Alors que le changement climatique est une réalité de plus en plus palpable et concrète, avec des implications directes et immédiates sur l’environnement, comme l’a illustré récemment la fonte d’un glacier en Amérique du sud en plein hiver, il semble que l’homme a un impact de plus en plus conséquent et irréversible sur l’environnement et que très peu de choses soient faites pour inverser la tendance.
En Chine, les problèmes liés à l’environnement se multiplient et touchent des domaines aussi variés que l’eau, l’air, l’énergie, l’écologie, le climat, la santé ou la sécurité… On ne compte plus le nombre de catastrophes naturelles qui ont frappé le pays ces dernières années, la dernière en date étant le terrible séisme du 12 mai 2008 qui a littéralement dévasté la région du Sichuan.
Par ailleurs, les affaires de pollution de l’eau se comptent par dizaines voire par centaines et la sécheresse de plus en plus persistante pèse lourd sur les réserves en eau du pays. La pollution de l’air, liée à l’industrie polluante qui fonctionne à plein régime depuis quelques décennies pour sortir le pays de la pauvreté, pose également un réel problème pour l’environnement et la santé publique.
Pékin, capitale de la Chine, dont le ciel est tellement pollué qu’il y règne un brouillard permanent qui empêche de voir le sommet des gratte-ciel même par beau temps, a été choisie par le Comité Olympique International pour organiser les Jeux Olympiques d’été 2008. Sans parler de la polémique que cette décision a suscité concernant le respect des droits de l’homme dans ce pays où la liberté de la presse semble loin d’être respectée et où des émeutes ont récemment éclaté dans la région du Tibet, cette décision apparaît très irréfléchie et pleine de conséquences négatives pour l’environnement et la population du pays.
De nombreuses voix se sont élevées pour critiquer le choix du Comité International Olympique et les inquiétudes concernant la qualité de l’air ou de l’eau sont nombreuses. Beaucoup affirment en effet qu’au lieu d’avoir un effet positif sur l’environnement comme l’avait promis Pékin lors de sa candidature, l’organisation des Jeux semble aggraver la crise écologique déjà sérieuse dans le pays.
Ainsi, une grande quantité d’eau supplémentaire est nécessaire pour la préparation des Jeux et pendant la durée de la compétition, ce qui oblige le pays à assécher certaines provinces souffrant déjà gravement de la sécheresse. Certains experts non officiels ont estimé en mars 2008 que les jeux entraîneraient une augmentation de 30% des besoins en eau de Pékin. Si les autorités chinoises ont démenti cette estimation, il est cependant clair que les mesures multipliées par la ville ne font que détourner de l’eau d’un point vers un autre et ne permettent pas d’apporter des approvisionnements supplémentaires en eau depuis une source extérieure. Ainsi le pays a par exemple détourné les eaux du Fleuve Jaune vers Pékin, mais a également puisé l’eau directement dans les réserves des provinces du Henan et de Shaanxi pour s’assurer d’avoir assez d’eau à fournir aux touristes et spectateurs.
Autre problème grave et peut-être encore plus inquiétant pour les athlètes : la pollution de l’air. Ainsi, de nombreux pays prévoient d’envoyer leurs athlètes sur le site de Pékin le plus tard possible pour réduire au maximum leur exposition à la pollution. Là encore, le gouvernement local de la ville semble avoir multiplié les efforts pour résoudre ce problème. De nombreuses usines ont été fermées, les voitures circulent depuis peu de façon alternée sur les routes, la cigarette a été interdite dans la ville tout comme les vendeurs de kebab et des stations d’essence ont dû fermer leurs portes.
Cependant, encore une fois, on peut se demander si ces mesures prises de manière très éphémère ne sont pas qu’un leurre servant à rassurer les athlètes et le comité. Si les autorités affirment que certains indices de pollution de l’air ont diminué pendant l’année, le ciel résolument gris de la ville et le brouillard épais semblent remettre en question ces déclarations.
D'après les autorités de Pékin, près de 400000 voitures se sont ajoutées au trafic automobile à Pékin en 2006 et le nombre de voitures en circulation devrait continuer à augmenter de 10% par an dans les prochaines années, aggravant ainsi la pollution déjà très importante de la cité chinoise.
