Démission de Marina Silva, ministre de l’environnement du Brésil 14/05/2008 13:21 (Par Sandra BESSON)
Démission de Marina Silva, ministre de l’environnement du Brésil
La ministre de l'environnement du Brésil, Marina Silva, a donné mardi sa démission, ses efforts étant constamment biaisés par les groupes agricoles très puissants dans le pays. D'après elle, le président Lula fait passer avant tout le développement économique de son pays au détriment de l'environnement.
La ministre de l’environnement du Brésil, saluée comme étant une leader du mouvement écologique mais méprisée par les groupes agricoles puissants dans le pays, a démissionné mardi après avoir perdu une bataille cruciale dans le cadre de ses efforts pour protéger la forêt tropicale amazonienne.
La démission de Marina Silva renforcera probablement l’impression que le Président du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva est plus préoccupé du développement économique de son pays que de la protection de l’environnement. Actuellement le boom des exportations des biens premiers alimente la croissance économique du Brésil.
La démission de la ministre de l’environnement du Brésil pourrait également nuire à l'ambition du Brésil de devenir une voix majeure lors des débats mondiaux sur l’environnement.
« Sa démission est un désastre pour l’administration Lula. Si le gouvernement avait une quelconque crédibilité mondiale sur les questions d’environnement, c’était grâce à la ministre Marina Silva » a déclaré Jose Maria Cardoso da Silva, vice-président pour l’Amérique du Sud du groupe de défense de l’environnement Conservation International.
Marina Silva a indiqué dans sa lettre de démission qu’elle se retirait à cause de la « difficulté qu’elle avait depuis un certain temps à mener à bien l’agenda national concernant l’environnement » a indiqué un porte-parole du Président du Brésil.
Les leaders agricoles ont bien accueilli la démission de cette ancienne activiste de gauche. « J’espère que le prochain ministre de l’environnement du Brésil ne sera pas aussi radical que ne l’était Marina Silva. Elle était un obstacle au développement économique du Brésil » a déclaré Rui Prado, directeur de la fédération agricole Mato Grosso.
Marina Silva s’est opposée en vain à plusieurs projets d’infrastructures dans la forêt tropicale amazonienne, dont la construction de deux barrages hydroélectriques et d’une route qui reliera la ceinture céréalière de l’ouest du Brésil au Fleuve Amazone.
Parmi les successeurs potentiels de Marina Silva figure Carlos Minc, le secrétaire de l’environnement de l’état de Rio de Janeiro et créateur du Parti Vert au Brésil. Le porte-parole du Président n’a pas encore à ce jour confirmé sa nomination.
Marina Silva était souvent en désaccord avec les autres membres du gouvernement du Brésil et avec le Président Lula, qu’elle disait plus préoccupé de la croissance économique et de la conquête des marchés étrangers que de la protection de l’environnement.
La demande mondiale croissante pour les biens premiers brésiliens tels que le soja, a contribué à l’accélération de la destruction de la plus grande forêt tropicale au monde, et Marina Silva accuse les éleveurs et les agriculteurs, qui ont pénétré de plus en plus dans la forêt pour chercher de nouvelles terres.
Marina Silva a également perdu une bataille en faveur des intérêts des entreprises lorsque le gouvernement a autorisé les céréales génétiquement modifiées ainsi que la construction d’une troisième centrale nucléaire.
Marcelo Furtado, directeur de campagne pour Greenpeace Brésil, a déclaré que la démission de Marina Silva était « catastrophique ».
« Même si Lula a accepté de discuter de l’environnement, en pratique c’est le développement avant tout et à n’importe quel prix » a indiqué Marcelo Furtado.
Le bassin amazonien recouvre la moitié de la superficie du Brésil et contient un cinquième des réserves d’eau douce du monde, ainsi que 15% de l’ensemble des espèces animales et végétales de la planète.