Les « Rencontres Animal et Société », dites « Grenelle des animaux », lancées par Michel Barnier, Ministre de l’Agriculture, ont suscité de grands espoirs pour le bien être des animaux d’élevage de la part des associations de protection de l’environnement.
Dans le cadre du Grenelle des animaux, France Nature Environnement a proposé un « ensemble de mesures et d’outils réalistes afin que les systèmes d’élevage évoluent et que les éleveurs puissent s’orienter vers des systèmes alternatifs modernes et diversifiés, plus ou moins intensifs, mais en tout cas plus respectueux de l’animal et de la nature, et néanmoins économiquement viables. »
« La France est « en retard » en matière de bien-être des animaux. La réglementation européenne de protection des animaux, pourtant loin d’être suffisante, y est mal appliquée » estime la fédération qui défend l’idée d’un Grenelle des animaux.
« Le manque d’ambition semble lié au rôle prépondérant laissé aux Instituts Techniques, organismes de recherche et d’information créés et gérés par la profession agricole. La recherche pratiquée n’est pas neutre », estime FNE.
Les travaux du groupe 3 du Grenelle des animaux chargé du thème « Animal, économie, territoires » risquent « d’être biaisés ». « Des membres du collège des scientifiques appartiennent en effet à des Instituts Techniques, et certains travaux ne visent à améliorer les systèmes industriels qu’à la marge. C’est le cas des travaux sur le transport des porcs et sur l’ « abattage technique » qui consiste à tuer les animaux souffrants et improductifs, une besogne devenue courante en porcherie industrielle. Les travaux conduits sur les poules pondeuses et les lapins servent à pérenniser la production en cages. Pour les poulets de chair et les dindes, il s’agit de ne pas laisser toucher aux fortes densités d’animaux au m². Le jargon zootechnique excelle à semer le doute : l’inacceptable serait-il « normal » et « nécessaire », car « rationnel » ? France Nature Environnement répond « non ». Mais le travail oh combien nécessaire pour innover et conseiller dans le sens des besoins de l’animal n’est pas fait ; c’est grave. »
Pour Anne Vonesh, qui représente France Nature Environnement aux Rencontres Animal et Société du Grenelle des animaux, « ces négociations pâtissent du fait que la question du bien-être animal a été mal traitée dans le passé. Il est plus que temps de rompre avec ce passé et de se tourner vers l’innovation et vers une nouvelle compétitivité qui intègre bien-être et durabilité. »
« C’est le sens des propositions de France Nature Environnement, et nous avions par ailleurs demandé l’audition d’acteurs économiques issus de l’élevage alternatif, en vain. Cet aspect manque au débat. »
« Il est possible de donner aux éleveurs les moyens, s’ils le souhaitent, de faire nettement mieux que la norme minimale. Les rencontres animal et sociétés du Grenelle des animaux vont-elles permettre la prise de conscience ? » s’interroge FNE.