Un sommet mondial de haut niveau sur la sécurité alimentaire mondiale avec les défis du changement climatique et des bioénergies se tiendra du 3 au 5 juin 2008 à la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture).
Les conséquences du changement climatique font de la sécurité alimentaire un des plus grands défis de ce siècle estime l’organisation onusienne qui organise ce sommet mondial sur la crise alimentaire actuelle.
Aujourd’hui, près de 850 millions de personnes dans le monde souffrent de la faim et près de 820 millions de ces personnes vivent dans des pays en développement qui seront les plus affectés par les effets du changement climatique. Les gouvernements, les organisations internationales, la société civile, le secteur privé et d’autres catégories d’acteurs doivent travailler ensemble pour tenter de faire face à ces défis et pour élaborer des stratégies et des réponses appropriées.
Les changements climatiques influent sur les performances de l’agriculture en modifiant la disponibilité en eau, en terre, en biodiversité et en services liés à l’écosystème terrestre, et ils contribuent à accroître les incertitudes tout au long de la filière alimentaire, du rendement jusqu’à la dynamique des échanges commerciaux entre les pays et enfin à l’économie mondiale. Cela retentira sur la sécurité alimentaire et sur la capacité de nourrir quelque 9 milliards d’individus d’ici à 2050.
L’impact de l’évolution du climat sur les forêts, y compris le dépérissement forestier et les feux de forêt, accentuera les effets négatifs de ces changements sur les ressources en sols et en eaux, et par conséquent sur les systèmes alimentaires des plus de 400 millions de personnes qui sont directement tributaires des forêts pour leur nourriture et leurs moyens d’existence.
D’autre part, l’impact du changement climatique sur les écosystèmes marins, côtiers, estuariens et d’eau douce devrait toucher plus de 200 millions de personnes dont les moyens d’existence dépendent directement ou indirectement des pêches, en modifiant la nature des ressources aquatiques, leur répartition et leur productivité, et en accentuant la vulnérabilité des communautés vivant dans les régions reculées de faible altitude, avec une fréquence croissante des catastrophes naturelles, notamment des inondations et des cyclones.
Les bioénergies contribuent à accentuer la pression exercée sur les produits agricoles, ainsi que sur les ressources naturelles nécessaires pour satisfaire les besoins alimentaires et en matière d’emploi rural. La mutation rapide des conditions environnementales et le renforcement de la concurrence à l’égard des ressources productives retentiront à leur tour sur la sécurité humaine sous toutes ses formes.
Les politiques en matière de sécurité alimentaire et autres initiatives visant à réduire la faim et la pauvreté, en particulier dans les zones rurales où vivent les pauvres, devront relever ces nouveaux défis.
Cette conférence de haut niveau sur la sécurité alimentaire mondiale, les défis du changement climatique et des bioénergies, fait suite à la trente quatrième session de la Conférence de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, qui s’était tenue en novembre 2007, avec une série de réunions d’experts et de consultations d’acteurs sur le thème du changement climatique et de la bioénergie.
Des réunions préparatoires ont eu lieu de janvier à avril 2008 avant la tenue de cette la conférence de haut niveau qui durera du 3 au 5 juin 2008. Elle sera alimentée par les travaux et les résultats des réunions d’experts et des consultations d’acteurs, ainsi que par les nouvelles analyses entreprises par l’organisation dans le cadre de ses activités régulières.
Cette conférence de haut niveau organisée par l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture s’avère opportune face à la flambée des prix et des nouveaux défis que cette situation pose pour la sécurité alimentaire mondiale. De nombreux chefs d’Etats et de gouvernements ont confirmé leur participation à cette conférence, de même que le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, ce qui fait de cette réunion juin « un véritable sommet mondial sur la sécurité alimentaire », estime la FAO.