Selon le dernier point de situation du 10 juillet 2008,à 16 heures suite au rejet d'uranium sur le site de la société SOCATRI à Bollène, les Préfectures de la Drôme et du Vaucluse annonce que les quantités d’uranium qui ont été déversées accidentellement sont de 150 kg d’uranium restés sur site et de 74 kg dans l’environnement et rivières des alentours. Les préfets maintiennent leurs mesures de restriction sur l’usage de l’eau, la pêche et la baignade.
Un rejet accidentel d'effluents contenant de l’uranium s'est produit dans la nuit du 7 au 8 juillet 2008 à l'intérieur de l'usine SOCATRI située sur le site de la centrale nucléaire du TRICASTIN.
L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a classé cet incident provisoirement au niveau 1 de l'échelle INES. Le plan d'urgence interne (PUI) de l'exploitant a été déclenché le 8 juillet à 6h30, soit environ 7h30 après la survenue de l’incident nucléaire.
Selon les Préfectures de la Drôme et du Vaucluse, la quantité d'uranium rejetée dans l'environnement pendant l'opération de nettoyage de la cuve a été évaluée par l'exploitant à 18,7 m3 (contenant 12 g d'uranium par litre, 9,5 g/l de fluorures, 0,4 mg/l de chrome, 0,1 mg/l de chrome 6+), soit 224 kg d'uranium naturel.
La part d'uranium restée sur le site étant estimée à 150 kg, ce sont 74 kg qui se sont écoulés dans l’environnement jusqu'aux rivières de la Gaffière et du Lauzon. La société SOCATRI poursuit la récupération des 150 kg d’uranium restés sur le site et elle a renforcé son plan de surveillance de l’environnement, à la demande des préfets de Vaucluse et de la Drôme et en liaison avec l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN).
Le 9 juillet à 14h, le point maximal de concentration à l'extérieur du site, sur les eaux de surface, non destinées à la consommation humaine, a été relevé à 27 microgrammes d'uranium par litre, alors qu'il était à 31 microgrammes le même jour à 6h30. Les autres points de mesure enregistrent des diminutions beaucoup plus significatives, avec des valeurs inférieures à la normale (15 microgrammes d'uranium par litre selon les normes de potabilité de l'eau de l'Organisation mondiale de la santé).
Le 9 juillet à 19h, le point maximal de concentration à l'extérieur du site a été relevé à 8,9 microgrammes d'uranium par litre. Les autres valeurs sont toutes inférieures à 2 fois la norme de l'Organisation mondiale de la santé.
Au niveau des les eaux souterraines 4 séries de mesures ont été relevées dans la nappe en 13 points de prélèvement et montrent des valeurs comprises entre 2,7 et 15,2 microgrammes d'uranium par litre. Pour les préfectures, la surveillance des forages profonds doit donc se poursuivre avant de pouvoir envisager la levée des mesures de précaution.
Le préfet de Vaucluse statuera sur une levée totale ou partielle des mesures lorsqu'il
aura à sa disposition les mesures de concentration d'uranium des eaux de surface et souterraines sur le parcours des cours d'eau (de la SOCATRI jusqu'au Rhône) ; des mesures relatives à la présence d'uranium dans les sédiments ; un plan de surveillance de la SOCATRI validé par l'ASN et l'IRSN permettant de lever le risque d'une éventuelle progression d'uranium ou d'éléments chimiques (fluor, chrome) vers la nappe alluviale.
Les préfets de Vaucluse et de la Drôme ont demandé une caractérisation chimique et radiologique d'une nouvelle série d'échantillons (effluents, eaux de surface, eaux souterraines) au Laboratoire départemental d'analyses de la Drôme.
Dans l'attente, le préfet du Vaucluse maintient les mesures de précaution arrêtées le 8 juillet : la consommation et l'usage de l'eau issue de captages privés (puits, forages...) sont interdits ; La pêche, la consommation de poissons et leur commercialisation restent interdites sur les cours d'eau de la Gaffière, de la Mayre Girardes et du Lauzon, et sur les étangs du Trop-Long, du Bartras (commune de BOLLENE), des Girardes et du Deves (commune de LAPALUD) ; La baignade et les activités nautiques restent interdites sur ces mêmes cours d'eau et plans d'eau ; L'irrigation à partir de la Gaffière, de la Mayre Girardes, du Lauzon et de leur nappe d'accompagnement reste aussi interdite.