Une régulation laxiste, désormais accusée de nombre de maux allant de la crise financière que connaissent les Etats-Unis aux importations de produits contaminés provenant de la Chine, avive le mécontentement des opposants du programme environnemental de l’administration de G.W. Bush.
Au cours des derniers mois des deux mandats de présidence de G.W. Bush, on a beaucoup critiqué le fait qu’il se servait de la régulation plutôt que de la législation pour élaborer une politique environnementale.
Ces critiques sont désormais accentuées par la campagne pour l’élection présidentielle des Etats-Unis, qui aura lieu le 4 novembre, les deux candidats (le républicain John McCain et le démocrate Barack Obama) ayant adopté des positions opposées à celles de l’administration actuelle en matière d’environnement.
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La caractéristique de la politique de l’administration Bush en matière d’environnement est un manque de régulation 
Frank O'Donnell, du groupe Clean Air Watch |
L’environnement es un sujet important pour les électeurs américains mais est un thème bien moins prioritaire que leurs deux principaux sujets d’inquiétude –l’économie et l’emploi- d’après un sondage réalisé par PollingReport.com.
Un sondage de la CNN en juillet dernier a néanmoins montré que 66% des américains interrogés affirmaient que l’environnement était une question importante voire très importante pour choisir un président, alors que 93% disaient la même chose au sujet de l’économie.
Sur un grand nombre de questions d’environnement –les émissions de dioxyde de carbone, la protection des espèces menacées, la qualité de l’air, la qualité de l’eau, le nettoyage de la pollution toxique-, les opposants au gouvernement accusent la Maison Blanche de ne pas avoir été capable de renforcer certaines règles et d’en assouplir certaines.
« Les efforts sur le long terme de l’administration Bush pour affaiblir les régulations environnementales ont un coût terrible » dénonce la Sénatrice Barbara Boxer, une démocrate de Californie, qui mène l’opposition contre la politique environnementale de G.W. Bush.
« Si vous ne pouvez pas respirer à cause de la pollution de l’air, alors vous ne pouvez pas aller au travail. Si vos enfants ne peuvent pas respirer, ils ne peuvent pas aller à l’école » a-t-elle précisé.
Frank O'Donnell, du groupe Clean Air Watch, a ajouté que « la caractéristique de la politique de l’administration Bush en matière d’environnement était un manque de régulation ».
Une personne familière de la législation sur le réchauffement climatique a accusé l’administration Bush de chercher à minimiser les mesures de limitations des émissions de gaz à effet de serre qui avivent le changement climatique.
« Ils sont le plus grand obstacle au progrès » a déclaré cette personne, sous couvert d’anonymat. « Ils ont fait tout ce qui leur était possible pour garantir que rien ne se passe ».
James Connaughton, qui dirige le Conseil de la Maison Blanche sur la Qualité de l’Environnement, a vigoureusement rejeté ces accusations, en disant que l’administration Bush avait égalé, voire fait plus que, ses prédécesseurs en matière de politique environnementale, certaines fois par le biais de la régulation et d’autres par l’utilisation d’incitations.
James Connaughton accuse de son côté les Etats américains, et notamment la Californie, pour avoir déterminé des standards environnementaux élevés mais avoir échoué à les respecter.
G.W. Bush avait promis de réguler les émissions de dioxyde de carbone quand il s’est présenté à la présidentielle en 2000 mais a rapidement changé d’avis une fois qu’il était à la Maison Blanche, en disant qu’une réduction obligatoire des émissions de gaz à effet de serre supprimerait des emplois américains et donnerait un avantage injuste aux économies en développement rapide comme la Chine et l’Inde.
La Cour Suprême des Etats-Unis a décidé en avril 2007 que l’Agence pour la Protection de l’Environnement des Etats-Unis (EPA) avait le pouvoir de réguler les émissions de gaz à effet de serre comme étant des polluants s’ils représentaient un danger pour la santé humaine.
L’EPA a reporté la prise de décision de manière à ce que, très probablement, ce type de législation soit laissé aux bons soins du prochain président qui prendra ses fonctions en janvier.
De même le bilan de l’administration Bush dans le domaine des espèces menacées de disparition est très critiqué par les groupes écologistes. Jusqu’à présent, l’administration a ajouté 58 espèces à la Liste des Espèces Menacées, par rapport aux 522 comptabilisées sous l’administration Clinton et aux 231 du Président G. H.W. Bush, le père de l’actuel président, qui n’avait effectué qu’un seul mandat.
En ce qui concerne l’ours polaire, l’administration Bush a attendu jusqu’au 14 mai 2008, soit un jour avant un délai ordonné par un tribunal, pour l’introduire sur la liste des espèces menacées par le changement climatique.