Au 5 mai, un total 4 496 cas, dont 22 mortels, au syndrome main-pied-bouche dû à l’entérovirus EV-71 chez des nourrissons et des jeunes enfants avaient été signalés dans la ville de Fuyang, dans la province de l’Anhui, en Chine, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Alors que l'on recensait au 5 mai 1 391 cas en traitement à l’hôpital, et qu'il n’y a eu aucun nouveau décès pendant 5 jours consécutifs suite à cette épidémie, l’OMS déconseillait la mise en place de restrictions aux voyages.
Le syndrome main-pied-bouche est devenu une maladie à déclaration obligatoire en Chine le 2 mai. En raison de cette modification de la politique de notification et de la sensibilisation accrue du grand public, pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), « on s’attend à une augmentation du nombre des cas notifiés au cours des semaines et mois prochains dans la province de l’Anhui et dans le reste de la Chine. »
Tous les décès sont survenus à la suite de graves complications comme l’œdème pulmonaire neurogénique dû à l’infection par l’entérovirus EV-71. Le taux général de létalité a baissé, passant de 11 % entre le 10 et le 31 mars à 0,2 % du 17 au 29 avril.
Les autorités chinoises ont assuré l’Organisation mondiale de la santé (OMS) « de leur ferme volonté, au niveau technique comme politique, de lutter contre cette maladie dans l’Anhui et les autres provinces. » Comme il n’existe ni traitement spécifique ni vaccin pour les infections à entérovirus, une campagne nationale se déroule actuellement en plus du renforcement de la surveillance, pour insister sur la nécessité d’une bonne hygiène personnelle, principalement en se lavant les mains.
Le syndrome main-pied-bouche est une maladie courante et en général bénigne chez l’enfant. L’EV71 est fréquemment à l’origine d’épidémies au cours desquelles on observe des atteintes neurologiques dans une petite proportion des cas. On a signalé un certain nombre de flambées d’infections à EV71 dans la région Asie-Pacifique depuis 1997, entre autres en Malaisie en 1997, à Taiwan (Chine) en 1998, en Australie en 1999 et à Singapour en 2000.
Les experts de la santé publique prévoient que le nombre des cas va continuer à augmenter et atteindra son pic en juin ou en juillet. L’enquête rétrospective sur les cas a mis à jour la survenue de cas sporadiques depuis le début mars. On a signalé des cas dans toute la ville de Fuyang en Chine.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) déconseille néanmoins d’imposer des restrictions aux voyages ou au commerce en relation avec la Chine, tout en insistant sur la nécessité de la prévention par un renforcement des règles d’hygiène personnelle.