Le genre humain est à l’origine de 50 milliards d’euros de dégâts sur les zones terrestres de la Planète chaque année, et de ce fait il est impératif que les gouvernements agissent pour sauver les plantes et les animaux, d’après ce qu’a déclaré un responsable de la Deutsche Bank lors d’une conférence des Nations Unies.
Une étude, qui a été présentée jeudi aux délégués de 191 pays qui sont rassemblés pour la Convention des Nations Unies sur la Diversité Biologique, indique que la pression récente exercée sur les prix des biens premiers et de l’alimentation a mis en lumière les effets de la perte de biodiversité sur la société.
« Une action urgente est essentielle parce que la perte d’espèces et la dégradation des écosystèmes sont inextricablement liés au bien-être des hommes » a déclaré Pavan Sukhdev, banquier à la Deutsche Bank et principal auteur du rapport.
Au sommet de la perte annuelle de 50 milliards d’euros d’écosystèmes terrestres causée par des facteurs comprenant la pollution et la déforestation, la perte cumulative pourrait totaliser au moins 7% de la consommation annuelle d’ici 2050, indique le rapport.
La déforestation, si elle est maintenue à son rythme actuel, coûtera près de 6% du PIB mondial d’ici 2050.
D’après le ministre de l’environnement de l’Allemagne, Sigmar Gabriel, l’idée du rapport est d’inciter à l’action pour sauvegarder la biodiversité de la même façon que le rapport du britannique Nicholas Stern a suscité l’action pour lutter contre le changement climatique après qu’il a souligné ses coûts économiques.
Le Commissaire européen à l’environnement Stavros Dimas a déclaré que l’étude prouvait que la biodiversité ne consistait pas seulement à sauver les tigres et les pandas mais soulignait aussi le besoin de préserver l’ensemble des richesses naturelles du monde.
« Le rapport montre que nous mangeons notre capital naturel et nous nous rendons nous-mêmes vulnérables au changement climatique » a-t-il indiqué.
Les délégués et les groupes de défense de l’environnement ont félicité le rapport, intitulé « L’Economie des écosystèmes et de la biodiversité », en disant que les chiffres encourageaient à intégrer la biodiversité dans les politiques.
Pavan Sukhdev présentera un second rapport, plus complet, l’an prochain.
Les délégués participant à la conférence des Nations Unies sur la biodiversité essayent de se mettre d’accord sur des manières de sauver les espèces que les experts pensent menacées de la pire crise qu’ait connu le monde naturel depuis l’extinction des dinosaures il y a 65 millions d’années. Trois espèces disparaissent toutes les heures dans le monde, selon eux.
La conférence se termine vendredi et les écologistes ont averti qu'il restait encore beaucoup à faire, même après 11 jours de négociations sur des questions telles que la création et la gestion des zones naturelles protégées et la lutte contre la déforestation et les espèces invasives.
« C’est un moment essentiel » a indiqué le Directeur Général du WWF. « Nous sommes rassemblés ici dans un contexte d’urgence ».
Pavan Sukhdev a prévenu que si aucune mesure n’était mise en place, 11% des zones naturelles du monde pourraient avoir disparu d’ici 2050, principalement à cause de l’élevage, de la croissance des infrastructures et du changement climatique.
Il a aussi indiqué que la recherche montrait que les pêcheries commerciales du monde se seraient probablement effondrées d’ici cinquante ans à moins que les tendances ne soient inversées.
Le rapport conclut en disant que si le monde allouait 1% du PIB mondial à la protection de la biodiversité, cela pourrait permettre de réaliser des améliorations majeures de la qualité de l’air et de l’eau.