Le Premier Ministre du Japon demandera la réalisation d’une étude sur la façon dont le pays peut introduire un système de bourse du carbone dans un communiqué du sommet du G8 en juillet au cours duquel le changement climatique sera un sujet de discussions clé, a indiqué un journal japonais mercredi.
Le Premier Ministre du Japon Yasuo Fukuda annoncera également un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 60 à 80% d’ici 2050, d’après les indications du Nikkei Business daily.
Le quotidien a ajouté que les inquiétudes persistaient à propos de la mise en place d’un objectif de réduction des émissions d’ici 2020-2030, une demande clé des nations émergentes lors des discussions des Nations Unies sur le changement climatique.
Les compagnies et les gouvernements du monde entier se tournent vers la bourse du carbone et s'en servent comme d'une arme de lutte contre le changement climatique sur un marché du carbone qui valait 64 milliards de dollars l’an dernier.
Les modèles de bourse du carbone obligent les participants –souvent des industries intensives en énergie- à acheter des permis pour émettre des gaz à effet de serre tels que le dioxyde de carbone.
Le Japon a mis en place un modèle de bourse du carbone volontaire en 2005, et ce mois-ci un groupe de travail organisé par le Ministère de l’environnement a rédigé quatre options pour un nouveau modèle de bourse du carbone.
Mais les industries telles que les aciéries restent opposées au projet, car elles s’inquiètent du fait qu’il pourrait réduire leur compétitivité à l’échelle mondiale.
Le quotidien Nikkei indique par ailleurs que les industries japonaises d’acier et d’électricité ont radouci leur opposition à un modèle de bourse du carbone, mais la compagnie Nippon Steel Corp a néanmoins déclaré dans un communiqué qu’elle n’avait pas changé de position.
« Il n’y a aucune vérité dans le rapport qui indique que Nippon Steel a décidé d’approuver une bourse du carbone sous certaines conditions » a indiqué la compagnie dans un communiqué.
La Fédération des Compagnies Electriques du Japon a également vivement nié ce changement de position dans un communiqué dans lequel elle indique que les industries n’ont pas accepté d’adhérer à l’idée d’une bourse du carbone sous certaines conditions.
Près de 190 nations ont accepté de négocier d’ici la fin de l’année 2009 un traité qui succèdera au Protocole de Kyoto, qui engage 37 nations avancées à réduire leurs émissions d’en moyenne 5% d’ici 2008-2012, par rapport aux niveaux de 1990.
Les dirigeants du groupe des huit (G8) ont accepté l’an dernier en Allemagne d’envisager de diviser par deux les émissions mondiales d’ici 2050, une proposition soutenue par le Japon, l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne, l’Italie et le Canada, mais rejetée par les Etats-Unis et la Russie jusqu’à présent.
Mais de grands fossés existent au sein du G8 ainsi qu'entre les pays en développement et les pays avancés à propos de la façon dont il faut répartir le poids de la lutte contre le changement climatique, qui entraînera plus de sécheresses, de tempêtes, de canicules et une augmentation du niveau des mers.
Les ministres de l’environnement du G8 ont demandé le mois dernier que leurs leaders mettent en place un objectif mondial permettant de diviser par deux les émissions d’ici 2050 mais ont coupé court à tout objectif intérimaire (pour 2025).
« Le plus grand problème auquel est confronté le Premier Ministre du Japon est qu’il doit faire face non seulement à l’administration américaine, mais aussi aux cercles économiques du Japon qui sont opposés à la bourse du carbone » a indiqué l’ancien Ministre de l’Environnement du Japon, Yuriko Koike.