Les espèces invasives qui ont envahi les Grands Lacs depuis qu’ils sont reliés à la mer soit il y a une cinquantaine d’années, sont à l’origine de 200 millions de dollars de dégâts par an, d’après une étude publiée mercredi.
Ce chiffre reste optimiste et ne comprend pas les dégâts affectant l’économie du Canada ou d’autres régions des Etats-Unis que certaines de ces espèces invasives ont réussies à atteindre en voyageant par voie fluviale, d’après ce que le rapport du Centre pour la Conservation Aquatique de l’Université de Notre Dame dans l’Indiana indique.
Depuis que la Voie Maritime du Saint Laurent a ouvert en 1959, 57 espèces invasives se sont introduites dans les Grands Lacs par les navires voguant sur l’océan, la plupart du temps, par le biais des eaux délestées.
Mais si la parade des organismes s’arrêtait demain, les coûts « persisteraient malheureusement toujours » dans la mesure où les dégâts estimés sont basés sur ce qui a déjà eu lieu, a indiqué David Lodge, un écologiste qui dirige le Centre de Notre Dame.
Le rapport indique que jusqu’à 2006, les pertes concernant le domaine de la pêche et du tourisme, ainsi que les impacts sur le traitement de l’eau et l’approvisionnement en eau étaient au moins de 200 millions de dollars par an. David Lodge a déclaré que l’étude n’était pas allée au delà de 2006 mais que l’on pouvait supposer que les coûts continuaient.
« Dans la mesure où de nouvelles espèces invasives sont découvertes chaque année dans les Grands Lacs, et que les espèces déjà présentes se propagent, il est probable que les pertes expérimentées en 2006 augmentent dans les années à venir » explique l’étude.
Parmi ces espèces invasives, on trouve notamment la moule zébrée, qui peut boucher les canalisations d’eau et voler l’eau des petits planctons sur lesquels d’autres espèces vivent. Ces moules zébrées se sont répandues du Nevada à la Californie.
Une espèce invasive comme la grémille (une espèce de poisson d’eau douce) entre en compétition avec d’autres espèces natives et empêche ces dernières de survivre.
Des pertes estimées, la plus importante (123,6 millions de dollars) a eu lieu dans le secteur de la pêche de loisir.
Les installations qui utilisent de l’eau provenant des Grands Lacs, dont 13 centrales nucléaires, ont souffert d’une perte de 27 millions de dollars en 2006, d’après l’étude.
Le groupe de conservation, Great Lakes United, a déclaré que le problème des espèces invasives représentait « une crise nationale croissante ».
« Avant que le congrès des Etats-Unis ne soit ajourné pour les élections, le Sénat doit se mettre d’accord sur une législation qui a déjà été votée par la Chambre des Représentants qui met en place des protections contre les espèces invasives » a indiqué Jennifer Nalbone du groupe Great Lakes United.
Elle a ajouté que la législation demanderait aux navires s’introduisant dans un port américain d’installer une technologie de traitement dès l’an prochain pour nettoyer les eaux qu’ils délestent en mer.