Deux mois après le séisme catastrophique de magnitude 7,9 sur l’échelle de Richter qui a durement frappé les provinces du Sichuan, de Gansu et de Shaanxi en Chine, le Ministère du Commerce de la République Populaire de Chine et les Nations Unies ont travaillé ensemble à Pékin pour aider à élaborer un plan de reconstruction pour les zones affectées.
Le séisme du 12 mai dernier, qui a tué près de 69000 individus et qui a fait plus de 5 millions de sans-abri, a également eu un impact environnemental considérable sur la région, célèbre pour sa biodiversité.
Alors que le meeting du Ministère du Commerce de la Chine et des Nations Unies a principalement abordé la question des moyens par lesquels le pays pourra soutenir les individus affectés par la catastrophe, l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) et le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement), les seuls représentants qui parlaient au nom de l’environnement au meeting, ont noté que les efforts de reconstruction devraient également prendre en compte les besoins de la nature.
Les autres participants au meeting comprenaient 22 ministres du gouvernement de la Chine ainsi que des agences des Nations Unies, des représentants de missions étrangères à Pékin et de nombreuses organisations internationales.
« Nous devrions prendre en compte ces impacts pas seulement en termes d’écosystèmes, mais également en terme de perte incroyable de biens et de services que ces écosystèmes fournissent aux hommes » a indiqué le Dr. Sur Mainka, principal coordinateur du Programme Mondial de l’UICN.
« Nous savons que la subsistance durable, que ce soit à court ou à long terme, dépendra des services fournis par les écosystèmes, et que la restauration des habitats améliorera la capacité des écosystèmes et des individus à supporter de futures catastrophes naturelles de ce genre ».
Cette région de la Chine compte une biodiversité considérable mais représente également l’un des nombreux défis pour la conservation de la biodiversité. La province du Sichuan, à elle seule, compte plus de 800 espèces menacées d’après la Liste Rouge pour la Chine des espèces menacées, et la zone spécifiquement touchée par le séisme comprend 12 animaux et 24 plantes menacés au niveau national.
Avant le séisme, cette région de la Chine représentait une partie importante des courts d’eau de la Chine dans la mesure où elle est une région clé pour alimenter le fleuve Yangtze.
Les résultats préliminaires d’une évaluation rapide de l’impact du séisme sur l’environnement suggèrent une perte grave des forêts liée aux glissements de terrain. Plus de 400000 hectares de terres arables ont également été endommagés.
Le séisme du Sichuan a affecté 35% à plus de 60% des réserves de pandas géants. Les pandas géants qui étaient abrités dans des installations d’élevage en captivité dans les régions affectées ont été déplacés vers des zoos et des centres situés dans d’autres provinces de la Chine.
Le gouvernement chinois s’est fixé pour objectif de réparer les dégâts au cours des trois prochaines années. L’UICN a indiqué qu’alors qu’en termes d’infrastructures humaines c’était un objectif réalisable, il fallait plus de temps pour parvenir au rétablissement des ressources en eau et en terre.
L’UICN a demandé au gouvernement de la Chine d’utiliser l’expertise et l’expérience de l’Union dans le domaine de la restauration et la réhabilitation des écosystèmes.
Le changement climatique ne devrait pas non plus être ignoré des programmes de rétablissement selon l'UICN.
« Les régions affectées par le séisme pourraient devenir plus chaudes et plus sèches dans les décennies à venir et cela influencera les choix dans la gestion des écosystèmes » d’après le Dr. Sue Mainka.
« En plus, nous devons nous rappeler que la Chine est le deuxième principal émetteur de gaz à effet de serre au monde et que la réponse au séisme ne doit pas exacerber cette situation » a-t-il ajouté.
Il faudra des efforts colossaux et coordonnés pour parvenir à réparer les dégâts sur l’environnement et sur la population du séisme en Chine. Mais d’après l’UICN, cette tâche représente également une opportunité pour créer un meilleur avenir basé sur des écosystèmes durables.