Lundi 12 mai 2008, à 14h28 heure locale (6h28 GMT), un séisme de magnitude importante s’est produit à environ 80 km à l’Ouest-nord-ouest de Chengdu, capitale de la province du Sichuan en Chine. L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a réalisé une nouvelle note dans laquelle l’institut tire un premier bilan de l’impact du séisme qui a eu lieu en Chine sur les installations nucléaires et les risques liés pour l’environnement.
La magnitude de moment est estimée à 7,9. L’épicentre est situé à une latitude de 31,021° Nord et à une longitude de 103,367° Est. Le séisme s’est produit à environ 10 km de profondeur selon 'USGS NEIC.
Selon la fiche de l’IRSN, le séisme de du Sichuan a été largement ressenti en Chine et jusqu’en Thaïlande et Taiwan. Un bilan provisoire fait état de plus de 21 500 morts confirmés, mais le bilan total pourrait dépasser les 50.000 morts selon des estimations du gouvernement central. Selon le Bureau sismologique chinois, ce séisme a affecté plus de la moitié des provinces et municipalités chinoises.
Le séisme a été ressenti à une très grande distance de l’épicentre et a fait de nombreuses victimes ainsi que des dégâts matériels importants. Le bilan humain, pour le moment provisoire, fait état de près de 50 000 morts et disparus, et de 159 000 blessés (source : AFP, 16/05/08).
La majorité des victimes a été recensée dans la province du Sichuan, en particulier dans les villes de Deyang (6 000 morts) et de Mianyang (5 000 morts et 18 000 disparus). Dans le seul comté autonome de Beichuan (préfecture de Mianyang), 80 % des maisons sont détruites. Environ un millier de collégiens et professeurs sont également décédés ou portés disparus après l’effondrement de leur collège dans ce même comté (source : AFP, 13/05/08).
Des centaines de personnes ont été ensevelies sous deux usines chimiques effondrées à Shifang, une ville de la préfecture de Deyang, et plus de 80 tonnes d’ammoniac se sont répandues dans l’environnement (source : Chinese Government News Agency Xinhua).
Des victimes sont également à déplorer dans les provinces voisines de Gansu, Chongqing et Yunnan. Pour ces trois dernières, le nombre de victimes est estimé à plus de 180.
Trois jours après le séisme, le ministre chinois des ressources hydrauliques a évoqué de "sérieux problèmes de sécurité" sur certains ouvrages hydrauliques de la région du Sichuan. Les autorités chinoises reconnaissent des risques de sécurité dans plus de 400 réservoirs d'eau.
Impact du séisme du Sichuan sur les installations nucléaires.
Selon l’IRSN, plusieurs installations nucléaires ne produisant pas d’électricité sont répertoriées dans la région du Sichuan : deux installations d’enrichissement et de fabrication de combustible nucléaire (à Yibin et Heiping). Ces installations se situent à plus de 150 km de la faille à l’origine du séisme. Elles contiennent relativement peu de substances radioactives, le combustible n’étant pas irradié.
Aujourd’hui, selon les informations recueillies par l’ambassade de France en Chine, le site de Yibin fonctionne normalement ; un centre de recherche à Jiajiang, situé à un peu plus de 100 km de la faille ; au nord-est de Chengdu, un centre de développement d’armes nucléaires de Mianyang situé à plus de 100 km de l’épicentre mais à moins de 50 km de la faille ; plus au nord-est, à Guangyuan, un centre de fabrication d’armes nucléaires avec présence de tritium, de retraitement de plutonium, de conversion d’uranium et un réacteur nucléaire. Compte tenu de la forte accélération observée à 70 km de l’épicentre (250 cm/s2), il n’est pas possible à ce stade d’exclure que ces installations aient pu subir des dommages.
Selon un communiqué de l’autorité de sûreté chinoise (NNSA), un plan d’intervention de crise en sûreté nucléaire et en radioprotection a été déclenché. Selon les résultats de mesures, aucune fuite radiologique n’aurait été constatée dans l’environnement. Toutes les installations nucléaires relevant de la NNSA et situées dans la province du Sichuan auraient été conduites en arrêt de sécurité ; les bâtiments et les équipements liés à la sûreté n’auraient pas subi de dégâts.
Des installations nucléaires en démantèlement auraient toutefois été légèrement endommagées à cause de leur état de vieillissement et en raison des normes parasismiques moins rigoureuses appliquées lors de leur construction.