifié de 25 c€/kWh (15 c€/kWh dans les DOM et en Corse) pour les installations intégrées au bâti. Ce dispositif est complété, pour les particuliers, par un crédit d’impôt et une TVA à 5,5%. La bonification introduite par le tarif de rachat est répercutée sur la facture du consommateur d’électricité via la CSPE (contribution au service public de l’électricité).
L’ADEME a simulé le coût pour le consommateur du développement du photovoltaïque à l’horizon 2020. Avec un tarif de rachat stable jusqu’en décembre 2011 puis décroissant de 7,5% par an, la contribution CSPE devrait s’élever à 1 273 millions d’euros, soit 7,95€ par an pour un foyer ne se chauffant pas à l’électricité et 40 € pour un foyer se chauffant à l’électricité.
Afin de rendre la filière du solaire photovoltaïque mâture après 2020, l’ADEME soutient les efforts de recherche et développement, tels que les programmes mis en place en partenariat avec l’Agence nationale de la Recherche, en vue de réduire les coûts des systèmes et d’augmenter leur fiabilité et leur intégration dans le bâtiment.
L’ADEME recommande cette intégration du photovoltaïque au bâti, sans écarter les centrales au sol pour atteindre une partie des objectifs en termes de puissance installée. L’agence recommande toutefois d’être attentif au maintien des sols cultivables, les centrales ne devant pas participer à l’artificialisation de ces sols.
Selon l’ADEME, les scénarios de développement du photovoltaïque à l’horizon 2020 vont de 200 à 300 GWc reliés au réseau dans le monde avec des marchés annuels de 30 à 50 GWc. Les perspectives d’amélioration des performances techniques et économiques des cellules et l’augmentation régulière du prix de l’électricité laissent entrevoir une compétitivité économique située entre 2012 et 2020 selon les marchés.
Pour conclure, l’ADEME considère le photovoltaïque solaire comme une technologie du futur des plus prometteuses, et il importe que la France positionne son industrie dans le secteur.