Les enfants qui survivent au cancer alors qu’ils sont jeunes sont cinq fois à dix fois plus susceptibles de développer une maladie cardiovasculaire, d’après ce qu’ont indiqué des chercheurs américains jeudi.
Il s’agit des résultats d’une étude de plus 14000 individus qui ont vaincu un cancer pendant leur enfance, et ces résultats suggèrent que les rescapés d’un cancer et leur médecin doivent être particulièrement vigilants à propos de leurs risques cardiovasculaires.
« Cette étude montre clairement pour les enfants, et particulièrement pour ceux traités par une radiothérapie de la poitrine ou certains médicaments qui sont particulièrement toxiques pour le cœur, qu’il y a des risques significatifs de maladie cardiovasculaire bien plus tard dans leur vie » a indiqué le Dr. Richard Schilsky de l’Université de Chicago.
Les premiers résultats de l’étude ont été publiés en perspective d’un meeting de l'American Society of Clinical Oncology qui aura lieu plus tard ce mois-ci.
Richard Schilsky, qui est président de l’Association, a indiqué que l’étude avait souligné les défis auxquels sont confrontés les rescapés de cancer, qui doivent vivre toute leur vie avec les conséquences du cancer sur leur santé.
Le Dr. Daniel Mulrooney de l’Université du Minnesota et ses collègues ont dirigé l’étude, qui a étudié 14358 rescapés d’une leucémie, de tumeurs du système nerveux, du lymphome d’Hodgkin ou non, de tumeurs des reins, d’un cancer des os, d’un neuroblastome et d’un sarcome des tissus entre 1970 et 1986.
Ils les ont comparé à 3899 de leurs congénères qui n’avaient pas eu de cancer. Les rescapés du cancer étaient lors du diagnostic en moyenne sept ans plus vieux que lors de leur maladie et 27 ans plus âgés lors du suivi.
Les rescapés du cancer étaient 10 fois plus susceptibles d’avoir des artères bouchées, 5.7 fois plus susceptibles d’avoir une défaillance cardiaque, 4.9 fois plus susceptibles d’avoir une attaque cardiaque, 6.3 fois plus susceptibles d’avoir une maladie péricardique et 4.8 fois plus susceptibles d’avoir une maladie des valves cardiaques comparé à leurs congénères.
« Nous avons trouvé que les personnes qui avaient survécu depuis cinq ans à un cancer dans l’enfance ou l’adolescence avaient un risque élevé de développer des maladies cardiovasculaires précoces » a indiqué Daniel Mulrooney.
Les chercheurs ont aussi découvert que les risques étaient deux à cinq fois plus importants pour les personnes qui avaient été traitées par une radiation sur la poitrine et par une chimiothérapie ainsi que par des médicaments tels que le doxorubicin, par rapport aux rescapés du cancer qui n’ont pas subi ce genre de traitement.
Daniel Mulrooney a ajouté qu’il avait environ 270000 rescapés d’un cancer diagnostiqué pendant l’enfance aux Etats-Unis, soit environ un jeune adulte sur 900.
Les découvertes des chercheurs pourraient conduire à de meilleurs traitements pour le cancer qui protégeraient le coeur.
« Nous utilisons toujours la radiothérapie » a-t-il indiqué, mais de nouveaux traitements par radiation sont plus ciblés, et auront peut-être un impact moindre sur le cœur.