L’IRD est à l’origine d’une conférence internationale du 2 au 6 juin sur les écosystèmes marins et changement global. L’Institut de la Recherche pour le développement (IRD) organise, avec plusieurs de ses partenaires européens, le symposium international “Eastern Boundary Upwelling Ecosystems” (écosystèmes d’upwelling de bordure Est des océans) du 2 au 6 juin à Las Palmas de Gran Canaria en Espagne.
Ces écosystèmes sont les plus productifs au monde pour la pêche. Pour la première fois, un symposium fait le point sur nos connaissances - depuis les processus climatiques jusqu’aux pêcheries - et sur la comparaison des dynamiques de ces écosystèmes à travers le monde. Le but ultime est d’identifier les impacts du changement climatique sur ces écosystèmes essentiels pour la pêche mondiale et de s’adapter à ces derniers.
En provenance de près de 40 pays distribués sur les cinq continents, 20 conférenciers invités et plus de 400 participants sont attendus. Participeront notamment, grâce au soutien des partenaires du symposium, 26 chercheurs et étudiants provenant essentiellement de pays en développement. Au total, le programme comprend 144 présentations orales et 170 posters seront affichés.
Les quatre principaux écosystèmes d’upwelling de bordure Est des océans (EUBE) correspondent aux courants des Canaries, de Californie, de Humboldt et du Benguela. Ils fournissent plus du cinquième des captures de poissons marins et contribuent à l’alimentation de nombreux pays.
Les EUBE sont soumis à des épisodes de vents intenses, qui sont à l’origine d’importants échanges entre l’atmosphère et l’océan. Les changements climatiques globaux, en particulier le réchauffement planétaire, affectent déjà les pêcheries et ont des impacts socio-économiques importants.
Les écosystèmes d’upwelling de bordure Est des océans (EUBE) sont d’étroites bandes d’océan (de 10 à 200 km de large, mais allongées sur 1000 à 2000 km en longueur) situées sur la frange ouest des continents (côté est des océans), de chaque côté de l’équateur. Dans ces régions, d’intenses alizés combinés à la rotation terrestre génèrent le processus d’ « upwelling » : des eaux froides mais riches en nutriments remontent des profondeurs vers les couches de surface, éclairées par la lumière solaire. Telles des fertilisants sur la terre ferme, elles alimentent une chaîne alimentaire qui part de microscopiques algues chlorophylliennes : le phytoplancton.
Ce dernier est pour l’essentiel dévoré par de petits crustacés appartenant au zooplancton, qui nourrit les poissons. Enfin, les poissons sont mangés par de grands prédateurs tels que les thons, les oiseaux et les mammifères marins. Cette « chaîne » (ou réseau) alimentaire est bien plus complexe qu’une simple chaîne linéaire, est hautement fluctuante et aisément impactée par les pressions environnementales et l’exploitation intensive.
Le symposium traite des quatre EUBE les plus importants. Deux sont situés dans l’océan Atlantique (Canaries et Benguela), et deux dans l’océan Pacifique (Californie et Humboldt). Les pays les jouxtant sont l’Espagne (Corogne et îles Canaries), le Portugal, le Maroc, la Mauritanie, le Sénégal et la Gambie pour l’écosystème des Canaries ; l’Angola, la Namibie et l’Afrique du Sud pour l’écosystème du Benguela ; les Etats-Unis et le Mexique pour l’écosystème de Californie ; et enfin le Pérou et le Chili pour l’écosystème du courant de Humboldt.
Les zones côtières de ces pays abritent les zones marines les plus productives, mais leur productivité est très variable d’année en année et de décade en décade, du fait de puissants facteurs forçants, tels les évènements de type El Niño ou la pêche. Des collaborations entre pays et écosystèmes sont nécessaires pour faire face aux nouveaux défis que représentent le changement climatique, la surexploitation généralisée des ressources marines, la globalisation de l’économie et la sécurité alimentaire.
Plusieurs conférences ou symposium internationaux ont été déjà été consacrés aux EUBE. Cependant, aucun ne les a couvert tous les quatre, ni n’a considéré l’ensemble des aspects de leur dynamique, de leur structure et de leur fonctionnement.
Ces aspects comprennent la dynamique du climat et des océans, le changement climatique, la physique des océans et de l’atmosphère, la biogéochimie, la production de l’écosystème, l’écologie, la structure du réseau alimentaire et sa dynamique, les interactions trophiques, l’évaluation et la gouvernance des pêcheries. De plus, la comparaison de quatre écosystèmes permettra une meilleure compréhension des processus clé de leur productivité et de leur dynamique.