La Banque Mondiale a publié un rapport intitulé « Rapport sur le développement dans le monde 2008: L’agriculture au service du développement », qui montre comment les investissements dans les sciences et technologies agricoles et les innovations dans le domaine de l’agriculture ont permis dans le passé d’accélérer la croissance et de réduire la pauvreté dans de nombreux pays en développement.
D’après la Banque Mondiale, la situation est plus complexe qu’auparavant à cause de la raréfaction des ressources naturelles telles que la terre et l’eau, qui font que la situation est inversée et que ce sont les gains en productivité qui permettront de répondre à une demande accrue en produits alimentaires et agricoles.
Depuis les années 60, les pays ont commencé à améliorer scientifiquement les plantes ce qui a permis de mettre au point des cultures adaptées aux petits exploitants (processus qu’on a appelé « la révolution verte »). Ces programmes publics d’amélioration des plantes dans les pays en développement ont permis la création de 8000 variétés améliorées au cours des quarante dernières années, variétés qui ont permis de stimuler les rendements et de rendre les cultures plus stables en les rendant plus résistantes aux organismes nuisibles et aux maladies.
Par la suite, dans les années 80 et 90, la diffusion de variétés de plantes améliorées a permis d’accroître le rendement des denrées alimentaires de base, les consommateurs pauvres étant les principaux bénéficiaires de cette augmentation. Sans ces gains de productivité, le prix des céréales dans le monde aurait été 18 à 21 % plus élevé en 2000 et le nombre de calories disponibles par habitant aurait été 4 à 7 % moindre.
Mais ces améliorations technologiques n’ont pas bénéficié de la même manière à tous les individus dans le monde et par exemple l’adoption des variétés améliorées en Afrique subsaharienne a été très incomplète.
La Banque Mondiale rappelle d’ailleurs que les progrès dans la mise au point de variétés résistantes à la sécheresse, à la chaleur, aux inondations et à la salinité ont généralement été plus lents que pour la résistance aux organismes nuisibles et aux maladies. Or, ces progrès seront essentiels pour l’adaptation au changement climatique, qui fera augmenter les températures mondiales et affectera considérablement les cultures agricoles dans le monde.
Les améliorations de la productivité agricole sont rappelons-le étroitement liées aux investissements dans la R&D agricole. Pourtant, la Banque Mondiale indique que les sciences pour l’agriculture ne sont toujours pas assez financeés dans les pays en développement. Les insuffisances des marchés nationaux et mondiaux continuent d’entraîner un sous-investissement marqué dans la R&D agricole, notamment dans les économies à dominante agricole en Afrique.
Cependant, la Banque Mondiale indique que la faiblesse des dépenses de R&D agricole ne constitue qu’une partie du problème. Ainsi, il est nécessaire d’améliorer l’efficacité de la R&D grâce à des actions collectives et à des partenariats si l’on veut répondre à l’évolution rapide de la demande sur le marché. L’enjeu est aussi de renforcer les institutions qui financent et organisent la recherche sur une base multinationale.
D’après la Banque Mondiale, il est particulièrement urgent de s’attaquer à la stagnation des financements de la R&D agricole et des systèmes de connaissance plus vastes en Afrique subsaharienne. La Banque Mondiale demande aux gouvernements de jouer leur rôle et de soutenir cette recherche en augmentant les financements.
L’idée de la Banque Mondiale est donc d’augmenter l’investissement public et privé dans la recherche et développement (R&D) agricole et de renforcer les partenariats entre le secteur privé, les agriculteurs et la société civile, afin de stimuler la demande en R&D, accroître la réactivité et la compétitivité du marché et faire en sorte que les populations pauvres en profitent.