Les ours polaires ont enfin été ajoutés mercredi à la liste des espèces menacées dans le cadre du Endangered Species Act des Etats-Unis parce que leur habitat naturel (la mer de glace) fond de plus en plus rapidement à cause du changement climatique.
Mais la nouvelle protection n’est pas accompagnée de propositions pour répondre au problème du changement climatique ou à l’exploitation des ressources naturelles de l’Arctique (carburant fossiles) qui alimente le réchauffement climatique.
En annonçant la décision du gouvernement un jour avant le délai fixé par un tribunal fédéral, le Secrétaire de l’Intérieur Dirk Kempthorne a reconnu que les émissions de gaz à effet de serre générées par les hommes contribuaient au changement climatique qui affecte en retour l’habitat des ours polaires.
« Alors que les standards légaux dans le cadre du Endangered Species Act m’obligent à inscrire les ours polaires à la liste des espèces menacées, je veux qu’il soit bien clair que ce nouveau statut ne permettra pas de ralentir le changement climatique ou de prévenir la fonte de la mer de glace » a-t-il déclaré lors d’un briefing.
« Toute solution à ce problème demande une action entreprise par toutes les grandes économies pour qu’elle soit effective » a-t-il ajouté.
Il a également déclaré qu’il prenait une mesure administrative et régulatrice pour garantir que cette décision ne soit pas « détournée pour mettre en place des politiques concernant le changement climatique ».
Les ours polaires vivent seulement sur le continent Arctique et dépendent de la mer de glace qui leur sert de plate-forme de chasse pour les phoques.
Le U.S. Geological Survey (Institut de Surveillance géologique des Etats-Unis) a déclaré que les deux tiers des ours polaires du monde –soit environ 16000- pourraient avoir disparu d’ici 2050 si les prévisions concernant la fonte de la mer de glace s’avèrent vraies.
Le candidat républicain à la présidentielle aux Etats-Unis John McCain, qui a des idées radicalement différentes du président G.W.Bush à propos du changement climatique, a déclaré qu’il soutenait la décision concernant le nouveau statut des ours polaires mais qu’il fallait encore faire bien plus pour réellement s’atteler au problème.
« Je pense que cette décision aurait dû être prise depuis longtemps » a-t-il déclaré. « Il est clair que c’est une des milliers de conséquences du changement climatique et je pense qu’aujourd’hui ce premier pas concernant le statut des ours polaires est important ».
C’est la première fois que le changement climatique a été un facteur pris en compte dans la proposition d’un statut d’espèce menacée pour une espèce des Etats-Unis.
Les écologistes ne qualifient pourtant l’annonce de Dirk Kempthorne que de « victoire limitée ».
« La protection des ours polaires dans le cadre du Endangered Species Act est un grand pas en avant, mais l’administration Bush a proposé d’utiliser des lacunes de la loi pour permettre que la plus grande menace qui pèse sur les ours polaires – le changement climatique- puisse continuer en toute impunité à les détruire » a déclaré Andrew Wetzler du Conseil de défense des ressources naturelles.
John Kostyack de la National Wildlife Federation (Fédération Nationale pour la Faune et la Flore), tout en félicitant l’inscription de l’ours polaire sur la liste des espèces menacées, pense que cette inscription aura très peu d’effet en pratique étant donné les limites de la régulation annoncée par Dick Kempthorne.
« En niant un lien direct entre les sources du changement climatique et la perte de l’habitat des ours polaires, et en niant que l’ours polaire sera protégé du développement de l’exploitation du pétrole et du gaz, ils veulent rester assis les bras croisés et laisser l’ours polaire s’éteindre » a indiqué John Kostyack.
L'Endangered Species Act de 1973 est une loi environnementale des Etats-unis crée pour protéger les espèces dont les populations sont menacées de disparaître a été adoptée en 1973. Pour ce faire elle protége les animaux menacés contre la chasse et les trafics, mais aussi les écosystèmes fragilisés par les activités humaines.