Cancer du poumon : un lien possible avec la pollution 09/10/2008 15:55 (Par Sandra BESSON)
Cancer du poumon : un lien possible avec la pollution
D’après une expertise collective publiée par l’Inserm la semaine dernière, il est probable que les modifications de l’environnement telles que l’augmentation de la pollution, soient responsables de l’augmentation constatée de l’incidence de certains cancers tels que le cancer du poumon.
D’après une expertise collective réalisée par l’Inserm (Institut national de la santé et la recherche médicale) publiée le 2 octobre de cette année, il est possible que les modifications de l’environnement soient en partie responsables de l’augmentation constatée de l’incidence de certains cancers.
Ainsi, même s’il est difficile de mesurer l’effet de l’exposition à la pollution, l’Inserm, chargée par l’Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail) d’étudier les incidences de neuf cancers en relation avec des facteurs environnementaux, recommande de poursuivre les recherches sur les polluants pour limiter les risques de cancer.
Un lien serait donc probable entre cancer du poumon et pollution.
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La relation entre les facteurs environnementaux et l'incidence des cancers est une problématique importante en termes de santé publique car cela concerne une large part de la population 
Inserm |
Les neuf types de cancer étudiés par l'Inserm ont été sélectionnés en raison de l'augmentation de leur incidence au cours des 25 dernières années : il s’agit des cancers du poumon, des mésothéliomes, des hémopathies malignes, des tumeurs cérébrales, des cancers du sein, de l'ovaire, du testicule, de la prostate et de la thyroïde.
Dans le cadre de cette expertise, l’Inserm a considéré comme facteurs environnementaux : les agents physiques, chimiques ou biologiques présents dans l'atmosphère, l'eau, les sols ou l'alimentation dont l'exposition est subie et non générée par des comportements individuels.
L’expertise portait ainsi à la fois sur les facteurs de l'environnement général et sur ceux présents dans l'environnement professionnel.
Dans son communiqué de presse, l’Inserm rappelle que « l'impact d'un facteur environnemental sur le risque de cancer dépend à la fois de son lien avec ce cancer et de la prévalence d'exposition à ce facteur dans la population. Ainsi, un facteur environnemental conférant une augmentation même faible ou modérée du risque de cancer aura un impact élevé si ce facteur est très répandu dans la population générale. À l'inverse, un facteur cancérogène même puissant aura un impact faible si très peu de personnes y sont exposées ».
Dans son rapport, l’Inserm souligne la difficulté à étudier la relation entre pollution et cancer, notamment à cause d’une absence ou d’une insuffisance de données pour quantifier les expositions sur l’ensemble de la vie des individus exposés à la pollution.
L’Inserm rappelle cependant qu’il s’agit d’une « problématique importante en termes de santé publique car cela concerne une large part de la population ». C’est pourquoi des études plus précises doivent être réalisées sur cette relation entre pollution et cancer.
De nombreuses études ont ainsi montré une association entre les particules atmosphériques –la pollution de l’air- et le cancer du poumon. Ces particules proviennent la plupart du temps des pots d’échappement des voitures, des rejets du chauffage et des industries.
En ce qui concerne l’incidence des cancers en France, l’Inserm indique qu’en 2005, le nombre de nouveaux cas de cancers en France a été estimé à près de 320 000 pour les deux sexes confondus, dont 180 000 chez les hommes et 140 000 chez les femmes.
En prenant en compte les changements démographiques, « l'augmentation du taux d'incidence des cancers depuis 1980 est estimée à +35 % chez l'homme et +43 % chez la femme ».
Quant au cancer du poumon, on comptait 23 937 nouveaux cas en 2005. Chez l’homme son taux d’incidence a augmenté jusqu'à la fin des années 1990, puis diminué sur la période 2000-2005. Chez la femme, ce taux d'incidence a continué à augmenter (4 % par an) sur la période la plus récente 2000-2005.