Le changement climatique généré par les hommes a fait que les fleurs fleurissent plus tôt et que les feuilles de l’automne tombent plus tard, a transformé les ours polaires en cannibales et certains oiseaux en reproducteurs précoces, d’après ce qu’une vaste étude a signalé mercredi.
Des centaines d’études précédentes ont identifié ces changements très spécifiques et ont suggéré un lien avec le réchauffement climatique dit anthropogénique, mais une nouvelle étude publiée dans le journal Nature a corrélé ces études précédentes aux changements de température, d’après ce qu’a indiqué le principal auteur de cette étude.
Il existe une relation très étroite entre les changements de température entre 1970 et 2004 et les changements qui ont été constatés dans le comportement des plantes, des animaux et du monde physique, tels que la retraite des glaciers et le niveau de l’eau dans les lacs des déserts, d’après ce que l’étude a découvert.
« Quand on observe l’ensemble des glaciers, l’ensemble de la couche de neige, l’ensemble des oiseaux qui couvent leurs œufs plus tôt, et l’ensemble des plantes qui commencent leur printemps plus tôt sur l’ensemble du continent, alors on constate que l’on peut détecter des influences anthropogéniques » a déclaré Cynthia Rosenzweig de l’Institut Goddard pour les Etudes Spatiales de la NASA.
Les scientifiques ont cherché à déterminer des changements observés qui pourraient avoir été causés par d’autres facteurs que le changement climatique anthropogénique.
En basant leur recherche sur des découvertes signalées en 2007 par le Groupe Intergouvernemental d’experts des Nations Unies sur l’Evolution du Climat (GIEC), Cynthia Rosenzweig et ses collègues ont rassemblé 30000 séries de données concernant les changements biologiques et physiques constatés dans le monde, et les ont ensuite fait correspondre avec une base de données détaillée concernant le changement des températures dans le monde.
« Nous avons superposé ces deux ensembles de données et nous avons ensuite fait une analyse de la corrélation entre des changements significatifs des températures et des changements physiques et biologiques observés qui pourraient en découler » a déclaré Cynthia Rosenzweig. « Nous avons constaté que ces changements étaient fortement corrélés ».
Le lien entre le changement climatique lié aux activités des hommes et les changements biologiques et physiques observés dans le monde est très fort, d’après la scientifique.
Sur une échelle mondiale, la corrélation est de plus de 99% entre les deux facteurs ; sur l’échelle d’un continent, elle est de 90 à 99%.
En passant en revue les continents, voyons ici quels sont certains des changements observés dans le monde naturel qui sont attribuables au changement climatique selon l’étude.
En Amérique du Nord, les changements biologiques et physiques attribuables au changement climatique sont les suivants : le fait que les plantes de 89 espèces fleurissent plus tôt, la prédation intra-espèce, le cannibalisme et le déclin de la population des ours polaires ; la reproduction plus précoce et des dates d’arrivée de certains oiseaux.
En Europe, il s’agit de la fonte des glaciers dans les Alpes ; des changements dans 19 pays de l’époque de la chute des feuilles des arbres et de la floraison précoce de plantes telles que les pommiers, les lilas, les noisetiers et autres ; de la pollinisation plus précoce aux Pays-bas ; de changements sur le long terme des comportements des communautés de poissons dans le Rhône.
En Asie, il s’agit de la croissance plus importante des pins de Sibérie en Mongolie, du dégel et de l’affinement de la glace dans les fleuves et les lacs de Mongolie ; des changements de l’épaisseur de la permafrost en Russie : et de la floraison plus précoce des ginkgo au Japon.
En Amérique du sud, il s’agit de la fonte des glaciers au Pérou, de la fonte des champs de glace de Patagonie qui contribuent à l’augmentation du niveau des mers.
En Afrique, il s’agit du déclin de la productivité de l’écosystème aquatique du lac Tanganyika.
En Australie, il s’agit de l’arrivée plus précoce des oiseaux migratoires ; du déclin du niveau des eaux en Western Victoria.
Enfin, en Antarctique il s’agit du déclin de 50% de la population de pingouins empereur sur la péninsule Antarctique, et du recul des glaciers.