Suite à l’incident nucléaire qui a eu lieu à Fleurus en Belgique, avec le rejet d’iode 131, de l’iode radioactif, dans la nature, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a déclaré s’assurer qu’il n’y avait pas de conséquences côté français et collaborer avec son homologue belge BelV.
L’iode 131 est un isotope important du point de vue radiotoxicologique en raison de sa grande mobilité dans l’environnement, de sa bonne assimilation dans l’organisme et de son accumulation dans la thyroïde.
Le 25 août 2008, l’exploitant de l’Institut des RadioEléments (IRE) en Belgique a informé l’Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire (AFCN) d’un rejet anormal d’iode 131 par la cheminée du bâtiment dans la nature. Selon les informations transmises par l’AFCN, ce rejet en iode radioactif a eu lieu à la suite d’un transfert d’effluents liquides entre cuves.
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L’iode 131 est un isotope important en raison de sa grande mobilité dans l’environnement, de sa bonne assimilation dans l’organisme et de son accumulation dans la thyroïde. |
Selon les informations de l’IRSN, les rejets de matières radioactives dans la nature « ont débuté suite à cette opération de transfert et se sont déroulés sur plusieurs jours. Une estimation de l’activité rejetée a été réalisée par l’exploitant sur la base des dispositifs de prélèvement implantés sur le circuit d’extraction d’air des cuves du bâtiment de servitude. » Ce rejet d’iode radioactif dans la nature en Belgique serait de l’ordre de 45 gigaBecquerels.
Des investigations sur les causes de cet incident sont en cours. Dans l’attente, l’AFCN a demandé à l’exploitant, le mardi 26 août 2008, d’arrêter les opérations de production dans le bâtiment de procédé. Elle a classé cet incident provisoirement au niveau 3 de l’échelle INES compte tenu des conséquences radiologiques estimées à l’extérieur du site.
A titre de mesure de précaution, l’AFCN a déconseillé le 28 août, la consommation des légumes et fruits issus des jardins, ainsi que l’eau de pluie, dans une zone de 5 km au nord-est de l’installation (direction correspondant à celle des vents pendant la période de rejet) et a confirmé qu’il n’y avait pas de nécessité de prise de pastilles d’iode.
Dans l’environnement, les isotopes de l’iode suivent les processus de transfert habituels :
dispersion au sein du milieu récepteur, dépôt, captation par les organes aériens des
végétaux, absorption racinaire, ingestion par l’animal.
Le comportement de l’iode dans la nature varie selon la forme physico-chimique sous laquelle il a été émis : les formes organiques se déposent plus lentement et sont moins bien retenues par la végétation que les formes moléculaires ; les formes particulaires ont un comportement intermédiaire.
Dans le cas d’une contamination atmosphérique en iode 131, les denrées les plus sensibles sont les légumes, plus particulièrement les légumes à feuilles (salades, épinard…), ainsi que le lait et ses dérivés (via la contamination de l’herbe). En raison principalement du délai entre leur production et leur consommation les céréales, les viandes et les denrées agricoles sont moins sensibles.
Quelles peuvent être les conséquences radiologiques pour les populations en Belgique ? Selon l’IRSN, « les effets radiologiques sur l’homme d’un rejet atmosphérique d’iode 131 sont la conséquence de l’activité de l’air inhalé et du transfert des dépôts à la chaîne alimentaire.
L’évaluation des conséquences de cet incident nécessite donc le calcul de la dispersion dans l’air et du dépôt au sol de l’iode rejeté à la cheminée en fonction des conditions météorologiques prévalant lors de l’incident. La prédiction réalisée des dépôts est ensuite confrontée aux résultats des mesures de contamination au sol pour en vérifier la pertinence. »
Dans le cadre d’une convention d’échange le dialogue technique nécessaire s’est installé entre l’IRSN et son homologue belge BelV appui technique de l’AFCN. Sur la base des informations transmises, l’IRSN a procédé à une évaluation, en fonction de l’éloignement du point de rejet, des dépôts d’iode 131 et des doses à la thyroïde associés à cet incident, que ce soit pour l’adulte ou pour l’enfant. Les ordres de grandeur calculés sont semblables à ceux estimés par l’autorité belge et auraient conduit l’IRSN à préconiser des mesures comparables de protection des populations.
Y a-t-il des conséquences pour l’environnement en France ? Le 26 août 2008, l’IRSN a demandé, via l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), que lui soient communiqués les résultats des mesures réalisées par EDF sur les sites nucléaires de Cattenom et de Chooz et a procédé à l’analyse du filtre de sa station OPERA1 de Charleville-Mézières prélevé le 27 août. L’ensemble des résultats ne révèlent pas de contamination.
A titre de précaution et conformément aux bonnes pratiques, l’IRSN effectuera dans la journée de ce samedi 30 août une campagne de prélèvements et de mesures en territoire français, dans la zone la plus proche de l’installation belge. Les résultats de ces mesures seront publiés sur le site Internet de l’IRSN dans quelques jours.
L’Institut des Radioéléments (IRE), créé en 1971, est situé à Fleurus en Belgique (environ 30 km de la frontière française). Cet Institut isole, purifie et conditionne les principaux radionucléides utilisés en médecine nucléaire. Les activités de l’IRE couvrent notamment la production d’iode 131, de xénon 133, de strontium 90 et de l’yttrium-90 utilisés à des fins de diagnostic ou de thérapie.
Le procédé incriminé dans le rejet survenu à l’IRE n’est pas mis en oeuvre dans les installations nucléaires de base françaises, et notamment dans l’usine de production de radionucléides artificiels du CEA/Saclay qui prépare des produits radiopharmaceutiques à des fins médicales. Il est à noter que l’IRE est un des fournisseurs de cette dernière installation, notamment en iode 131, les activités réalisées au CEA consistant en des opérations de dilution, de conditionnement et de contrôle de qualité, précise l’IRSN.