Suite au nouvel incident nucléaire qui a eu lieu au Tricastin, Greenpeace demande un « débat national et la suspension du programme EPR. » Pour Greenpeace, quinze jours après la fuite radioactive de la filiale d’Areva, Socatri, au Tricastin, suivie de celle d’une autre filiale, FBFC, à Romans-sur-Isère, c’est au tour des installations d’EDF de démontrer « les incuries de l’industrie nucléaire française. »
Alors que 15 personnes ont été contaminées le 18 juillet dernier à la centrale de Saint-Alban, hier il y a eu « contamination massive de 100 travailleurs à la centrale nucléaire EDF de Tricastin. » Rappelons que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a classé cet incident nucléaire au niveau 0 sur une échelle de gravité atteignant 7. L'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) n’a pas communiqué sur cet incident.
Pour l’association militante, tous ces incidents nucléaires, considérés comme « anomalie » ou simple « écart », « mettent à jour la dangerosité d’une technologie mal maîtrisée. » Force est de constater, avec notamment la construction du premier réacteur nucléaire de nouvel génération EPR à Flamanville dans la Manche, et une deuxième programmée par le Président de la République, pour l’ONG, que devant des incidents nucléaires à répétition, il faut « la tenue d’un vaste débat sur le nucléaire, mais aussi la suspension du programme EPR. »
Pour l’association écologiste, cette série d’incidents nucléaires « met en lumière l’étendu du problème que pose l’industrie nucléaire : installations vieillissantes, procédés mal maîtrisés, sous-traitance en cascade, contaminations des travailleurs, pollutions anciennes et durables de l’environnement… ».
L’association estime aussi que le système de contrôle actuel ne soit pas en mesure « de prévenir ces incidents, mais tout juste capable de faire un constat avec parfois des années de retard ! ».
Pour Frédéric Marillier, chargé de campagne nucléaire et énergie à Greenpeace France, «
il ne faut pas croire que l’on a affaire à une série noire ces 15 derniers jours car le nucléaire en France c’est plus de 900 incidents de ce type par an ainsi que des pollutions régulières et anciennes autours des installations. »
Greenpeace demande la suspension du programme EPR auquel EDF s’est notamment portée candidate (pour le deuxième réacteur), le groupe n’ayant pas actuellement, communiqué sur le nouvel incident à Tricastin et la centaine de personnes légèrement irradiées.
Greenpeace demande aussi la tenue d’un débat national sur le nucléaire en France pour permettre aux Français « d’appréhender clairement les dangers potentiels du nucléaire » et d’en faire « un bilan structuré sur son intérêt ou non » face à l’urgence liée aux changements climatiques.