De même, dans d’autres provinces du pays, les taux de pollution de l’air sont particulièrement alarmants. Côté émissions de gaz à effet de serre donc, le bilan de la Chine n’est pas brillant. Sans doute en passe de devenir ou déjà devenu le principal pays émetteur de gaz à effet de serre au monde, la Chine voit ses émissions de dioxyde de carbone croître beaucoup plus rapidement que ce qu'avaient prévu les experts du climat. D'après les estimations du gouvernement des Etats-Unis, les émissions mondiales de dioxyde de carbone devraient d’ailleurs augmenter de 50% d'ici 2030. C'est la Chine, avec la croissance de son industrie du charbon, qui contribuera le plus à cette hausse.
Bien sûr le pays multiplie officiellement les initiatives pour répondre à ce problème. De nombreuses usines trop polluantes sont fermées, des impôts écologiques sont envisagés, des objectifs de réduction des émissions sont fixés et de nombreuses mesures concernant l’économie d’électricité et l’efficience en énergie ont été mises en place.
Mais là encore, ces mesures semblent dérisoires face aux 1000 voitures supplémentaires qui arrivent sur les routes chaque jour dans le pays et face au fait que le pays autorise la construction d’une nouvelle centrale électrique au charbon par semaine. De même, le pays construit des bâtiments qui consomment beaucoup d’énergie alors même qu’il s’est fixé des objectifs importants en matière d’énergie renouvelable et de conservation de l’énergie.
D’après le WWF, le pays puise d’ailleurs trop rapidement dans ses ressources naturelles pour satisfaire les demandes de sa population croissante et pour son propre développement. Pour résumé, le pays coure tout droit à sa perte en dégradant de plus en plus son environnement, sous prétexte de rattraper son retard économique sur l’occident.
Ainsi, la Chine s’obstine à suivre le même chemin de développement qu’ont suivi quelques décennies plus tôt les pays occidentaux, malgré les avertissements des organisations internationales. Le développement durable, la Chine dit oui, mais à condition que les pays riches l’aident à le financer, car il est beaucoup plus économique de se développer rapidement sans prendre en compte l’environnement que d’investir dans des technologies coûteuses et propres.
L’organisation des Jeux Olympiques d’été semble être l’illustration parfaite du problème : une prise de décision rapide, irréfléchie, qui ne prend en compte que les bénéfices économiques à court terme et semble ignorer ou reléguer au second plan l’impact environnemental désastreux et les coûts financiers sur le long terme liés à cette dégradation de l’environnement.
Car l’environnement est bien le pilier de la planète, les écosystèmes rendant tous les jours des services aux hommes et aux sociétés, et cela les gouvernements semblent bien souvent l’oublier. Les récifs de corail ou les zones humides côtières par exemple, pour lesquels le développement immobilier et agricole des pays représentent une menace considérable, protègent néanmoins les hommes des catastrophes naturelles, tandis que les forêts, que les hommes s’obstinent à déboiser pour leurs richesses et pour exploiter de nouvelles terres, absorbent pourtant une partie des émissions de gaz à effet de serre responsables du changement climatique.
C’est pourquoi, par le biais de l’exemple de l’organisation des Jeux Olympiques d’été à Pékin, dans un pays où l’environnement est déjà gravement mis à mal et menacé par les hommes, nous avons voulu montrer l’impact considérable sur l’écologie et la planète que peuvent avoir ce genre de décisions irréfléchies de la part d’hommes tout-puissants…
Voici une compilation d’articles sur le sujet classés en plusieurs rubriques. Ils évoquent les craintes émises par plusieurs critiques, les initiatives prises par Pékin pour s’atteler aux divers problèmes liés à l’environnement, ainsi que leurs résultats et leurs conséquences :
1- Qualité de l’air et Jeux Olympiques de 2008 en Chine
2- Pollution de l’eau et Jeux Olympiques de 2008 en Chine
3- Climat et cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de 2008 en Chine
4- Ecologie, énergie, santé et sécurité pour les Jeux Olympiques de 2008 en Chine