Dans la nuit du 8 juillet 2008 à 6h30 du matin, à l'intérieur de l'usine SOCATRI située dans le site du Tricastin sur le territoire de la commune de Bollène (Vaucluse), un rejet accidentel d'effluents radioactifs, faiblement radioactifs selon les autorités, a eu lieu dans l’environnement.
Dans la nuit du 7 au 8 juillet 2008 une cuve contenant de l’Uranium Naturel a débordé. Selon AREVA, une partie de cette solution (30m3) s’est écoulée sur le sol au niveau de l’installation et dans le réseau d’eaux pluviales. « L’évènement a été déclaré aux autorités et suivi avec les préfectures de Vaucluse et de la Drôme qui ont pris des mesures de précaution. »
Une décontamination des sols et des canalisations concernés a été engagée. Un plan de surveillance de l’environnement a été mis en place et les résultats des analyses des prélèvements d’eau obtenus ont montré que l’impact sur l’environnement, selon AREVA, et notamment au niveau du cours d’eau La Gaffière qui traverse le site était limité et décroissant. « Un retour à la normale est attendu dans les prochains jours » précise le groupe.
De son côté, le préfecture de la Drôme a pris, suite à ce rejet accidentel d'effluents radioactifs dans l'environnement des mesures de précaution. La Préfecture drome a en effet annoncé la mise en place de mesures de précaution suite au rejet d'uranium sur le site de la société SOCATRI à Bollène, qui a eu lieu à 6h30 du matin, à l'intérieur de l'usine SOCATRI située dans le site du TRICASTIN sur le territoire de la commune de BOLLENE (département de Vaucluse).
La préfecture confirme que ce « rejet accidentel d'effluents radioactifs de 30 m3 s'est produit pendant une opération de nettoyage d'une cuve, avec déversement sur le sol ainsi que dans le canal adjacent. » « Ces effluents, qui contenaient 12 grammes d'uranium par litre, se sont écoulés pour partie jusqu'aux rivières La Gaffière et L'Auzon. L'exploitant procède actuellement à des mesures précises des rejets, tant sur les nappes que dans les cours d'eau. »
Le préfet de Vaucluse, informé par l'Autorité de Sûreté Nucléaire d'un risque évalué faible pour la population, a décidé :
1) d'interdire la consommation d'eau potable issue de captages privés sur les communes
de Bollène, Lapalud, Lamotte-du-Rhône. Cela concerne les captages du périmètre suivant : Nord : limite départementale ; Ouest et Est : Canal de Donzère-Mondragon et Rhône ; Sud : R.D. 994
2) de stopper l'irrigation agricole issue de La Gaffière et de l'Auzon;
3) d'interdire les activités nautiques et la baignade sur les plans d'eau du Trop-Long, du Baltraces (Bollène) et des Girardes (Lapalud);
4) d'interdire la pêche et la consommation dans : la Gaffière (y compris partie amont située dans la Drôme) ; l'Auzon ; la Mayre Girarde et le Lac du Trop-Long.
De son côté, pour l’IRSN (attention les dates et les heures ne correspondent pas avec celles avancées par le Préfecture de la Drôme), « le 7 juillet 2008 vers 23 h 00, le débordement d'une cuve d’entreposage de la station de traitement des effluents uranifères a entraîné le déversement, dans la rétention de cette cuve, d'un volume d'environ 30 m3 de solution contenant de l’uranium (teneur en uranium de 12 g/l). La perte d'intégrité de la rétention a conduit au déversement d'une partie de la solution dans le bâtiment, avec écoulement dans le sol ainsi que dans le réseau d'évacuation des eaux pluviales. »
Ce réseau rejoint la rivière « La Gaffière », puis le « Lauzon » et enfin le Rhône. « Les premières actions prises par l’industriel pour limiter les conséquences ont consisté à isoler le réseau d’eaux pluviales sur le site et à réaliser un forage dans la nappe au droit de la zone de déversement pour réaliser des mesures localement et, le cas échéant, pomper l’eau contaminée afin de limiter sa dispersion dans l’environnement. »
« L’ingénieur d’astreinte de l’IRSN a été alerté de l’incident par les pouvoirs publics locaux ; l’Institut a dépêché un expert auprès de la cellule de crise de la préfecture de Vaucluse et a envoyé une équipe d’intervention sur le terrain pour réaliser des prélèvements et des mesures dans les cours d’eau de surface et la nappe phréatique. Par ailleurs, une équipe d’expertise a été rassemblée au centre technique de crise de l’IRSN pour faire un point de la situation et proposer les actions de surveillance associées aux mesures de restriction d’usage déjà adoptées par le Préfet. »
« Les premières mesures réalisées dans les eaux de surface par l’exploitant ont montré un
dépassement de la valeur-guide préconisée par l’OMS pour les eaux destinées à la
consommation humaine d’un facteur 1000 pendant une courte période correspondant au
passage du pic de pollution. »
« Une partie de la pollution s’étant infiltrée dans les sols, l’IRSN définit le plan de surveillance des eaux de la nappe phréatique. Ces résultats permettront au préfet d’adapter puis de lever les restrictions d’usage. » Compte tenu des éléments qui précèdent, « l’IRSN estime que les conséquences radiologiques pour les populations devraient être négligeables. »
SOCATRI, filiale de EURODIF SA, est une Installation d'Assainissement et de Récupération d'Uranium (IARU). Les activités de SOCATRI recouvrent aujourd’hui : le démantèlement et l’assainissement de matériels et d’installations, la maintenance, la rénovation et la construction de matériels, le traitement d’effluents nucléaires et industriels, le traitement et le conditionnement de déchets nucléaires.
L'installation d'assainissement et de récupération de l'uranium de la société SOCATRI, implantée sur le site du Tricastin, assure, entre autres activités, la décontamination de matériels et la récupération de l'uranium. Les effluents générés par les différents ateliers affectés à ces opérations sont traités par la station de traitement des effluents uranifères avant d'être rejetés dans le canal de Donzère-Mondragon.