Si le système français de santé au travail est largement développé, l’impact des déterminants professionnels sur la santé est encore mal connu. C’est la raison pour laquelle l'Institut de veille sanitaire (Invs), en collaboration avec l’Inspection médicale du travail, a mis en place un programme de surveillance des maladies professionnelles signalées par un réseau des médecins du travail qui surveillent l’ensemble des salariés en activité.
Ce programme de surveillance des professionnelles, qui a été rendu opérationnel dans sept régions en France dans le courant de l’année 2007, montre que les affectations de l'appareil locomoteur (problèmes musculaires ou articulaires) étaient la pathologie la plus fréquemment signalée parmi les maladies à caractère professionnel (MCP), venant ensuite la souffrance psychique.
Les résultats de cette vaste étude pour quatre régions (Pays de la Loire, Poitou-Charentes, Midi-Pyrénées et PACA), qui ont participé à ce programme en 2006, montrent que a prévalence des maladies professionnelles est de 5,4 %. Les principales pathologies sont celles de l’appareil locomoteur (59 %) et de la souffrance psychique (21,5 %), a déclaré l’Invs. En 3ème position, arrivent les troubles de l'audition, selon cette étude menées à partir d'un réseau de 694 médecins du travail volontaires, soit 38 % des médecins du travail.
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Les principales pathologies des maladies professionnelles sont les pathologies de l’appareil locomoteur (59 %) et la souffrance psychique (21,5 %). |
Les prévalences les plus élevées de maladies professionnelles sont observées dans les secteurs industriel et financier (7,1 %). Elles sont signalées dans 80 % des cas chez les ouvriers. La prévalence de la souffrance psychique chez les ouvriers (0,6 %) est faible comparée aux autres catégories professionnelles (entre 1,8 et 2,1 %).
73 500 salariés sont venus en consultation pendant les quinzaines (58 % d’hommes), et pour 3 951 d’entre eux des fiches de signalement ont été remplies dont 51,4 % d’hommes, soit une prévalence de maladie à caractère professionnel (MCP) de 5,4 % (4,8 % chez les hommes, 6,2 % chez les femmes).
« Les affections de l’appareil locomoteur sont les pathologies les plus fréquemment signalées (59 %) puis la souffrance psychique (21 %) ; viennent ensuite les troubles de l’audition (6,4 %). Ces MCP correspondent à des prévalences respectives de 3,3 % pour l’appareil locomoteur, dont 3,0 % pour les troubles musculo-squelettiques (TMS), 1,3 % pour la souffrance psychique et 0,4 % pour l’audition. »
Selon l'Invs, ces travaux permettent « d’estimer les prévalences des affections jugées par les médecins du travail comme imputables au travail ». Ils permettent aussi « de repérer les spécificités régionales en termes de pathologies, de professions, de secteurs d’activité, s’inscrivent de facto dans les Plans régionaux santé travail, déclinaison régionale du Plan santé travail ».
Ce sont aussi « des éléments indispensables pour aider les différents acteurs de la prévention (Association régionale pour l’amélioration des conditions de travail, Caisse régionale d’assurance maladie, Comité régional de prévention des risques professionnels…) à définir et à élaborer des actions de prévention prioritaires sur des pathologies, des professions ou des secteurs d’activité particuliers, dans le cadre de plans régionaux tels que le Plan régional santé travail (PRST) ou le Plan régional santé publique (PRSP). »