Les réfugiés se rendront en Antarctique d’ici 2030, les Jeux Olympiques seront organisés seulement dans le cyberespace, et l’Australie centrale aura été abandonnée pour cause de sécheresse : voilà ce à quoi pourrait ressembler le monde du changement climatique dans trente ans selon un groupe de chercheurs britanniques.
Le Forum pour le Futur, forum britannique de discussions, et des chercheurs des laboratoires de la compagnie Hewlett-Packard, ont déclaré qu’ils voulaient lancer le débat autour de la manière dont on peut éviter les pires effets du réchauffement climatique, en présentant un ensemble radical d’avenirs possibles.
« Le changement climatique affectera l’économie au moins autant que la crise financière actuelle » écrivent-ils dans leur rapport de 76 pages.
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Le changement climatique affectera l’économie au moins autant que la crise financière actuelle  |
Les scénarios vont d’un passage à l’efficience énergétique, dans lequel les usines de dessalement, fonctionnant à l’énergie solaire, aideront à transformer le Sahara en une immense prairie, jusqu’à un autre scénario dans lequel des réfugiés s’exileront en Antarctique à cause de l’augmentation des températures.
« Nous avons encore une chance d’altérer le futur » a déclaré Peter Madden, directeur du Forum.
« Voilà ce à quoi le monde pourrait ressembler et certaines de ces options ne sont pas très plaisantes ».
Peter Madden a déclaré que la plupart des études au sujet du changement climatique se concentraient sur les découvertes scientifiques concernant les émissions dioxyde de carbone, provenant principalement de la combustion des carburants fossiles, sans prendre en compte les conséquences psychologiques ou sociales de ces changements.
« Les historiens du futur pourraient appeler cette période « les années du changement climatique » » a-t-il déclaré. « Ils pourraient tout aussi bien considérer notre génération comme héroïque ou également nous considérer avec incompréhension et dégoût –comme actuellement nous considérons les personnes qui ont permis l’esclavage ».
Il a ajouté que l’étude du Forum ne cherchait pas à prévoir ce qui va le plus probablement se passer, mais seulement à établir quelques possibilités.
L’étude décline cinq scénarios.
Le premier, celui de l’efficience énergétique, est un monde dans lequel l’innovation technologique aidera à résoudre le problème du changement climatique et à encourager la croissance et la consommation. Le Sahara est une prairie et la côte est des Etats-Unis est « protégée par un mur en béton écologique qui génère de l’électricité grâce à la marée ».
Le second scénario est celui de la transformation des services. Ainsi, les prix élevés des émissions de dioxyde de carbone ont conduit le monde à passer à une économie de services. Les individus n’ont plus de voitures et utilisent des vélos. « L’Australie centrale et Oklahoma ont été abandonnées à cause des pénuries d’eau. Les athlètes restent chez eux pour les premiers Jeux Olympiques virtuels au monde, rivalisant entre eux dans l’espace virtuel, devant des milliards de spectateurs installés dans leur canapé ».
Le troisième scénario est celui de la redéfinition du progrès. Une dépression mondiale (de 2009 à 2018) oblige les individus à adopter des modes de vie plus modernes et à se concentrer sur le bien-être et la qualité de vie. Aux Etats-Unis, les individus « travaillent 25 heures et font 10 heures de volontariat par semaine».
Le quatrième scénario est celui de l’économie de guerre environnementale. Dans ce cas, le monde n’a pas réussi à agir à propos du changement climatique, le commerce mondial s’est écroulé après l’augmentation des prix du pétrole jusqu’à 400$ le baril. Les appareils électriques s’éteignent automatiquement lorsque les foyers dépassent leurs quotas d’énergie. Les réfugiés fuient vers l’Antarctique, alors que la population devrait atteindre les 3,5 millions d’individus d’ici 2040.
Enfin, le cinquième et dernier scénario est celui d’un monde protectionniste. La globalisation est en recul après une réponse peu coordonnée au problème du changement climatique. L’Union Européenne a proposé au Maroc de rejoindre le bloc en échange d’un accès exclusif aux ressources d’énergie solaire jusqu’à 2050.