Près de 5000 militants ont défilé dans la ville allemande de Bonn lundi pour protester contre les aliments génétiquement modifiés (OGM) lors du premier jour d’une conférence des Nations Unies qui a pour but de discuter des risques liés aux OGM.
Les militants, dont beaucoup agitaient des drapeaux et des bannières colorées portant des slogans tels que « les Biocarburants créent la faim » et « de la Bonne Nourriture au lieu de la nourriture OGM », ont marché et dansé dans toute la ville de Bonn en Allemagne. Certains militants conduisaient des tracteurs et des chars de carnaval.
« Nous militons pour la biodiversité et contre la destruction de la nature, contre les OGM et pour la protection de la biodiversité » a déclaré la militante Amira Busch.
Près de 2000 responsables de gouvernements et non gouvernementaux participeront à la conférence de cinq jours organisée par les Nations Unies en Allemagne, pour discuter des mesures de protection mondiale concernant le transfert de plantes génétiquement modifiées (OGM) telles que le riz et le soja.
Cette question est devenue particulièrement sensible du fait de l’augmentation récente des prix de l’alimentation qui avive la faim et le mécontentement dans certains pays en développement.
Les experts essaieront de se mettre d’accord sur des façons d’aider à appliquer un accord des Nations Unies sur l’échange d’OGM, baptisé le Protocole de Carthagène sur la Prévention des risques biotechnologiques.
Le Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques relatif à la Convention sur la diversité biologique, plus généralement appelé « Protocole de Carthagène sur la biosécurité », a vu le jour dans le cadre de l'ONU, à la suite de la CBD (Convention sur la diversité biologique).
C'est un outil que les états ou l'Union Européenne peuvent utiliser volontairement s'ils le souhaitent. Il n'est pas d'application obligatoire. La convention de Rio sur la biodiversité permet et encourage son utilisation, mais il n'a été que peu utilisé.
Il vise à donner aux états et à l'Europe (aux parties signataires) quelques moyens juridiquement opposables de prévenir, à échelle mondiale, les « risques biotechnologiques », avérés ou potentiels, induits par la biotechnologie et/ou ses produits (Organismes vivants modifiés (OVM), ou certains de leurs sous-produits à risque).
En Europe, les consommateurs sont très critiques envers les cultures OGM mais l’industrie de la biotechnologie affirme que ses produits sont sûrs de la même manière que leurs équivalents non modifiés.
La conférence de Bonn en Allemagne, qui a débuté lundi, précède un sommet important prévu la semaine prochaine sur la biodiversité à Bonn, où près de 4000 experts internationaux et ministres tenteront de se mettre d’accord sur des manières de ralentir le taux d’extinction.
« Nous voulons que la biodiversité fasse partie de la richesse de l’humanité et soit une condition pour surmonter la faim » a déclaré le législateur européen des Verts Friedrich-Wilhelm Graefe zu Baringdorf, qui participait au défilé en Allemagne.
« Nous demandons que toutes les autres activités, qui feront probablement augmenter les profits de l’industrie européenne, ne mettent pas en danger la sécurité alimentaire pour les générations futures” a-t-il déclaré.