Le cyclone Nargis qui a frappé la Birmanie le 3 mai dernier a fait 77.738 morts et 55.917 disparus, soit 133.655 vicitimes au total, selon un bilan officiel de la junte militaire au pouvoir, La télévision d'État birmane, contrôlée par la junte militaire, qui laisse entrer l’aide humanitaire internationale au goutte à goutte, parle désormais de 77.738 morts et 55.917 disparus.
Le ministère français des Affaires étrangères et européennes a envoyé il y a quelques jours un avion affrété pour le transport de 40 tonnes de matériels humanitaires (pastilles de potabilisation et produits alimentaires de première nécessité) de l'ONG Action contre la Faim (ACF) en faveur des populations touchées par le cyclone Nargis en Birmanie. Cet avion a décollé de l'aéroport de Vatry avec l'autorisation d'atterrir en Birmanie où il était arrivé dans la nuit.
Le bâtiment de projection et de commandement « Mistral » doit livrer en Birmanie environ 1 000 tonnes de riz et de matériels humanitaires, pour assurer l'approvisionnement en eau et en nourriture de 100.000 personnes pendant quinze jours et des abris pour 60.000 sinistrés, et répondre aux risques médicaux les plus urgents grâce à un stock de médicaments et de moustiquaires. Il attend toujours l’autorisation du gouvernement birman pour pouvoir débarquer son chargement et venir en aide aux victimes menacées par la maladie et la famine.
Jeudi dernier, le commissaire européen au Développement Louis Michel, en visite en Birmanie, a rencontré plusieurs membres de la junte au pouvoir pour leur demander de ne plus freiner l'entrée de l'aide humanitaire étrangère. Selon le commissaire européen, « toute la pression doit être mise en oeuvre, tous les moyens rhétoriques et diplomatiques doivent être mis en avant pour les amener à comprendre qu'ils doivent nous aider à les aider. »
De son côté, les Nations unies ont indiqué jeudi dernier que la grande majorité des survivants du cyclone Nargis en Birmanie n'avait toujours pas reçu d'aide, même si des secours parviennent au goutte à goutte aux sinistrés.
Le Coordonnateur des secours d'urgence de l’ONU a déclaré que, « malgré les petits signes de progrès, la frustration est toujours là et elle est d'autant plus grande que les risques d'épidémies commencent à se profiler à l'horizon », face au refus du gouvernement de la Birmanie d'autoriser le personnel humanitaire étranger d'accéder aux 1,5 million de personnes gravement affectées par le passage du cyclone Nargis, les 2 et 3 mai dernier.
Signe d’ouverture ? Une semaine après la passage du cyclone Nargis, la junte militaire birmane a laissé entrer samedi du personnel médical asiatique. Elle a également emmené plusieurs diplomates étrangers sur les lieux du passage du cyclone Nargis, qui a donc vraisemblablement fait plus de 100.000 morts.