Les pays riches devraient donner aux nations tropicales des milliards de dollars par an pour sauver leurs forêts, en utilisant des dons d'argent et les marchés mondiaux du dioxyde de carbone pour payer la facture, d'après un rapport publié mardi et commandé par le Royaume-Uni.
Sur le plus long terme, d'ici 2030, les pays en développement devraient également commencer à payer pour aider à créer des forêts mondiales « neutres en dioxyde de carbone » au moyen d'objectifs obligatoires visant à diminuer les taux de déforestation dans le monde et à planter des arbres.
Le déboisement et la déforestation pour les fabriques de bois et les fermes sont à l'origine d'environ un cinquième des gaz à effet de serre accusées d'être responsables du changement climatique, mais l'opinion est divisée sur la façon dont il faut lutter contre ce problème.
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La déforestation continuera tant que le déboisement est plus économique que la préservation des arbres  |
Le rapport publié mardi critique certains échangeurs de carbone et certains groupes écologistes, en disant qu'ils minimisaient les coûts et évitaient les réelles questions mondiales de la corruption et des disputes de territoires.
Le rapport, baptisé « Changement Climatique : financer les fo
rêts mondiales », place beaucoup d'espoir en la notion de marché du carbone, dans lequel les pays riches payent pour que les pays pauvres réduisent leurs émissions de dioxyde de carbone.
« La déforestation continuera tant que le déboisement est plus économique que la préservation des arbres » a déclaré Johan Eliasch, auteur du rapport et représentant spécial du Premier Ministre Gordon Brown pour la déforestation.
Le rapport estime que les financements obtenus grâce aux marchés du dioxyde de carbone pourraient permettre de réduire les taux de déforestation de 75% d'ici 2030. Le rapport demande par ailleurs l'inclusion des forêts dans un nouveau pacte mondial sur le changement climatique, qui devrait être conclu à la fin de l'année prochaine.
Mais il sera nécessaire de compléter les financements obtenus par le biais de ces marchés du dioxyde de carbone par des dons d'argent (à hauteur de 11 à 19 milliards de dollars d'ici 2020).
Les pressions supplémentaires qui pèsent sur les forêts tropicales sont nombreuses.
De plus en plus d'entités veulent déboiser des terres forestières pour y planter de l'huile végétale pour fabriquer du biodiesel, ou encore pour y installer des élevages de bétail pour satisfaire la demande alimentaire croissante dans le monde.
Les marchés mondiaux utilisent l'approche de la carotte, permettant aux pays en développement de gagner des compensations de dioxyde de carbone pour avoir arracher moins d'arbres que dans le passé, et les pays peuvent alors vendre ces compensations aux pays riches, ce qui leur permet de compenser en retour les émissions de gaz à effet de serre qu'ils n'auront pas réussi à réduire au niveau national.
Certains critiques affirment que le coût que le rapport estime à 33 milliards de dollars pour faire cesser la déforestation d'ici 2030 est sous-estimé.
Les compensations devront également récompenser les agriculteurs qui n'auront pas planté de cultures végétales pour produire des biocarburants.
De plus, le rapport n'a pas comptabilisé le coût de la plantation de nouveaux arbres pour remplacer la diminution de l'offre de bois.
« C'est une entreprise énorme à échelle industrielle : les arbres mettent du temps à pousser et planter des arbres et les entretenir coûte cher » indique un expert, qui remet en question les chiffres proposés par le rapport. Selon lui, diviser par deux le taux de déforestation coûterait plutôt 50 à 100 milliards de dollars.
Le rapport recommande par ailleurs que les donneurs des pays riches dépensent 4 milliards de dollars sur cinq ans pour financer la recherche, les corps locaux, et pour résoudre les conflits locaux.