Selon le dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire de l’Institut de veille sanitaire (Invs), l’obésité gagne du terrain en France mais de façon inégale en fonction des milieux sociaux.
En France, le nombre de personnes obèses a quasiment doublé entre 1992 et 2003, la corpulence des femmes et des hommes augmentant fortement depuis 1981, avec une accélération à partir des années 1990. Mais l’obésité touche plus particulièrement les milieux à faible revenu. En une vingtaine d'années, l'obésité a en effet plus fortement progressé chez les agriculteurs et les ouvriers.
Selon l’Institut de veille sanitaire (Invs), en France, le surpoids chez les femmes comme chez les hommes a fortement augmenté depuis 1981. On note une accélération depuis les années 1990. La prise de poids excessif concerne les jeunes comme les plus âgés.
Alors que la corpulence moyenne des hommes, mesurée par l’IMC, était stable entre 1981 et 1992, elle augmente nettement entre 1992 et 2003. Cet accroissement s’observe à tous les âges et à un rythme comparable, signe que l’augmentation de la corpulence moyenne ne provient pas seulement du vieillissement de la population.
Pour les femmes, on observait déjà une augmentation pour les moins de 35 ans et les plus de 50 ans entre 1981 et 1992. En revanche, l’IMC moyen des 36-50 ans diminuait. Mais depuis 1992, la corpulence moyenne des femmes augmente, quel que soit l’âge et d’autant plus fortement que les générations sont jeunes.
Le fait le plus marquant est l’élévation de la prévalence de l’obésité et du surpoids depuis les années 1990 : la prévalence de l’obésité passe de 5 à 10 % pour les hommes et 6 à 10 % pour les femmes entre 1992 et 2003.
Toutefois l’augmentation de l’obésité en France n’a pas touché de la même façon tous les groupes sociaux. Les différences géographiques se renforcent entre le Nord et l’Est, où la prévalence de l’obésité est la plus forte, et l’Ile-de-France et la zone méditerranéenne, où elle est plus faible.
L’écart entre les catégories socioprofessionnelles s’est par ailleurs fortement accru. L’obésité augmente beaucoup plus vite depuis 1992 chez les agriculteurs ou les ouvriers que chez les cadres et professions intellectuelles supérieures. Contrairement aux femmes, les hommes les plus pauvres ne sont pas les plus corpulents, précise l’Invs. Les personnes vivant en milieu rural sont plus corpulentes que celles qui vivent en milieu urbain.
De plus, la prévalence de l’obésité en fonction du niveau de vie des individus présente de grandes disparités. En 1981, 7% des individus appartenant au quart des ménages ayant le niveau de vie le plus faible (premier quartile) étaient obèses, contre moins de 4 % de ceux appartenant au quart des ménages ayant le niveau de vie le plus élevé (dernier quartile). En 2003, on retrouve une nette sur-représentation des obèses chez les ménages les plus pauvres par rapport aux plus aisés et l’écart a même légèrement augmenté.
L’Invs conclue que la corpulence moyenne augmente de plus en plus vite en France, et ce d’autant plus que les générations sont jeunes. Inégalement répartie, l’obésité s’est accrue sur l’ensemble du territoire. Les disparités entre catégories socioprofessionnelles se creusent. Enfin, le niveau de vie oppose hommes et femmes en matière de corpulence et d’obésité.