Le Chili a décrété une interdiction permanente de la chasse à la baleine dans ses eaux lundi, alors que les groupes de protection de l’environnement craignent que le meeting de la Commission Baleinière Internationale qu’il accueille échouera à interdire au Japon de pratiquer la chasse à la baleine.
S’exprimant dans une ancienne usine de traitement des baleines que le Chili a fait fermer en 1967, la présidente du Chili, Michelle Bachelet, a également envoyé un projet de loi au Congrès proposant d’instaurer un sanctuaire de baleines le long de la côte du Chili et a déclaré que l’usine de traitement des baleines était désormais un monument national.
« Nous avons choisi cet endroit, l’usine de baleines Quintay, pour mettre en lumière le Chili et le monde du passé, dans lequel il n’y avait pas de conscience des conséquences sociales et sur l’environnement » de la chasse à la baleine, a déclaré Michelle Bachelet.
« Le Chili veut donner au monde un signe clair de sa volonté à protéger les baleines dans ses eaux » a-t-elle ajouté. « Cette initiative est une promesse pour le monde du futur ».
Le moratoire sur la chasse à la baleine du Chili devrait expirer en 2025.
Dan la capitale du pays, Santigao du Chili, la commission baleinière internationale tient son meeting annuel avec les nations venant des Amériques et d’Europe et fait savoir ses inquiétudes à propos de l’augmentation des prises de baleines de Minke dans le Pacifique Nord, à savoir dans les eaux du Japon et de la Corée.
A l’extérieur du lieu du meeting, les militants flanqués d’une baleine bleue géante gonflable chantaient « Meurtriers, c’est de votre faute » et agitaient des bannières sur lesquelles on pouvait lire « Arrêter le massacre » ou « Pas de sang pour la tradition ».
La police du Chili a indiqué qu’elle avait arrêté 15 manifestants.
« Les espèces s’éteignent, parce qu’ils chassent beaucoup de baleines » a indiqué un élève de 14 ans, Martin Lopez, qui tenait un drapeau de Greenpeace. « Nous sommes ici pour dire que nous sommes opposés à la chasse à la baleine ». « Ce que le Japon fait est mal ».
Le Japon affirme qu’il est un incompris et nie le fait que les 1000 baleines qu’il chasse chaque année pour des raisons soi-disant scientifiques malgré un moratoire de 1986 sur la chasse à la baleine, finissent dans les faits dans les assiettes.
Le Japon considère la chasse à la baleine comme une tradition culturelle de ses communautés côtières et croit en la commercialisation durable du plus gros mammifère marin.
Les supermarchés et les restaurants japonais proposent de la viande de baleine, même s’il y a de moins en moins d’amateurs pour ce plat.
Le Japon s’est présenté à la Commission Baleinière Internationale avec une résolution visant à légaliser la chasse à la baleine côtière. C’est la même résolution que les pays anti-chasse à la baleine ont rejeté il y a un an, ce qui avait conduit le Japon à menacer d’abandonner la commission.
« Nous ne considérons pas que la chasse à la baleine scientifique soit une lacune parce que nous ne voyons rien de mal dans la commercialisation en soit tant qu’elle est durable » a indiqué Ryotaro Suzuki, coordinateur de la division océan du Ministère des Affaires Etrangères du Japon.
« La recherche scientifique que nous menons dans l’océan Antarctique ou dans les zones du pacifique nord, nous la menons pour des buts scientifiques et nous ne le faisons pas pour la nourriture » a-t-il ajouté.
« La Commission Baleinière Internationale est censée réguler la chasse à la baleine, et gérer les réserves de baleines et non protéger l’ensemble des réserves de baleines ».
Le meeting de la Commission Baleinière Internationale, auquel 80 nations participent, se concentre sur les tâches internes du groupe plutôt que sur des grandes questions telles que la reprise de la chasse à la baleine ou les sanctions à prendre.
Certains craignent que le meeting ne débouche sur rien de concret : « Il y a un risque pour qu’à la fin de la semaine, rien de substantiel n’ait changé et on reviendra à la normale pour les chasseurs de baleine du Japon » a déclaré Mick McIntyre, directeur du groupe de protection des baleines Whales Alive.